LIDEE MESSIANIQUE APRES LA DESTRUCTION DE JERUSALEM
Avec Jean-Baptiste nous sommes arrivé au bord du grand fleuve de l'Évangile qui coule en quelque sorte au milieu du messianisme juif. Mais pour bien connaître cette plaine du messianisme et savoir quels affluents elle a déversés dans le fleuve dont nous aurons à suivre le cours, jetons encore un coup d'œil rapide sur la rive opposée. Examinons ce que devint l'attente messianique chez les Juifs après Jésus-Christ.
Nous possédons un document des plus précieux sur l'état de leurs espérances entre les deux grandes
'Le seul trait qui pourrait en faire douter, c'est le feu t inextinguible ft où le Messie jettera la paille. Mais Tépithète ne cadrant point avec Timage du vanneur; j'y vois une simple redondance orientale , si toutefois le mot ne s'est pas glissé à tort sous la plume des évangélistes*
guerres qu'ils soutinrent contre les Romains, entre la destruction de Jérusalem par Titus et la révolte de Bar-Kokheba. Je veux parler de l'apocalypse qui est connue sous le nom du quatrième livre d'Esdras^, et qui était tellement goûtée de l'ancienne Église qu'on la considérait comme un livre sacré et que maintenant encore on la réimprime généralement à la.suite de la Vulgate.
Écrite primitivement en grec (peut-être même le grec était-il une traduction de l'hébreu), elle n'existe plus que dans une version latine, décalque servile de l'original si l'on en excepte quelques passages altérés par une main chrétienne, et dans une version arabe et une version éthiopienne, moins fidèles mais plus complètes que le texte latin^.
Cette magnifique apocalypse , qui a été composée sous le règne de Nerva^, de 96 à 98, par un Pharisien
'Pour mieux dire: jointe à deux autres pièces qui n'ont rien de commun avec elle (chap. I-H et XV-XVI), elle forme le 4« livre d'Esdras.
=* Voy. le texte critique et le commentaire de M. Valkmar: Es^ dra propheta, formant la t"^ partie de son livre : Einleitung in É?2e ^^oAr^pAen. Tûbingen 1863.
^On peut fixer exactement cette date d'après la vision de l'Aigle^ qui représente l'empire romain et dont les ailes, les sous-ailes et les têtes sont des empereurs. L'interprétation de cette vision de l'Aigle par M. Yolkmar est un chef-d'œuvre de sagacité. Grâce à une conjecture très-simple et qu'indique formellement le texte de la version latine (le pluriel secundas de XI, 27), il réduit les 42
LES CROYANCES ItfESSiÂinQUES DES JUIFS. 53
des plus pieux et des plus nobles, est à proprement parler une théodicœ en réponse à cette question douloureuse : « Seigneur, tu as dit que c'est pour nous que tu as créé le monde; tu as dit que les autres nations tu les estimes toutes ensemble autant qu'un crachat; et maintenant, Seigneur, elles nous dominent et nous dévorent, tandis que nous, ton peuple, ton premier-né, ton unique, ton bien-aimé, nous sommes livrés entre leurs mains! Si c'est pour nous que le monde a été créé, pourquoi ne le possédons-nous pas comme un patrimoine? Jusques à quand*?» Ain^si parle l'auteur inisonnu du livre d'Esdras au milieu des
ailes et les 8 sous-ailes à 6 paires d'ailes (6 empereurs) et à 4 paires de sous-ailes (4 usurpateurs dont le règne est de peu de durée). Les six empereurs sont les six Césars de la famille julienne ; Galba^ Othon et Yitellius font trois usurpateurs. Le quatrième est réservé pour la fin : il viendra après les trois têtes, les Flaviens, objet spécial de la haine des Juifs; c'est donc Nerva. L'auteur, qui peint avec mépris la faiblesse de ce prince , annonce que son règne très-court sera suivi de l'avènement du Messie. Il n'y a pas de traits légers ni d'allusions vagues qui ne se trouvent expliqués dans ce système d'interprétation. M. Ewald (fieschichie Israels, Yll, p. 71 et suiv.) arrive à un résultat historique assez semblable, si ce n'est qu'il s'arrête à Titus, qui aura pour successeur Domitien; mais, dans les détails, M. Ewald, ayant à découvrir 12 -h 8 -h 3 empereurs, est obligé d'accuser souvent l'auteur de répétitions, de dédoublements et de complications inutiles. Il n'a nullement compris d'ailleurs la beauté de cette apocalypse. Quant à M. Hilgenfeld {JildischeApokalypUk^ p. 218 et suiv.), il fait décidément fausse route : il place Pseudo-Esdras vers l'an 30 avant Jésus-Christ. On ne peut guère avoir une idée plus malheureuse. *Vulg., VI, 55 et suiv.
