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lion les plus recherchés pour la terre et pour la
mer, sa position à l’égard de l’Égypte et de la Syrie, en avaient fait, depuis Alexandre, un objet perpétuel de convoitise aux yeux des deux empires rivaux des Ptolémées et des Séleucides, et l’un des champs ordinaires de bataille où ils vidaient leurs débats. La Syrie, afin d’y mieux affermir son pouvoir, avait même pris le parti, sous le règne d’Antiocbus Épiplianes, de détruire, dans ses bases, le principe de nationalité qui servait de moyen conservateur à plusieurs autres principes plus généraux auxquels le peuple hébreu avait été consacré dès l’origine. L’effet soudain de son oppression fut d’exciter chez les Juifs de tels efforts de courage qu'ils reconquirent leur indépendance *, mais pour la perdre de nouveau lors de l’é-
1 C’est vers l’an 168 avant J.-C. qu’Antiochus IV, huitième roi de la famille des Séleucidcs, avait voulu soumettre plusieurs peuples vaincus au culte grec, les Juifs entre autres, dout il pilla le temple, et qui finirent par triompher de ses armées, sous la famille héroïque des princes Asmonéens ou Machabées, qu’il faut toujours se garder de confondre avec les sept frères Machabées martyrs et leur mère, personnages d’une existence des plus douteuses, et qui, dans tous les cas, forment une famille
tablissement definitif des Romains en Asie, et pour tomber en pre'sencc de ce joug romain, qu’il n'appartenait j»lus à leur faiblesse corn- ; » .
parative de secouer dans un état d’irritation nationale et de desordres intérieurs qui précipitèrent le renversement entier de leur république.
Outre les habitans de la Palestine, une autre partie considérable, et alors non moins agitée du peuple juif, avait été répandue , par des migrations volontaires et par la violence, dans presque tous les climats ; là ils formaient des groupes généraux appelés du nom de dispersions ou nations juives d’Asie, d’Afrique,
entièrement distincte des précédons. « Quel nom donnerons-nous, dit Alhénée dans son Banquet ries Savons, au repas que fit Antiochus, appelé Kpiphancs ou l’illustre, mais bien plus digne d’étre surnommé Épimanes ou le Furieux, si l’on considère ses actions?.. Que de folies ne furent pas exécutées avec les fonds qu’il s'était procurés en F.gypte en dérobant tout ce qui avait été à sa portée, et en trompant, contre toutes les lois de la justice, le roi Ptolémée-Philomelor pendant sa minorité! Ses amis contribuèrent à ses dépenses; mais les dépouilles des temples qu’il avait pillés y furent employées pour la plus grande part. » (Athénée, liv. v, chap. 5.)
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«l’Europe, «les îles, dont Jérusalem était toujours le centre.
Mais la situation intellectuelle et morale des uns et des autres , mais l’origine et la diversité «les écoles , des sectes qui avaient leurs racines au sein du pays ou au dehors; mais la nature des opinions «le ces écoles, leurs espérances, leurs réglemens, et surtout l’insistance de chacune d’elles à se proclamer les interprètes les plus habiles de la loi de Moïse et des prophètes anciens, voilà ce que j’ai «l’essentiel à signaler et ce qui doit le mieux éclairer ces deux hautes questions ;
Si l’œuvre du fils de Marie, tlans scs rapports avec l’état de la Judée contemporaine, représente une création toute nouvelle, tout en dehors du mouvement local, ou le dernier terme «l’un travail déjà très-avancé dans la plupart de ses élémens ;
Si le hasard seul, ou un principe supérieur, a imposé au peuple juif, plutôt qu’à toute autre nation de l’antirjuité, «le donner cette institution à la terre.
bien n’est plus connu que le nom , et n’est moins bien défini, en général, «jue les fontleinens des trois grandes écoles intérieures de la
Palestine : les Pharisiens, les Saduce'ens et l’association Esséniennc. On verra qu’à sa source le schisme prétendu des Samaritains1, qui a pris une part considérable à la formation du judaïsme proprement dit, tenait beaucoup moins à des principes religieux et moraux qu’à des intérêts politiques. Après ceux-là , les thérapeutes établis en Égypte, et les tradilionnaires spéculatifs ou kabalistes, originaires de Babylonc , formaient , comme écoles contemporaines de Jésus-Christ, une seconde classe d’Hébreux, auxquels le nom
* L étymologie du nom des Samaritains et de In ville de Samarie nous est donnée dans le livre i ou in des Rois, suivant qu’on eu sépare ou non les deux livres de Samuel : « La trente-unième année d’Asa, roi de Juda, dit ee livre (qa8 ans avant J.-C., 1 70 ans avant la fondation de Rome, /iO ans environ avant les lois de Lycurgue), Homri commença à régner sur Israël; il habita six ans à Tirtsa; ensuite il acheta, d'nn nommé Schrmer , la colline de Schomévn pour deux talens d’argent ; il bâtit une ville sur cette colline, et il nomma la ville du nom de Schemer, maître de la montagne de Srhoméron. » (xvi, a 4.) Les prophètes se servent toujours de ce dernier mot Schumann, dont les Septante ont fait 'Samareiit, ou Samarie. Les Samaritains s'appellent, par conséquent, dans l’hébreu, Sdmin robin.
