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nionnoie de la valeur d'un liard. Jésus ayant appelé ses disciples , leur dit : « Je vous dis, a en vérité , que cette veuve , toute pauvre « quelle est, a plus donné que tous ceux qui c< ont mis dans le trésor : car tous ont donné ce de leur superflu; mais celle-ci, du peu tc qu'elle a , a donné tout ce qu'elle a voit, tout « ce qui lui restoit pour vivre. »
Jésus étoit sorti du temple, et s'en alloit. lorsque ses disciples s'approchèrent de lui pour lui en faire admirer les bâtimens. « Je «vous le dis, en vérité, leur répondit-il, de ce tout ce que vous voyez là , un temps viendr i <c qu'il ne restera pas pierre sur pierre : touteà ce seront renversées. » Etant allé s'asseoir sur la montagne des Olives, vis-à-vis le temple, Pierre et Jacques , Jean et André lui dirent : « Maître, dites-nous quand ceci arrivera, et « quel signe il y aura que toutes ces chose» « seront prêtes à être accomplies? Quel sera le « signe de votre venue et de la consommation ce des siècles?
ce — Quand vous entendrez parler de guerres et de révoltes, leur dit Jésus, ne vous al-ar-
c< mez pas : il faut que ces choses arrivent au- « paravant ; mais ce ne s; ra pas encore sitôt « la fin. Les nations s'élèveront contre les « nations , et les royaumes contre les royau- « mes ; il y aura de tous côtés de grands trem- « blemens de terre, des pestes et des famines , « et il paroîtra au ciel des phénomènes terri- « blés et de grands prodiges. Toutes ces choses, « au reste , ne seront que le commencement « des douleurs. Mais, avant tout cela, on se « saisira de vous , on vous persécutera , vous « livrant aux synagogues et vous emprisona nant. Prenez donc garde à vous-mêmes ; car « on vous livrera aux tribunaux et on vous « chargera de coups dans les synagogues , et « vous paroi trez , à cause de mon nom , devant « les gouverneurs et les rois : et cela vous ar- « rivera, afin que vous me serviez de témoins « auprès d'eux. Souvenez-vous de ne point « chercher ce que vous aurez à répondre ; « dites ce qui vous sera suggéré sur-le-champ. a Je vous donnerai des paroles et une sagesse « à laquelle tous vos ennemis ne pourront «résister ni rien opposer; car ce n'est pas
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te vous qui parlez , mais le Saint - Esprit.
ce Vous serez livrés aux magistrats par vos « pères et vos mères , par vos frères , par vos « parens et par vos amis, et ils feront mourir «quelques-uns d'entre vous. Oui, alors le « frère livrera son frère à la mort , et le père « son fils ; les enfans se soulèveront contre « leur père et contre leur mère , et les feront « mourir ; et vous serez enchaîné à tout le « monde à cause de mon nom. Il paroîtra « beaucoup de faux prophètes qui séduiront a beaucoup de monde ; et, parce que l'iniquité <c sera très-grande, la charité de plusieurs se « refroidira. Mais celui qui aura persévéré c< jusqu'à la fin , celui-là sera sauvé.
