INCARNATIONS
seur. Vichnou venait lui offrir pour refuge un vaisseau sacré, cl il devait assurer à ce vaisseau un appui inébranlable.
Or, tout prouve à ce sujet que l’illustre fondateur de la société asiatique de Calcutta , W. Jones , qui a imprimé vers la (in du dernier siècle une si vive impulsion à l’étude des origines orientales , et qui a trouvé dans le savant Colebrooke le plus digne successeur, s’était laissé abuser par l'entraînement naturel auquel le bonheur de parcourir une terre presque en friche donne toujours lieu. Il avait pris pour un monument de la plus haute antiquité un passage assez récent de l’histoire merveilleuse, ou, pour nous servir du terme approprié, du pdttmna qui nous occupe.
Quoi qu’il en soit , le poisson divin , armé d’une corne prodigieuse, se montra le jour indiqué au milieu des (lots en fureur ; l’arche nouvelle s’attacha à cette corne de salut, et un serpent d’une grandeur démesurée lui aurait servi de cable. En même temps Brahma, tiré de sa redoutable somnolence, s’unit à Vichnou pour mettre h mort le démon Ha yn -G ri va ; le dieu rentra en possession des livres sacrés , et donna au roi sauvé des (lots des instructions admirables ( Hcéhcrch . asiatiq., trid. franç. , t. i, p. 170).
L’histoire de la deuxième incarnation se lie à l’opinion répandue dans ces' climats au sujet d’une ^onlagnc appelée le Mérou ; semblable au mont
KOTH C.
Allas des GrcCs, clic passait poursoulcuir les cicux, pour formel l'axe, la colonne du monde. Or, cemont Mérou, qui renfermait jadis en ses flancs le breuvage d’immortalité, tomba un jour au fond des mers pendant que les bons et les mauvais génies sc battaient entre eux pour conquérir ce breuvage. L’univers, privé de son appui naturel, ne pouvait manquer de périr; heureusement le Dieu vigilant et conservateur apparut comme une tortue d’une incroyable dimension, et soutint assez long-temps sur son dos tout l’édifice. Alors les esprits infernaux et les esprits divins saisirent chacun de leur côté, d’après ces légendes , la queue cl la tête d’un vaste serpent qui avait enlacé la montagne de ses replis; ils firent tourner cette masse avec une rapidité prodigieuse. Sous leurs efforts , le nectar immortel en serait sorti à grands flots, mais pour devenir lo partage des serviteurs de Vichnou, et pour ne jamais approcher des lèvres des méchans génies et des géans, qui depuis ces jours- là auraient désolé la terre.
Enfin, la troisième incarnation est celle du sanglier : le dieu rétablit de nouveau l’équilibre du monde en le soulevant à l’aide de ses défenses; dans la quatrième incarnation, il se précipite comme un lion sur un géant qui menaçait de tout renverser. Après cela , ses formes sortent de la classe des animaux; elles répondent à la plupart des conditions de l’humanité. Leur signification regarde plus visible-