‹ Jésus-Christ et sa doctrineChapitre 16 sur 53 · JA · texte numérisé non relu

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«: un siège de trois ans , l’an 722 environ avant

l’ère chrétienne, dans le cours de la quatorzième olympiade, trente-un ans depuis la fondation de Rome , quatre-vingts ans depuis la * mort de Lycurgue, et autant d’années avant la naissance de Solon. Le vainqueur, dans le dessein de mieux consolider le pouvoir de ses armes jusqu’aux bords de la Méditerra- 4 née, transplanta avec violence, et par une mesure familière à cette époque , la majeure partie des dix tribus au-delà de l’Euphrate, et ■ y substitua des colonies idolâtres tirées de ses propres états1. Ce sont les nouveaux Sa-

devant lui. *— In die ilUierit benedictio in medio terne, ctri benedixit dominas exercituum, dicens : Ilenedictus populus meus Ægjpti, et opus manuum niearum Assyria ; UœrcdUas autan mea Israël, etc. (Isaïe, xi, 1-10; xxxii, 1, a; uv, *i.vi, etc.; xix, a3; Jérémie, xxxi; Ezéch. xxxivj Psaum. xxn, a8, etc., etc.).

’ * Et la neuvième année d’Osée, Salmaneser, roi de» Assyriens, ayant pris Samaric, transporta les Israélites en Assyrie, et les lit habiter à Rhalarh, en Rhabor, sur le fleuve de Gozan, et dans les villes des Mèdes... Et il amena des gens de Babel et de Cuth, de Hava, de Rha* mat, et de Sepharvajim ; il les établit dans les villes de la Samarie, à la place des enfans d’Israël, et ils possédèrent ainsi le pays, et ils habitèrent dans ses villes (n ou

UYRK 1, CH \HTHli III.

maritains, qui ilcvinrent bientôt la source de plusieurs sectes, à cause de l'adoption qu’ils tirent des lois de Moïse accommodées à leurs ide'cs et à leur culte primitifs, et qui excitèrent chez le peuple de Judée des sentimens inévitables et prolongés de méfiance et d’inimitié nationales.

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Cent trente-quatre ans plus tard , près de neuf siècles depuis la sortie d’Égypte , un siècle avant la bataille de Marathon, quatre-* vingts ans avant l’expulsion des Tarquins et l’an 588 avant l’ère chrétienne, Jérusalem et le premier temple, après une résistance désespérée , furent livrés aussi à la flamme et au fer des Orientaux. Le conquérant qui avait déjà porté un coup mortel à l’empire des Pharaons, transplanta dans la Babylonie toutes les classes les plus éclairées et les plus industrieuses de la Judée. En outre , plusieurs bandes formées de la partie du peuple qu’il avait laissée dans le pays , et qui avait essayé en vain quelques soulèvc-

iv, Rois, xvn, 0, 24}. — Déjà le roi assyrien Tiglath-Pilescr avait commencé cette migration et avait entraîné presque toute la tribu de Nephtali. » (ir, Rois, xv, 29.)

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mens contre ses iloininateurs, ne tardèrent

pas, malgré l’opposition fervente d’un des prophètes les plus connus, à abandonner leurs foyers. Elles se réunirent, en Égypte *, à d’autres colonies juives établies dans ces contrées depuis les premières invasions des Assyriens, et où Alexandre et les Ptolémées, deux siècles et demi après , tirent arriver des colonies nouvelles et très-nombreuses de leurs frères, pour peupler la cité qu’ils avaient fondée*.

1 « Et le roi de Babylonc transporta tout Jérusalem, tous les vaillans hommes, tous les ouvriers habiles... tous

les plus puissans du pays il ne laissa que le. petit

peuple pour travailler les vignes et pour labourer Et

quand Ismael, qui était du sang royal, eut tué le gouverneur que le roi de Babylonc avait mis sur eux, tout le peuple se leva et s’en alla en Égypte, dans la crainte des Chaldéens. » (n ou iv, Rois, xxiv, 14 ; xxv, 13, a5; — 11, C/iraniq. xxxyi, 3,0; Jérémie, xaai, 10).

