DOCTRINES OPPOSÉES
c'est à l’aide de cos bontés mêmes que tous vivent et que le souille m’a été rendu. Tu m’as guéri, tu m’as fait revivre.
« Ainsi, dans la douleur soudaine qui m’était survenue au sein de ma paix, tu as embrassé mon ame pour l’enlever à la fosse de dissolution, tu as rejeté derrière toi toutes mes fautes , car le sépulcre ne te célèbre pas, la mort ne te loue point, et ceux qui descendent dans la tombe ne s’attendent plus 5 la vérité. Mais le vivant, le vivant, voilà celui qui te célèbre comme je fais aujourd’hui; ensuite le père transmet ù ses enfans ta connaissance. O Éternel I tu m’as conservé , c'est pourquoi nous modulerons tous les jours de notre vie des cantiques dans ton temple (Isaïe, xxxvin). »
Note E, page to^.
llapprochcmens historique* au sujet de l'influence particulière des doctrines juives sur les doctrines des orientaux. Zoroastre, Boudlia, Laot-Seu.
Ce que j’ai dit , dans les pages auxquelles cette note correspond, de l’influence réciproque des doctrines juives sur les doctrines orientales et sur les doctrines de Zoroastre en particulier, mérite ici
4^4 note e.
d’être accompagné de quelques explications. Les préjugés philosophiques du siècle passé dans ce genre de recherches ont habitué les esprits à éluder ou à dénaturer plusieurs faits historiques essentiels , pour y substituer une foule de suppositions dénuées de tout fondement ou très-incertaines.
D’ailleurs, l’ensemble des travaux des philologues tend à démontrer aujourd’hui qu’il existe entre toutes les littératures et toutes les langues des rapports de race qui s’étendraient du fond do l’Orient à l’Occident; Fhistoiro en est revenue d’ellemême à poursuivre le plan consigné dans le dixième chapitre de la Genèse , c’est-à-dire , à dresser l’état de la famille universelle selon ses générations et leurs parentés , selon leurs langues, leurs pays et leurs nations (/n cognai ionibus et Unguia et générât ionibus et terris et gentibus mis... Secundum cognationes et linguas et regiones... juxta populos et nationes suas, vers. 5, ao, 5), 3a). Il n’est donc pas sans intérêt de faire observer que les idées morales peuvent être ramenées aussi à quelques races primitives, à quelques chefs principaux. Leurs caractères distinctifs se laissent saisir jusque dans les climats les plus éloignés , et à travers toutes les complications de leurs développemens et de leurs alliances.
Tacite en personne nous offre le moyen de mieux constater les influences contraires que la dispersion des Juifs devait nécessairement exercer sur toutes les
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autres nations. Dans (es détails qu’il donne de leurs lois, de leur culte, de leurs usages, cet historien accumule des assertions inexactes, bizarres, telles que la tête de l’âne conservée avec un saint respect dans leur sanctuaire , en mémoire de l’animal & qui ils auraient dû la découverte de l’eau bienfaisante du désert; on serait tenté de reporter l’origine d’une partie de ses renseigncinens sur quelque vieux centurion romain qui lui aurait raconté en soldat ses souvenirs de la guerre de Judée. Mais , après avoir exposé tout ce qui concourait b produire le plus d’éloignement ou de dédain à l’égard des Juifs, tout ce que j’appellerai leur influence de répulsion, le même historien expose d’autres détails devant lesquels la curiosité publique devait s’enflammer au plus haut point, celui-ci entre autres, qui forme le sommet de ce que j'appellerai leur influence attractive, f Les Égyptiens , ditil, adorent des animaux et des images qu’ils se taillent. Les Juifs conçoivent, par l’esprit seul, l'être unique qu’ils honorent. Ils regardent comme des impies ceux qui avec des matières périssables figurent la Divinité à l’image de l'homme. Leur Dieu est un être suprême et éternel , qui n’n point changé et qui ne finira point. Aussi ne souflrenl-ils pas des statues dans leurs villes, encore moins dans leur temple. Ils n’admettent point cette adulation pour les rois, cet honneur pour les Césars (Tacite, H ta toire, liv. v, ch. 5).