‹ Jésus-Christ et sa doctrineChapitre 3 sur 53 · U CHRISTIANISME · texte numérisé non relu

U CHRISTIANISME

leur gratiié, Je temps et Je degré d'attention qu’elles méritent.

La division générale de cet ouvrage est de* plus simples : je parcours l’état des choses antérieur au christianisme; j’examine, dans tous leurs détails, les traditions relatives h la vie, à la doctrine de Jésus-Christ, et l’établissement de l’église par les apôtres jusqu’au moment oh la direction de cette église fut transférée des mains des Juifs , auteurs de sa création féconde, aux mains des Grecs et des Latins, devenus bientôt les instrumens de ses progrès et de sa grandeur.

Le plan que je me suis tracé se renferme xlnns l’origine de l’institut chrétien , dans le premier siècle de son existence. 11 importe surtout de s’attacher à cette période ; elle donne la clef de l’ensemble du christianisme ; elle réduit à de justes proportions la plupart des événemens, des inductions, des subtilités primitives de langage qui ont fait naître des préjuges aussi répandus chez les philosophes que dans la masse des croyans. Bien plus, on y découvre les "ermes des variations ultérieures de l’église et d’une décadence dont on est mal ù propos convenu de rejeter la responsabilité

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exclusive surTambilion du catholicisme romain. Enfin, ce premier siècle permet de mieux saisir les causes intimes qui ont déterminé une rupture complète entre la pensée hébraïque, dégagée de la forme qu’elle avait adoptée pour refuge spécial sous le nom de judaïsme, et la pensée de Jésus-Christ ; il permet de mieux saisir les motifs moraux en vertu desquels la foi nouvelle, malgré son empressement à se déclarer i’hcritière unique et le terme de la loi d’où elle émanait, malgré l’étendue de ses succès, de son pouvoir, a été forcée sans cesse de rencontrer, debout en face d’elle, cette loi qu’elle proclamait morte, et dont la succession lui semblait à jamais acquise; de la rencontrer vivante, indépendante, et toute résolue, en attendant que le nom de Jésus-Christ eut accompli ses destinées sur la terre, à opposer un rempart de ténacité et de patience à la tyrannie des convictions rivales, au mépris des hommes et au temps.

Sans doute le christianisme n’est point apparu tout à coup tel qu’il se manifeste après quelques siècles de durée : sa période d’origine elle -meme embrasse plusieurs phases très -distinctes, dans chacun^ desquelles on

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voit uu aspect particulier de l’édifice se développer sous l’influcncc d’un personnage principal.

Toutefois il n’existe pas de révolution dans le monde qui ait réuni avec autant d’énergie et de promptitude , autour d'urr centre commun, un nombre plus considérable de vœux, d'idées, d’intérêts divers; où les circonstances aient amené de plus loin ce concours extraordinaire et si long-temps soutenu de nécessités physiques et morales.

C’est donc à l’expose des circonstances favorables à la formation du christianisme que le premier livre de mon ouvrage a dû cire consacre, à une introduction qui comprend, dans trois chapitres, les questions suivantes :

La situation réciproque des peuples vers l’avénement du fils de Marie, mais en remontant dans leur histoire à une date reculée, afin d’y reconnaître la trace de la grande loi d’unité prescrite à toute la nature, dont l’institution chrétienne a été pour le genre humain un des résultats les plus imporlans ;

L’état des esprits, des croyances dans les rangs élevés de l’Orient et de la Grèce, et parmi les classes populaires;

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Enfin tous les détails indispensables sur Je pays où le christianisme a eu son berceau, auquel il doit ses premiers plans, ses premiers apôtres, son premier langage, et sur la diversité’ des écoles hébraïques qui étaient répandues alors dans l’intérieur de la Judée et au sein même de tous les peuples étrangers.

Après cette introduction rapide ', où l’on aperçoit tous les clémens qui servent à composer le christianisme, mon second livre, intitulé Vie et Doctrine de Jésus-Christ, poursuit la combinaison nouvelle de ces élcmcns divers. La dernière division de l'ouvrage, ou l'Établissement de t-Église , se promet de montrer les efforts communs des apôtres, leurs dé-

‘ L’ensemble de mes notes, consacrées, dans ce livre d'introduction et dans tout le cours de l'ouvrage, aux citations des textes et à des éclaircisscmeus, forme une partie inséparable et comme la contre-épreuve de ce travail. A cause de l’inconvénient qui m’a été signalé pour mon Histoire des Institutions de Moïse , d'avoir laissé au lecteur la peine d’aller chercher à la fin des volumes les renseigneraens justificatifs, je place ici, au bas des pages, sans être arrêté ni par le nombre ni par l’étendue, toutes les notes que je juge nécessaires pour établir soudain l’an tbenticité des faits énoncés, pour reposer quelquefois l’esprit du lecteur, pour assurer surtout au corps du

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bals intérieurs, le premier mode d’organisation appliqué à leur institut, et la prééminence puissante de quelques-uns d’entre eux dans les) dcveloppemens théoriques et pratiques successifs donnés au nom et à la figure de leur maître.

récit une marche plus hardie. Je renvoie à la tin des volumes les développcraens, la plupart d’assez longue haleine, dont l’intérêt n’est pas immédiat, mais avec le soin de disposer les uns et les autres de manière à n'culraîucr aucune confusion , soit qu'on se soumette à les lire après coup ou à mesure qu’ils se présentent. Outre l’obligation qui m'a été dictée par la nature du sujet , d’étayer aussi fortement que possible les dernières convictions auxquelles je suis arrivé, mon dessein est de réunir assez de titres et de faits originaux pour attacher à cette réunion meme une utilité tout indépendante de mes efforts à les mettre en oeuvre.

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