’ « Ptolémée Soter, dit l'historien Josèphe, tira de vive force un grand nombre d'habitans des montagnes de la Judée, des environs de Jérusalem et de la Samarie, pour les envoyer en Égypte. Beaucoup d’autres Juifs allèrent s’établir volontairement dans ce pays, à cause de sa fertilité et de l’affection que le roi témoignait à leur nation... Plusieurs places de guerre importantes furent conGée* à

lOO LIVRE I, CHAPITRE III.

Alors, à la faveur de tant de milliers d'hommes exilés que le besoin de vivre répandait , de toutes parts, le ferment hébraïque pénétra avec son invincible puissance jusqu’aux dernières limites de l’Orient, et obtint une influence directe ou éloignée sur toutes les modifications ultérieures de ses doctrines ; alors aussi les dogmes orientaux réagirent de tout leur pouvoir sur l’œuvre de Moïse, qui les avait rejetés de son sein, et se marièrent avec les textes sacrés des Juifs par un mode d’interprétation auquel nous serons ramenés sans cesse dans la suite.

Plusieurs des principaux membres de la nat tion captive eurent accès à la cour de Babylone et dans les collèges des sages de l’empire. L’un d’eux , issu du sang royal , arriva . au grade de premier chef des quatre com-

pagnies savantes de cette cité. Bien plus,

leur garde.» (Josèphe, Antiq.judaïq. liv. xn, chap. i ; contre Jppion, chap. 11.) — « Vers la naissance de Jésus-Christ, des cinq quartiers de la ville d’Alexandrie qu’on désignait avec les cinq premières lettres de l’alphabet, deux étaient presque entièrement occupés par les Juifs, qui, outre cela, avaient des habitans répandus dans tous les autres quar • tiers. » (Philon, contre Flaccus.)

jobgle

après avoir été témoin de la chyle de l’empire chaldéo-babylonien , ce même Hébreu assista avec un rang supérieur , avec le titre de premier ministre du roi , h la naissance de la monarchie des Perses *. Et là, aidé d’un grand nombre de ses compagnons, il célébra, au milieu des mages attentifs, l’unité infinie de l’étrc, l’unité absolue des puissances qui régissent les mondes, la simplicité et la pureté des sacrifices, l’égalité d’origine de tous les hommes , l’autorité de la parole , la haute importance accordée à la réalité physique et morale du sort humain, tous les principes constitutifs de la loi juive, qui ont marqué d’une vive empreinte les œuvres mixtes publiées bientôt après, dans un esprit de réformation per-

' « Le roi éleva Daniel en honneur lui donna la

direction de la province de Babylone, et le premier rang

sur tous tes sages de Babylone et il fut chef des

mages, des astrologues, des Chaldéens et des devins

Et lorsque Darius le Mède prit le rovaume, il lui plut d’établir cent vingt satrapes, et au-dessus d’eux trois gouverneurs, auxquels ces satrapes devaient rendre compte... Mais Daniel, qui était l’unjdes trois, excellait par dessus les autres gouverneurs et satrapes, parce qu’il avait plus d'esprit qu’eux;' et lej roi voulut l’établir sur tout le rovaume. » (Dan. it, 4*; v, 55 ; vi, i, 4. )

sanne, sous le nom vénéré, quoique tout rempli d’incertitude, de Zoroastre ou Zéradoch *.

1 La noie E, à la fin du volume, examine de plus près le genre d’influence que les Juifs ont exercée sur les peuples orientaux, et réunit quelques renscignemcns relatifs à Zoroastre et à deux autres personnages anciens célèbres à divers titres dans cette partie du monde. Mais, il propos des principes constitutifs de là loi hébraïque que je viens de citer, il me semble convenable de rappeler une assertion essentielle, «pis j’ai développée dans mes travaux précédens, et qui, au premier abord, a offert à un grand nombre tous les caractères d'un paradoxe.

