I.KS JUIFS
la loi. En conséquence , tous leurs soins s’étaient tournés à exagérer chaque jour davantage le plus actif de leurs moyens de conservation, le zèle des pratiques extérieures, l'attachement à la lettre la plus minutieuse de cette loi ; ils voulaient tenir enchaînés, par un lien sensible, les esprits et les consciences des juifs indigènes et de toutes les populations ou dispersions hébraïques, jusqu'au temps où le libérateur promis viendrait détruire, à l’aide de sa dictature nationale et morale, la nécessité de ces entraves, et accomplir leur mission dans toute son étendue. Telle était l'école pharisienne, objet continuel de beaucoup d'injustices de la part de l'institut chrétien, qui lui a dû, au commencement, scs athlètes les plus vigoureux, et qui a retiré des avantages infinis du mouvement religieux qu elle avait excité en divers climats, et de la foule considérable de Grecs et d'autres adeptes étrangers qui se réunissaient dans ses synagogues, depuis Babylone et au-delà jusque dans les murs de Corinthe et d’Athènes *. Loin de restreindre, en effet,
1 En attendant que les chroniques des apôtres confirment ce fait essentiel, le passage suivant, écrit plus de vingt ans avant les travaux de Jésus-Christ, par le
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leurs moyens de défense à l’autorité des coutumes et au respect de la lettre de la loi, les pharisiens, cl ceux de leurs docteurs qu’on appelait scribes ou scriptuaires, à cause de la
Juif le plus savant de l’époque, dont nous aurons bientôt à nous occuper, mérite une mention particulière :
« Ce qui distingue éminemment les lois de Moïse, dit cet écrivain, ce n’est pas d’obtenir sans cesse un honneur suprême clics les Hébreux, et d’avoir résisté & toutes les vicissitudes possibles , mais d'étre accueillies par une foule d’étrangers, et par les hommes qui ajoutent le plus de prix à la vertu.... d’attirer également les Grecs, les barbares, les hàbitans des îles, les nations de l'Orient et de l’Occident.... Aussi, malgré la mauvaise fortune qui a frappé la nation hébraïque, et quoique l’adversité ait toujours pour résultat d’obscurcir les meilleures choses, j'ai cette opinion, qu’après avoir délaissé les coutumes de leur pays, le plus grand nombre se rangera un jour à l'observation de nos lois. » — lllud tamen magis ctiam mirent non sotiim Ju/hros, sed et aliarum gentium, penè omnium hominum , prœsertim virtutis rationna habentium , imbiUos esse harum legum venerationr.... et quameis jamdudum /une gens ( hcbraica ) utatur J'ortimd pantm protperd , soient rcs prteclarœ obscurari quodammodo adversitatibus ; quod si fortunes melior nffulserit , videtur non mediocrem acccssioncm nllatura. Puto cnim plerosque, relictis et ablegatis pntriis legibus, transituros ad harum observationem (Philo. Vita Mosis, liv. n, éd. grec, et Int. , 164° > pag. 656 I), 606, B ).