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odieuses splendeurs de Rome. Il reçoit d'en haut deux réponses principales : les voies de Dieu sont incompréhensibles; le Messie apparaîtra bientôt. Ceci amène une exposition complète de l'idée messianique. « Quand les temps seront accomplis (dit l'Étemel), mon Fils, le Messie*, sera manifesté avec ceux qui sont avec lui, et pendant 400 ans il fera le bonheur de ceux qui sont restés vivants 2. » — Nous verrons tout à l'heure d'où vient le Messie et qui sont les hommes qui l'accompagnent. Remarquons ici deux points seulement. 1"* Le Messie ne ressuscitera personne, quoique les Juifs aient nourri, antérieurement, la pensée que leurs pères sortiraient du tombeau pour prendre part à la félicité des temps messianiques (voy. les livres de Daniel et d'Hénoch) ; c'est qu'alors les temps messianiques suivaient le jugement dernier; ici, il le précèdent, et par conséquent ils précèdent aussi la résurrection. 2"* Le Messie venant décidément avant la grande crise, son règne aura une fin : Ësdras
' Vulg., yn, 26 et suiv. Une main chrétienne a remplacé dans le texte latin Uîwtus par Jems; la traduction arabe porte : « mon fils, le Messie d ; la traduction éthiopienne: « mon Messie. » L'expression : a mon Fils a revient ailleurs à propos de Messie (Vulg., Xm, 32, 62 ; XIV, 9).
' Qui relicti mrU se dît partout, dans le livre d'Esdras, pour les vivants. L'éthiopien remplace ces mots par ceux-ci : qui remscitabuntur.
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lui assigne 400 ans, sans doute en souvenir des 400 ans de captivité en Egypte*.
Mais reprenons la prophétie. « Après ces années, mon Fils, le Messie, mourra et tous les hommes qui respirent. Et le monde retombera dans son antique silence pendant sept jours. Et après ces sept jours, le monde qui ne veille pas encore (c'est-à-dire qui n'existe encore que dans ma pensée) s'éveillera, et le monde décrépit mourra. Et la terre rendra les âmes qui dorment dans son sein. Alors le Très-Haut apparaîtra sur son trône... » Je supprime la très-belle description du jugement. Il suffit de dire qu'il durera « une semaine d'années », et que le Très-Haut enverra les uns dans la joie et la consolation, les autres dans les peines et le feu^. Ici se présente une question que nous avons déjà indiquée: comment concilier le jugement dernier avec le jugement individuel des hommes à l'instant de leur mort? Esdras la pose nettement: Quum morimur, an nos servabimur in loco quietis donec veniet tempus quando judicabis, an vero staJtim judicaJbimur^? Voici la réponse:
'GeD. XV, 43. n pouvait appliquer à la captivité d'Egypte cette prière da psaliniste, prise comme une prédiction : « Donne-noas de la joie pour les années où nous connûmes le malheur » (XC, 45).
'VI, 3, 47 des traductions orientales. Dans la ver^on latine, ce chapitre et une partie du suivant ont été retranchés parce que l'auteur y combat vivement le dogme de la substitution.
^VI, 49 et suiv. des traductions orientales.
Les âmes des infidèles ne trouvent point de demeure après leur trépas, mais errent sans fin jusqu'au jugement dernier, en proie aux remords, à la honte à la crainte; les âmes des fidèles commencent par contempler la gloire du Très-Haut pendant sept jours de liberté, durant lesquels elles éprouvent toutes les joies d'une bonne conscience, puis elles entrent dans leurs demeures, ce qui signifie sans doute qu'elles s'endorment jusqu'à la grande journée de l'Étemel. Cette grande journée évidemment ne décidera du sort ni des élus ni des réprouvés; mais, par la résurrection des corps, elle ajoutera aux tourments des uns et à la félicité des autres. Nous avons ici un compromis entre l'ancienne foi au Sheol et au jugement dernier, et la nouvelle foi à une rémunération immédiate après la mort, telle que nous l'avons rencontrée dans les opinions populaires que reproduit la parabole du Riche et Lazare.