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dOrientaux convient spécialement. Enfin,
il y avait une troisième classe appartenant la plupart à la population juive très -étendue iju Alexandre et les Ptolémées avaient attirée de gré ou de force dans Alexandrie; les Juifs hellénistes, qui, dès la fondation «le celte ville, acquirent une haute influence sur son caractère religieux , et continuèrent ainsi le mouvement que la dispersion «les tribus avait suscité jusque dans le cœur de l’Asie. Ces Juifs hellénistes complètent la sérié des écoles qui, réunies dans les points constitutifs de 1 hébraïsme , se rapprochaient, parla variété de leurs formes, des doctrines étrangères principales en vigueur avant les jours de 1ère chrétienne. Une disposition s’ensuivait, «ju on retrouvera plus lard dans la doctrine du Christ, eld après laquelle un certain nombre de portes différentes semblaient s’ouvrir, tant du côté de l’Orient que de 1 Occident, à l’intérêt et à la curiosité des autres peuples.
Mais il est incontestable qu’on ne parviendrait jamais à comprendre la diversité de ces écoles , ni à se mettre sur la voie de ce qui pouvait en résulter «le nouveau , si l’on ne se formait pas d’abord un tableau fidèle
de leurs principes communs et <le toutes les circonstances historiques qui avaient préludé & leur naissance. Le premier objet de ce chapitre consiste donc à déterminer les idées constitutives de la doctrine générale du peuple hébreu, de ses législateurs, de ses prophètes ; les caractères qui en avaient fait une réaction religieuse, morale, politique, contre l’Orient, et les figures dominantes de leur poésie, dont l’école chrétienne aura pour dessein avéré de tourner sans cesse l’application sur la personne et sur les oeuvres de son maître.
Lorsque le père ie^plus ancien do l’hébraïsmc, auquel le fondateur de l’école chrétienne aimera toujours à remonter, lorsque Abraham avait rejeté les divinités astrologiques et les idoles sanglantes adorées dans l’Asie occidentale, pour y substituer le culte d’une puissance infinie, éternelle, qui réunissait en elle seule toutes les lois et toutes les forces du monde qu’on croyait les plus opposées , cette révolution morale ne s’était point renfermée dans l’idée de Dieu ; elle avait embrassé aussi la manière de concevoir la vie humaine et l'avenir le plus éloigné de toutes les familles de la terre.
lks nirs, 6«)
Ce culte , en effet, rendu à une puissance unique, qui , pour mieux se dévoiler au grand nombre , recevait dans l’imagination et dans la langue de scs interprètes toutes les formes extérieures les plus en rapport avec les besoins du temps, commençait par détruire à sa source la fatalité absolue attribuée, dans tout l’Orient, au principe du mal. Une autre base était donnée .à la vraie loi du genre humain. Ce mal, en personne, n’avait pas sur nous un droit de souveraineté invariable; loin d’ètrc attache à notre existence au point d’en faire par nature , selon les dogmes et les expressions de l’Asie, une prison expiatoire, un séjour exclusif de misère, une vallée de douleurs, il ne constituait en définitive qu’un aiguillon destiné, pour notre bien, à nous tenir sans cesse en éveil, qu'un accident, suite passagère de notre ignorance et de nos passions ; et il devait s'effacer un jour, afin de laisser briller la vie de l'homme de tout l’éclat qui lui appartient comme produit direct et comme émanation de la puissance intelligente suprême 1.
