‹ Jésus-Christ et sa doctrineChapitre 17 sur 53 · I.F.S JUIFS. lo · texte numérisé non relu

I.F.S JUIFS. lo

combats, le partage de leur empire sur la terre, dans l’air, sur les choses visibles et invisibles , et les théories de la formation des mondes, cachées sous ces symboles, dont l’école orienta section orientale du monde ancien , tous les caractères de cette section lui avaient été dévolus, sauf à sc jeter à son égard dans les contradictions et dans la logomachie les plus singulières. Mais le principe et la conséquence manquent de vérité. Quoique le génie de l’Asie ait toujours attiré à lui les Hébreux et les réclame en beaucoup de choses , ce peuple , dès sa naissance, a été une réaction immense contre l’ordre oriental de son temps; et, quoique une partie de ses dispositions, de ses formes, de ses mœurs, le rejettent de droit au sein du monde le plus ancien, il n'en emporte pas moins, dans sa nature et dans le cercle défini de sa spécialité, des idées et des germes beaucoup plus nouveaux que tout ce qui a constitué l’état des nations qu’on avait appelé jusqu’à nos jours le nouveau monde. C’est là précisément ce qui en fait un peuple distinct et tout en dehors des classifications ordinaires, an peuple-système, un peuple à mission; c’est ce qui explique comment, d'après scs textes et dans les réalités de l'histoire, dans ses pensées les plus sublimes et dans ses actes les plus vulgaires , il a eu et il a véritablement encore pour avenir moral un rôle grand et inévitable à remplir, le rôle de médiateur et de noeud entre les âges les plus éloignés du genre humain, entre les divisions les plus tranchées de la famille des peuples.

Je ne terminerai pas cette note sans ajouter que les

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taie des Juifs spéculatifs, autrement nommés kabalistes, fera son objet spécial.; ils en retirèrent aussi les croyances relatives à l’individualité , aux migrations , aux vicissitudes des âmes après cette vie, et, en première

premières bases de la vérité que j’établis avaient été bien aperçues par Voltaire, quoiqu'il les ait présentées, dans l’article Théocratie de son Dictionnaire philosophique, avec l’esprit et avec le langage d'amertume et de malveillance qui lui étaient habituels dans la question historique des Juifs : « La petite nation juive, dit cet article de Voltaire, ne mérite ici d’être considérée politiquement que par la prodigieuse révolution arrivée dans le monde, dont elle

fut la cause Dans le gouvernement juif, Moïse n’était

point pontife, et Aaron , qui l'était, ne fut point chef et législateur. Depuis ce temps, on ne voit aucun pontife régner: Josué, Jephté , Samson et les autres chefs du peuple, excepté Héli et Samuel, ne furent point prêtres. La république juive, réduite si souvent en servitude, était anarchique bien plutôt que théocratique. » Ainsi donc, la théocratie de Moïse , considérée, je le répète, selon la signification usuelle du mot, et nullement dans le sens plus exact qu'il serait susceptible de recevoir, aura en son genre une destinée analogue à la démocratie non moins célèbre de Brutus, laquelle, après avoir donné lieu à de si beaux mouvemens d’éloquence et à de si beaux vers, s’est trouvée un jour n’étre plus que le dernier cri , le dernier combat de l’aristocratie la plus forte qui ait jamais existé dans la monde fNiebuhr. Hist. rom.).

LES Jl'IPtf.

ligne, la résurrection corporelle des morts, leur jugement, leur éternité. C’est ici le dogme qu’il importe de se graver dès à présent dans l’esprit, sans s’attacher à savoir en quel climat son expression avait commencé à se manifester, ni jusqu’à quel point sa nature sc rapproche ou s’éloigne des opinions de nos jours; il servira bientôt de mobile souverain à la doctrine de Jésus-Christ et à tous ses actes, soit qu’on attribue à l’histoire privée du fils de Marie une réalité que je me hàtc d’aflirmer au fond , soit qu’on se borne à la considérer avec quelques-uns comme un tableau composé entièrement d’imagination, pour donner aux croyances de ses auteurs la forme et l’intérêt d’une légende.

Nous avons parcouru les antécédens communs à toutes les écoles capables de s’élever en Judée. Cette connaissance nous a mis en état de saisir l’origine propre, les caractères distinctifs, et de dire les noms de quelquesuns des hommes les plus remarquables de celles de ces écoles que j’ai signalées dans la Palestine et au dehors, au moment de l’apparition du christianisme, et qui ont fournf à ses organes tous les élémens nécessaires à sa

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première création. Les unes ont des rapports plus particuliers avec l’avènement local de l’institution nouvelle, les autres avec la promptitude de ses succès extérieurs, celles-ci avec ses bases mystiques. Elles s’attachaient toutes à dégager des livres de la loi et des prophètes les principes appropriés aux circonstances qui frappaient spécialement leur esprit; et elles soumettaient avec plus ou moins de rigueur à ces principes toutes les autres conditions de leurs textes fondamentaux, et toutes les idées que leurs pères avaient rapportées en Judée de leur dispersion en Orient, ou qu’ils avaient acquises depuis leur retour de la captivité dans leurs relations commerciales et intellectuelles avec les races helléniques.

Dans la Palestine, où la domination des Romains avait succédé aux efforts violons du polythéisme grec et syrien sous les Antiochus, et où l’on éprouvait les effets de la politique du premier Hérode, empressé à favoriser les moeurs et la puissance des étrangers à qui il devait sa couronne aux dépens de la nationalité des Juifs, les anciens de Jérusalem avaient senti que les armes et la parole seraient de plus en plus insuffisantes pour préserver la nation et

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