‹ Jésus-Christ et sa doctrineChapitre 14 sur 53 · I.KS JL1KS · texte numérisé non relu

I.KS JL1KS

Alors , le désir d’ôtcr à la ville de Sichem , ensuite à la ville de Samarie, leur nouvelle capitale, le caractère moral d’infériorité qu’elle avait auprès de la cité de David, inspira aux défenseurs du royaume détaché de sou-

que je réponde au peuple. Us dirent : Si tu te fais en ce jour le serviteur de ce peuple, que tu lui obéisses, que tu satisfasses à ses réclamations , que tu lui adresses des paroles bonnes, il t’obéira sans cesse. (Si hodie obedieris populo lutte, ctservieris, et petitioni eorum cessent, heutustpte furris ad eos %’crba lenia , emnt tibi servi cunctis diebtts .) Mais Roboam , laissant leur conseil , répondit au peuple durement... Et touLle peuple à son tour, quand il eut vu que le roi ne les avait pas écoutés, s’écria : Quel besoin avous-nous de la maison de David? Israël, retiretoi dans tes tentes; et toi, Roboam, pourvoie ailleurs à ta maison... Et ils firent venir dans l'assemblée Jéroboam , fils de Nebat, qui, pendant le règne de Salomon, avait été intendant du roi auprès de la tribu d’Ëphraïm, et qui avait dû s’enfuir en Égypte pour éviter le châtiment que ses projets connus de rébellion étaient à la veille de lui attirer, et ils l’établirent roi sur tout Israël. » (i ou ni ,Rois, xn; Chroniq. x.)

Or, plusieurs erreurs qu’on a répandues sur l’histoire et sur les institutions du peuple hébreu tiennent aux mots latins scivtts et servi employés dans la Vu!gâte, pour former la traduction des dérivés de la racine hébraïque angbad. Le sens français du latin serras répond en général à esclave, et, en s’arrêtant là,

90 I.IMIE I, C H APlTItK III.

tenir une idée politique, qui est devenue le dogme religieux de la secte des Samaritains : il fallait refuser à Jérusalem, disaient-ils, d’être au sein de la terre promise le lieu le plus convenable, selon la loi, pour y établir le temple et le centre public de la nation ; ce droit revenait à line antre partie du pays, à une montagne appelée Guérizim, où une grande solennité s’était accomplie jadis, et qui dépendait de leur propre territoire *. De son côté,

on a vu sortir l’esclavage de toutes les phrases des traditions hébraïques. Mais le mot du texte a une signification des plus étendues ; il comprend toute espèce de service, moral, politique, civil, industriel; il veut dire obéir, il veut dire honorer, il veut dire, comme dans notre langage poétique, aimer. Ainsi, dans le passage que nous avons cité plus haut , les anciens ont recommandé à Roboarn de se faire l’esclave du peuple, pour que le peuple se fasse l’esclave du roi; en d'autres termes, pour que l’un et l’autre soient toujours esclaves et serviteurs de la justice générale et de la loi qui doivent également commander au roi et au peuple. Voltaire avait dit un mot sur la différence des mœurs qu’il aurait dit moins souvent perdre de mémoire, et qui s’applique au sujet : « On juge tout par l’extérieur, on voit des hommes qui se prosternent, et on les prend pour des esclaves. » [Essai sur les mœurs , ch. I.)

1 » Et quand tu seras entré dans le pays que tu dois

LKS JUIFS.

le nouveau roi des dix tribus craignit de voir sa couronne compromise par les fêtes generales qui de'tcrminaient chaque année plusieurs assemblées du peuple à Jérusalem, et qui avaient reçu du législateur la destination d’être poulies tribus ou provinces une occasion de se retrouver en famille en présence de leur Dieu d’unité, et d’y éteindre toute pensée de discorde et de haine. C’est pourquoi il s’empressa de reconstituer le culte des idoles, subversif de la tendance unitaire, afin d’empêcher les rendezvous annuels à Jérusalem; et celte violation décisive de la loi fondamentale à laquelle les tribus soulevées n’avaient pas songé un seul instant à renoncer, l’entraîna dans toutes les conséquences les plus désastreuses pour son pays et pour lui-même *.

Par une disposition contraire, et pour mieux se distinguer des tribus qui abjuraient en partie

posséder, six tribus se tiendront sur la montagne de Guérizim pour bénir le peuple , et six tribus sur la montagne d'Hebal. » ( Dcutcr . xi, 29; xxvu, ta; Josué, vin, 38).

' Sans doute, si je négligeais de citer les textes , je serais exposé au reproche d'avoir supposé des intentions politiques pour lier les laits; mais voici mes

Je culte de leurs aïeux, le peuple du royaume de Judée, où le goût universel des cérémonies religieuses exerçait d’ailleurs tout son pouvoir, céda à un entrainement non moins exagéré dans l’exécution des formes de ce culte. C’est ici l’origine naturelle et la raison du judaïsme proprement dit. Cette première et grande branche de l’hébraïsme, que l’école pharisienne a développée et épuisée dans toute l’étendue de son principe, devait mettre tout son esprit, toute sa force, à accroître d’autant plus les exigences des pratiques extérieures et le respect matériel pour la lettre de la loi , que celte loi lui paraîtrait plus menacée dans son existence religieuse, nationale et morale.

Lesaccensdcs prophètes auxquels le chris-

preuves : « Et Jéroboam (Yarobham) dit en son cœur: Si ce peuple monte à Jérusalem pour faire des sacrifices , ma royauté reviendra à la maison de David : le cœur de ce peuple retournera à Roboam (Rcrhabam), et ils me tueront pour se ranger sous lui. Alors le roi, ayant pris deux veaux d’or, s’écria : C'est trop pénible pour vous de monter h Jérusalem ; voici tes dieux, ô Israël! <|ui t’ont fait sortir du pays d’Égypte. » — Dixitque Jéroboam in cordc. suo : Nunc revertetur regnum ad domitm David , si asccndcrit populus istc ut facial sacrificia in domo Thym i ni in Jérusalem , etc. (ni Rois, Ml, a6 et suiv.).

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