‹ Jésus-Christ et les croyances messianiques de son tempsChapitre 16 sur 17 · XIV, 48-20; XVI, 19-23. -«XIV, 46; XVI · texte numérisé non relu

XIV, 48-20; XVI, 19-23. -«XIV, 46; XVI

^Voy. Reuss, néologie apostolique. H, p. 534 et suiv. (S« édit). M. Reuss n'a rien laissé à dire après lui sur cette question. - ^ XVI , 7. - "xn , 32.

iÉSVS LE MESSIE.

m'aurez élevé, dit-il encore aux Juifs, vous connaîtrez alors que c'est md qui le suis, — moi qui suis le Messie^.» Évidemment ces passages montrent qu'ici, de même que chez les synoptiques, il s'attend à un grand déploiement des forces de l'Evangile après sa mort; ses ennemis eux-mêmes seront forcés de reconnaître sa puissance spirituelle. Tel est le sens de la seconde de ces deux paroles; elle n'implique pas d'ailleurs l'espoir de la conversion des Juifs, car, immédiatement avant de la prononcer, Jésus leur dit : « Vous mourrez dans votre péché^. » Ainsi : triomphe de sa cause, condamnation de ses ennemis.

Ceci nous conduit au jugement. Ce que Jésus disait, chez Luc, du royaume de Dieu : « il est au milieu de vous, » il le dit du jugement chez le quatrième évangéliste : « Celui qui ne croit pas est déjà jugé. » Et il explique en quoi consiste ce jugement : pour emprunter à la science moderne une image, qui répond très-exactement à la pensée du texte de Jean, — c'est une séparation spontanée des bons et des mauvais éléments en présence du réactif de l'Evangile ; c'est l'affinité élective des bons pour la lumière, des mauvais pour les ténèbres, affinité qui se manifeste à l'occasion du Christ ; c'est une crise naturelle *.

•vm,28. — 2vni,2i,24.

3 Le mot grec xpCai^ , dont nous avons Mi crise, signifie à la fois

2â0 DBUXlàMB PARTIB.

Jésus est venu dans le inonde pour amener cette crise, pour rendre ce jugement^. Le Père ne juge plus, mais il a remis tout jugement au Fils parce que c'est un fils d'homme 2. — Jésus parle exactement dans les mêmes termes de la résurrection : le Fils l'opère ; vivifie qui il veut^. Elle a déjà commencé: l'heure vient et elle est déjà arrivée où les morts entendront sa voix et ceux qui l'auront entendue vivront^.... Il s'agit donc d'une résurrection invisible, spirituelle, morale, de la résurrection des âmes ensevelies dans le péché, et non de la résurrection des corps déposés dans la terre.

D'autres fois, il est vrai, Jésus semble parler de la résurrection et du jugement au sens propre, au sens eschatologique. Ainsi, immédiatement après le passage que j 'ai cité en dernier lieu , il dit : « L'heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront la voix du Fils et en sortiront, ceux qui auront fait le bien, pour une résurrection de vie, ceux qui auront fait le mal, pour une résurrection de jugement 5.» Mais les deux phrases devant être nécessairement synonymes, et la première n'offrant aucun sens lorsjugement et séparation. — III, 48-âl. Ce passage se trouve, il est vrai, à la fin du discours à Nicodème ; mais il exprime en termes plus précis une pensée émise, en tout cas, par Jésus , Y, 24; XII, * K, 39. - 2v^ gj. ^ 3v^ 24, -^V, 25. - ^V, 28-29.

JlSSUS LB UESSIfi. 231

qu'on essaie de l'interpréter par la seconde , c'est celle-ci qui doit se plier au sens de l'autre : le jugement dernier avec la résurrection n'y est qu'une image de la crise spirituelle opérée dans le monde moral par la venue du Christ^. Notons encore un passage où l'image et l'idée se confondent en une seule proposition, ainsi que nous l'avons déjà vu chez les synoptiques. « La parole que j'ai prêchée, voilà ce qui vous jugera au dernier jour 2. »

Remarquons au contraire que dans le chap. XXI, qui n'est pas, je pense, de la même plume que l'évangile et qui en tout cas ne fait point partie du livre proprement dit, Jésus glorifié parle de son retour conformément aux espérances de la primitive Église : « Que. t'importe, dit-il à Pierre , si je veux que Jean vive jusqu'à^ce que je vienne ^? » Cette exception fait d'autant mieux ressortir l'absence d'idées eschatologiques dans les discours de Jésus tels que les donne le quatrième évangile.

1 Voyez, sur le style figuré de Jésus, ses propres déclarations, VI, 63; XVI, 25.

<XII, 48. Cette citation n'appartient pas, il est vrai, aux propres paroles de Jésus, mais à un discours où Tévangéliste lui fait résumer toute sa doctrine.

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