Lorsque, dans ma Loi de Moïse , et dans mon Histoire des Institutions de Moïse et du peuple hébreu, j’ai établi, contre l’opinion presque universelle, que le nom de théocratie ou gouvernement souverain d’une caste de prêtres était très-mal appliqué à l'institution de Moïse, et devait céder la place au nom de nonweratie ou de gouvernement et de religion de la loi, je u’ai jamais voulu dire et je n’ai pas dit que tout ne s’y accomplissait pas au nom de Jéhovah, considéré comme maître et souverain, comme source d’unité, de puissance et de justice; c'eût été nier l'évidence. La question n'était point là; elle n’était point dans la théocratie nominale et théorkpie; je l’avais prise sous le point de vue réel; sous le point «1e vue qu’on attache à ce mot dans notre langage ordinaire et dans nos livres, surtout quand on parle des théocraties de l’Orient; sous le point de vue de la théocratie 1 égislative et politique. Or, quand Moïse avait dit aux

Les Hébreux, à leur tour, retirèrent de ce commerce des intelligences, des idées qui étaient en grande partie nouvelles pour eux, et des dispositions ascétiques auxquelles les larr-

Hébreux qu’ils étaient autrement constitués que tous les peuples de l’époque ( Tu autan atiterinstitutuses. — Dealer. xviir, 1 4), il avait eu l’intention d’exprimer quelque chose de sensible; ce quelque chose est la question, et cctto question ne s’étend pas seulement à des formes extérieures, mais an fond même et à toutes les parties du fond.

Ainsi, pour mieux s'entendre, est-il vrai ou n’est-il pas vrai que, dans son origine, dans ses fonctions, dans les limites de ses droits , et dans les pouvoirs dont elle relevait individuellement, la magistrature sacerdotale des hébreux offrait des différences nombreuses, vivantes, avec les castes sacerdotales des autres Orientaux? [Hist. des Instit. de Moïse, liv. u, ch. i.) Est-il vrai ou n’est-il pas vrai que l’obéissance à la loi avait son principe dans la sanction directe et volontaire du peuple juif? (/rf. liv. i, ch. n. ) De même l'interprétation de cette loi, jusquV/i matière de culte, n’appartenait-ellc pas, en grande partie, à un conseil suprême composé des anciens de la nation? ( Id. .iv. il, ch. m.) De même, cette loi, ponctuellement écrite et enlevée par là, dans des temps très-orageux, aux fluctuations des puissances et aux conditions asiatiques du mystère, n’était-elle pas livrée dans toutes ses parties, sans exception aucune, à la connaissance et à l’examen du public? ( Td. liv. vu , ch. n. ) Bien plus, la faculté de

1 o4 r.IVRE I, CHAPITRE III.

guenrs de l'exil offraient.de nombreux alimens : ils en retirèrent l’histoire des bons et des mauvais anges, leurs noms, leur chute, leurs

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chercher l’Eternel , le vrai, le juste; la vérité, Injustice,

comme dit le législateur ( Hic fleus , veritas et non inir/uitas , jus tus et rertus. — Deutcr. xxxn, 4'; et la liberté de parler tout haut, en son nom, coutrc les fausses interprétations et les violations présumées de cette loi, de quelque part qu’elles vinssent, de la magistrature sacerdotale comme de toute autre magistrature, ne formaient-elles pas un droit inhérent à la nation entière et à tous ses • membres? (Hist. ries Inst, de Moïse, liv. 11, ch. m.J Enfin, y avait-il une caste de guerriers ? et tous les juges ou chefs suprêmes de la nation qui remplacèrent Moïse à partir de Josué ne sont-ils pas sortis indistinctement de toutes ' les tribus et de toute espèce de familles? [Jd. liv. vt.ch. 1.)

Ces points sont les principaux à vérifier en fait, pour mieux régler l’emploi si souvent inconsidéré, dans la question des Juifs, du mot de théocratie, et pour ne pas tomber dans l’exagération des savans, d’ailleurs trèsrespectables, qui ont fait reposer son usage absolu sur des circonstances et sur des formes toutes secondaires. Au reste, l’erreur que j’ai signalée, et que j’afiirme de plus en plus fort, sans crainte d’y voir opposer des argumens solides, découle surtout de la classification qu’on avait admise d’avance des peuples orientaux et des peuples occidentaux, de l’ancien monde et du nouveau monde. A chacune de ces divisions, l’on avait attaché de grands caractères; et comme le peuple juif s’était ni classé sans réserve dans

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