L'intérêt que présente l'apocalypse d'Ësdras ne provient pas seulement de la forme très-nette et du souffle poétique, mais aussi de ce qu elle est, je pense, le premier écrit juif où le christianisme ait laissé une empreinte. Son auteur est un scribe profondément pieux et parfaitement pharisien^ qui connaît
' Malgré son orgueil national, le sentiment du péché et de la condamnation Taccable; lien parle comme Paul a pu en parler
la nouvelle religion. Sans doute il ne nomme nulle part le Nazaréen ni ses disciples, mais il côtoie parfois des paroles de Jésus* et il fait des emprunts évidents à l'apocalypse de Jean^. Je crois même que la notion du Messie a subi chez lui l'influence de la christologie apostolique. Son Messie est plus grand que celui de tous ses devanciers, presque aussi grand que le Christ glorifié des judéo-chrétiens. Du reste, à l'époque où a été écrit le livre d'Ësdras, lorsque la nation semblait avoir perdu toute force matérielle et toute puissance militaire, il était naturel qu'on n'attendît plus le salut d'une simple révolution politique; il fallait le bras de Dieu, comme aux temps du livre de Daniel. L'auteur de cette ancienne apocalypse, ne se trouvant pas en présence d'une doctrine messianique déterminée, avait fait intervenir tout simplement Jéhova lui-même pour sauver le peuple élu. L'auteur d'Esdras ne le peut; il croit, comme ses contemporains, que le salut viendra du Messie, et que le Messie sera un roi. D'autre part, Israël est tombé si bas que pour le délivrer il faut un pouvoir surnaturel; le Messie sera
avant d'avoir trouvé la paix dans TÉvangile (Vulg., YII, 46-56; YIII, 35). Ainsi que Paul, il enseigne que tous ont péché avec Adam : Primus Adam transgresms est , sed et omnes qui de eo naU suni; et facta permanens ir\firmitas (Vulg., III, 24 -22 ; IV, 30 ; vu, 46-67).
•Par exemple, Vulg., VII, 216. •- ' Voy. Volkmar, p. 399 et suiv.
revêtu de ce pouvoir. Esdras en fait un homme, mais un homme céleste, quoique mortel.
Ainsi, dans la prédiction dont nous nous sommes déjà occupé , le Messie arrive accompagné des « hommes qui sont avec lui; » ce sont les hommes que Dieu a recueillis dans le Paradis, « sans q[u'ils eussent goûté la mort*, » tels que Hénoch et Élie. Le Messie descend donc du Paradis. A la fin de la vision de l'Aigle, un lion (le lion de Juda dont parle l'apocalypse chrétienne^) sort d une forêt en rugissant. C'est, dit l'interprète de la vision, « le Messie de la semence de David que le Très-Haut a réservé pour la fin.^ )> Il a réservé ce descendant de David, c'est-à-dire, il le garde provisoirement dans le ciel. Ailleurs, Esdras voit surgir de la mer un homme, ou suivant une autre leçon un vent, une tempête, semblable à un homme^.
'Vulg., VI, 26. Cela résulte d'ailleurs de la promesse faite à Esdras lui-même : c Tu sera recueilli et tu vivras auprès de mon Fils et de tes semblables jusqu'à ce que les temps soient accomplis » (Vulg. XIV, 9). Et en effet Esdras ne meurt pas , mais il est emporté: svblatus est^ dit la traduction éthiopienne, XIV, 54, d'accord avec la traduction arabe.
*Apocal. V, 5.
'Vulg., xn, 3\ et suiv. la version latine omet les mot: Exsemine David ^ qui se trouvent dans les deux autres versions. Ils sont très-probablement authentiques, quoique les arguments de M. Volkraar en faveur de la leçon orientale me paraissent peu concluants (/. c, p. 295, note, contrairement à p. 476).
* XIII : Et vidi [ventum exeurUem ex mari instar hominis] et ecce ille homo.... La version latine n'a pas la ligne enclavée [], mais les mots Ule homo et le texte de l'interprétation (aux v. 25
C'est le Messie que « le Très-Haut conserve pendant longtemps pour délivrer sa créature. » « De même qu'on ne peut scruter ce qui est au fond de l'Océan, de même, dit l'Éternel, personne sur la terre ne peut voir mon Fils ni ceux qui l'accompagnent, avant son temps. » Mais maintenant il vole avec les nuées des cieux, et partout où il tourne son visage la terre frémit. Il vole assis sur la nouvelle montagne de Sion qu'il s'est bâtie lui-même, ce qui signifie, nous dit-on, qu'elle est descendue du ciel. Une foule innombrable de païens l'attaquent, quoiqu'ils tremblent de peur. Les voyant venir, il ne lève point la main, mais de sa bouche sortent des flammes et des tempêtes, qui consument cette foule, de sorte qu'il n'en reste rien que . des cendres et une odeur de fumée. — La vision se termine par le retour des dix tribus.
Si le Messie du livre d'Esdras ressemble sous plus d'un aspect à celui dont l'Église primitive attendait le prochain retour (puisqu'il séjourne actuellement dans le ciel et qu'à son avènement il sera revêtu d'une puissance surnaturelle), l'auteur de cette apocalypse se sépare néanmoins d'une manière très-nette de la théologie chrétienne. Non-seulement, comme nous
et 52) démontrent qu'elle a omis quelque chose d'essentiel. Elle omet de nouveau de corde maris au v. 32. H y a là ^ si je ne me trompe^ une intention facile à comprendre: ce passage ne pouvait s'appliquer ni à la première ni à la seconde venue de Jésus.