* Pour rendre avec le plus de clarté possible celle op- >
position radicale dans la manière d'envisager le prix de la
De plus , après avoir constate la fraternité universelle de la famille humaine dans le passé , en la faisant naître à l’opposé du système des castes répandu chez les autres Orientaux ,
vie humaine, qui éclate entre le monothéisme hébraïque et le polythéisme de l'Asie, entre la simplicité intelligente de la nature biblique et les tendances les plus célèbres du mysticisme oriental, il n’y a qu’à mettre en regard les •* idées et les images qui étaient répandues , d'un côté, par la Genèse, de l’autre, par les Orientaux, suivis des philosophes grecs, au sujet du paradis perdu des temps primitifs, ou de la chute des aines.
Selon l’hypothcsc orientale, une loule de divinités, appelées depuis des anges avaient été entraînées par un esprit d’orgueil et de révolte à des combats avec un ordre de divinités plus élevées, et avaient mérite, après leurs défaites , d’être rejetées et enchaînées dans un monde inférieur. Il en résultait que ce monde inférieur, qui est celui où nous nous trouvons, et que la vie naturelle dont nous sommes animés, formaient, par une loi antérieure à toutes les vertus et à tous les vices humains, une période de captivité et de châtiment à laquelle un des historiens les plus savans des opinions de l'antiquité, Macrobc, consacre la description suivante : « Les hommes qui s'étaicut chargés jadis de répandre parmi les nations le culte et les rites religieux, dit cet écrivain, et après eux les sectateurs de Pythagore et de Platon, assuraient qu’il n’y avait pas d’enfer pire que le corps humain, prison ténébreuse, fétide et sanguinolente,
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d’une seule souche , d'un seul auteur , le même patriarche avaiL développé cette belle pensée d’avenir, qui justifie la célébrité religieuse accordée à son nom, et qui explique
où l'aine est retenue captive, lis donnaient à ce corps les
noms de tombeau de l’aine, de manoir de Pluton et ils
regardaient, en conséquence , l’immersion de l’amc dans l’autre ténébreux du corps humain comme la véritable mort, cl le retour de cette aine au sein des astres, apres qu’elle a brisé scs liens, comme la véritable vie. » ( Commentaires dit Songe de Stipion, chap. x, xi.)
Dans le paradis perdu de la Genèse, au contraire , l’action entière s’accomplit sous l’empire de la pure humanité, en ce sens, que tous les caractères assignés par la puissance suprême à Adam au moment où il vient au jour, et avant que le fait de sa désobéissance et de sa chute 11c soit arrivé , découvrent précisément les conditions les plus vraies, les plus expérimentales de l’homme. C’est avant sa chute , et point du tout comme châtiment , qu’on lui prescrit de s’unir à la femme, de quitter, en sa faveur, san père et sa mère , de ne former avec elle qu’un seul corps (Geo, i.)j c’est avant sa chute, et point du tout comme châtiment, qu’on lui prescrit de croître et de mul- ’ tiplier au physique comme au moral, et que sa grande destinée, au-dessus de laquelle la Genèse me précise rien, consiste à remplir la terre, à l’asstijétir, à eu être lopins bel ornement, Iccltef et le roi, et à y représenter l’image et la ressemblance de Dieu, à cause de la portion de facut-
cc quon a appelé la foi dAbraham et la sainte promesse. D'après lui, toutes les nations de la terre, ramenées tôt ou tard à l’esprit de leur égalité de naissance, se verraient unies dans une félicité parfaite et comme en un meme banquet, à la faveur des principes naturels d intelligence et de droiture qu'il
lès créatrices et ordonnatrices ijui lui ont été accordées. En conséquence, notre terre, empire de I honunc, ne se voit nullement condamnée, dans cette seconde hypothèse, S être de sa nature une vallée de misère, ni la vie réelle à passer pour un fardeau. Ces qualifications ne leur ont été méritées que par un cas presque fortuit, par la précipitation excessive d'Adam à s'emparer du fruit de l'arbre de la science, qui était le plus tardif à mûrir, ou lorsque son propre sein se trouvait encore incapable d’en supporter l'activité dangereuse. Mais si les passions violentes, l’ignorance, la douleur, la discorde, ont pris occasion de là pour se répandre sur la terre, et ont nécessité l'intervention perpétuelle des puissances intelligentes, des hommes doués du véritable esprit, les révolutions que ces hommes étaient chargés d’accomplir devaient toujours avoir pour but, selon cette dernière hypothèse, d’expier et de corriger les effets de la chute et de l'aveuglement accidentels, mais sans porter jamais aucune atteinte à la dignité intime du monde présent , ni aux caractères naturels que Dieu lui-ménir a attachés dès le principe au nom <•( au souffle de l'honnuc.