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L’espèce humaine a été soumise, par la loi de son accroissement, à deux nécessites, deux tendances qu’on croirait inconciliables au premier aspect, et qui ne manquent pas d’analogies avec la propre loi de l’organisation la plus avancée du christianisme. De ces tendances, l’une , ayant exigé des hommes de se disperser sur la terre pour la posséder et pour la remplir, a opposé aussitôt des obstacles multipliés à toute concentration, cl explique eu partie l’inquiétude intérieure cl les acci-
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1,1 VP. K 1, CHAPITRE I.
dens qui ont excite les races et les populations à rompre leurs liens primitifs, à se diviser entre elles. L’autre tendance, au contraire, en ne permettant aux hommes de ne tirer avantage de la plus faible étendue de leur sol qu’avec beaucoup d’efforts réunis, à la charge de l’arroser de leur sang et de leurs sueurs, a resserré de plus en plus les liens capables de les faire agir de concert, et a donné la vie au principe moral d’association, d’unité humaine et de convergence 1 .
1 J’ai indiqué ailleurs comment l'allégorie biblique de la ville et de la tour de Babel servait à représenter les. premières luttes de ces deux forces opposées en apparence, de ces deux lois de concentration humaine et de dispersion [Histoire des Institutions de Moue et du peuple hébreu , t. lu, p. 285). D'un côté, les hommes se disent entre eux, dans cette allégorie: '■ Réunissons-nous et bâtissons une ville et une tour, de crainte que nous ne soyons dispersés sur la terre; » d'un autre côté, l'Kteruel confond leur langage, afin qu'ils se dispersent de toutes parts. [Faciamus' nobis cis-Uatem et tunirn... sa dùidaniur in universas terras... Et dixit Jéhovah : Confundarnus ibi linguam connu J opte itii divisit cos ex illo loco in uni-
versels terras. Genèse, xi, 4, 8.) — C'est dans le même esprit que les fameuses paroles : « Fructifie* et multiplie*, * ne représentent pas à elles seules la pensée bibli-
Dans le tableau succinct que j’ai à présenter de l’histoire générale des peuples qui ont eu des rapports quelconques avec les commcnco mens du monde chrétien, et afin de remonter le plus haut possible dans les circonstances favorables à l’apparition de ce monde, il y a donc un premier fait essentiel à constater : la marche presque physique des sociétés anciennes, d’apres laquelle ou a vu sans cesse sc
que; mais le leste ajoute, avec «tu sentiment précis des conditions premières et naturelles de l'espèce : « Fructifiez, multipliez, remplissez la terre, assujétissc/.-la, dominez sur tous les animaux , soyez en possession de toutes les plantes. » (AV replcte terrant, et subjicite eam , et domiitami/ii uaivertis animantibut. Genèse, i , a8.)
Il n’est pas inutile de rappeler que, plus on se rapproche des premiers temps, plus la puissance de séparation et de dispersion devait l'emporter sur l’autre, plus les moyens employés par les législateurs et par les chefs de peuples pour assurer l'état social , devaient agir avec énergie , avec «me sorte d’impétuositc. Au contraire , à mesure que les populations se multiplient et avancent dans l'occupation du monde, pins la puissance d'association prend l’avantage et se soutient par ellemême sans auxiliaire extérieur. Une dernière remarque, c’est que les peuples chez qui le pouvoir de s'organiser cl de sc concentrer a été porte au plus haut point , ont aussi paye le plus grand tribut possible, quoique sou*