Tavons déjà vu, il pense que le règne messianique se tenninera par la mort dû roi lui-même; non-seulement il ne croit pas à une résurrection des morts lorsqu'arrivera le Messie; mais il met une insistance particulière à déclarer que ce n'est pas l'oint de l'Éternel qui présidera au jugement dernier, comme l'enseignaient les chrétiens. C'était là, en effet , une croyance on ne peut plus étrangère aux anciens juifs. « Par qui jugeras-tu ta créature? » demande Esdras*. Uriel, c'est-àdire l'organe, la bouche même de Jéhova, commence par rappeler solennellement que c'est lui qui a créé le ciel et la terre, et il en tire cette conclusion : Facta sunt per me solum et non per alium ; sic et finis per me et fion per alium ! Voici encore ce qu'il dit du Messie dans le passage où il le nomme le lion. « Il reprochera aux païens leurs mépris et les citera vivants devant son tribunal, statuet eos in judicio vivosj et après les avoir châtiés il les exterminera. » Puis, pour bien marquer la différence entre cette vengeance d'un homme et les grandes assises du Très-Haut, l'auteur ajoute : «Il régnera alors sur mon peuple jusqu'à ce que vienne la fin, finis^ — dies jvdicii^. »
* Vulg., V, 66-VI, 6. Per quem? Le texte grec était donc- SiJt T^voç; les versions orientales ont affecté de lire St^ ttva; et ont également modifié la réponse dTriel , pour qu'elle ne fût pas en opposition avec le Symbole des apôtres. — - 'Vulg., XII, 33-34.
Les résultats principaux de notre étude de Pseudo- Esdras peuvent se formuler ainsi: 1° Le premier d'entre les écrivains juifs que nous connaissons, il place décidément le règne messianique avant le juge-^ ment, 2° Le premier, il fait descendre le Messie du haut des cieux. (Cette transformation de la christologie juive paraît donc avoir eu lieu après la mort de Jésus et peut-être sous l'influence du dogme apostolique, quoiqu'elle s'e?:plique fort bien par le sentiment de l'impuissance où était tombé Israël depuis la ruine de Jérusalem.) D'ailleurs Pseudo-Esdras n'en continue pas moins, ainsi que tous ses prédécesseurs, à voir dans le Messie un homme, un homme mortel, né de David. 3** Il proteste contre l'opinion que le Messie sera le président des assises finales du genre humain; comme nous n'avons encore trouvé aucune trace de cette opinion, qui est celle de l'Église chrétienne, nous pouvons la déclarer une nouveauté et une hérésie au point de vue juif.
Ces résultats qui jettent un jour assez vif sur les croyances de la troisième génération après Jésus- Christ, et indirectement aussi sur celles de la génération qui vécut de son temps, ces résultats, dis-je, nous serviront d'éxCuse d'avoir poussé jusqu'ici notre brève histoire de l'idée messianique; mais il serait inutile^
pour notre but spécial, de la continuer. Disons seulement qu'après la ruine de la nation sous Bar-Kokheba, on distingue chez les rabbins deux courants christologiques : il y a l'école traditionnelle, pharisienne, orthodoxe, qui remplit le Talmud et qui ne voit dans le Messie qu'un second David; il y a l'école populaire qui se plaît à dépeindre, avec mille couleurs fantastiques, l'honunedes nuages^. Il y a sans doute aussi l'école métaphysique, représentée surtout par le livre de Sohar, qui se fait un Messie fort semblable à celui des Pères de l'Église; mais elle est beaucoup plus récente et bien moins répandue.
Voici quel était l'axiome de la première et de la plus importante de ces écoles : « Entre le temps présent et les jours du Messie il n'y aura aucune différence, si ce n'est que les nations païennes seront sous notre joug2. » Et le juif Tryphon, chez Justin Martyr*, s'exprime ainsi : « Nous tous, nous croyons que le Messie sera un homme né d'hommes. » C'était bien l'opinion des Juifs contemporains de Jésus.
Du temps de Jésus, il est vrai, on plaçait encore, assez généralement, l'époque messianique après le ju-
* Anani, le « nuageux», ou Bar-Nepheli , le a Fils des nuées », noms du Messie chez les rabbins.
^Inter hoc temptis et dies Messiœ nihil intercedit disbriminis, nisîtanquamsubjugatioregnorumgentUium. Gfrœrer, II, p.2H9.
*Dial, c, Tryph,^ c. 49.
gement, dans le « siècle à venir, m Maintenant on est plus conséquent : l'immense majorité des rabbbins la considère comme formant la dernière période du « présent siècle^. »
Quelques-uns, à peine, enseignent que le Messie assistera à la résurrection des morts^, et nulle part je n'ai rencontré une citation d'un écrit juif qui fît présider le jugement dernier par le Messie 5.