« Quand vous verrez investir Jérusalem a par une armée , sachez qu'elle est près de sa « ruine. Quand donc vous verrez que l'abo- « mination de la désolation, dont a parlé le «prophète Daniel, sera dans le lieu saint, a qu'alors ceux qui sont dans la Judée s' ence fuient aux montagnes , que ceux qui sont «dans le milieu du pays s'en éloignent, et a que ceux qui sont aux environs n'y entrent
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«point. Malheur aux femmes qui se trouve^ « ront enceintes, et à celles qui auront des ce enfans à la mamelle , en ce temps-là î Car le « pays sera dans une grande oppression , et ce ce peuple sera l'objet dune grande colère, « On les passera au fil de l'épée , et on les ce mènera en esclavage parmi tous les peuples, ce Jérusalem sera foulée aux pieds par les na~ ce tions, jusqu'à ce que le temps des nations « soit venu. »
Passant ensuite aux signes qui annonce-» ront la fin du monde , Jésus poursuivit en ces termes : ce Il y aura des phénomènes prodi- « gieux dans le soleil , dans la lune et dans <c les étoiles ; et sur la terre , les nations seront « consternées par le trouble que causera le ce bruit de la mer et des flots. Les hommes ce sécheront de crainte dans l'attente de ce ce qui doit arriver à tout l'univers. Le soleil ce s'obscurcira , la lune n'éclairera point, les « étoiles tomberont du ciel , et les vertus céce lestes seront ébranlées. Alors le signe du ce fils de l'homme paroîtra dans le ciel ; alors çt toutes les nations de la terre feront éclater
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ce leur douleur, et elles verront venir le fils « de Fhomme sur les nues avec une grande « puissance et dans une grande majesté. Au a même temps, il enverra ses Anges avec la « trompette et une voix éclatante, et ils ras- « sembleront ses élus des quatre côtés de la « terre, depuis un bout du ciel jusqu'à l'autre. « Quant au jour ou à l'heure où ces événe- « mens arriveront, qui que ce soit, excepté « le Père , ni les Anges qui sont dans le Ciel , « ni le Fils même, n'en ont connoissance.
« Mais quand le fils de l'homme viendra « dans l'éclat de sa majesté, et tous les Anges <x avec lui , alors il s'asseoira sur le trône de « sa majesté. Toutes les nations se rassem- « bleront devant lui, et il séparera les uns « d'avec les autres, comme un berger sépare « les brebis d'avec les boucs. H placera les « brebis à sa droite et les boucs à sa gauche. « Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa « droite : \enez , vous qui êtes bénis de mon <c Père , possédez le royaume qui vous a été « préparé dès la création du monde : car j'ai « eu faim, et vous m'avez donné à manger:
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vt j'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire ; « j'étois étranger, et vous m'avez logé; j'étois « nu , et vous m'avez vêtu ; j'étois malade , « et vous m'avez visité; j'étois en prison, et « vous m'y êtes venu voir. Les justes lui ré- « pondront alors : Seigneur, quand. est-ce « que nous vous avons vu avoir faim , que « nous vous avons donné à manger, ou avoir « soif, et que nous vous avons donné à boire? «Quand est-ce que nous vous avons vu ce étranger, et que nous vous avons logé, ou « nu et que nous vous avons vêtu? Et quand ce tst-ce que nous vous avons vu malade ou « en prison , et que nous vous avons été voir? «c Le Roi leur répondra : Je vous le dis en « vérité , toutes les fois que vous avez fait ces « choses à l'un des plus petits de mes frères te que voilà , vous me les avez faites à moi- « même.
« En même temps , il dira à ceux qui seront a à sa gauche : Retirez-vous de moi, maudits; ^ allez dans le feu éternel qui a été préparé « pour le diable et pour ses anges. Car j'ai eu
faim, et vous ne m'avez point donné à
«c manger; j'ai eu soif, et vous ne m'avez point « donné à boire; j étois étranger, et vous ne «m'avez point logé; j'étois nu, et vous ne « m'avez point vêtu ; j'étois malade et en priée son, et vous ne m'avez point visité. Ils lui « diront aussi , à leur tour : Seigneur, quand « est-ce que nous vous avons vu avoir faim « ou soif, ou étranger, ou nu , ou malade, ce ou en prison , et que nous ne vous avons « point assisté? Alors il leur répondra : Je ce vous le dis en vérité , toutts les fois que ce vous avez manqué de faire ces choses au ce moindre de ces petits que voilà , vous avez ce manqué de me les faire à moi-même Et ce ceux-ci iront dans les supplices éternels, et ce les justes à la vie éternelle. »
Ce fut là la dernière prophétie que fit Jésus en présence du peuple , et la dernière instruction qu'il lui donna. Après s'être acquitté pleinement de l'office de docteur, il ne s'occupa plus, en se disposant à la mort, qu'à consommer celui de rédempteur.
La fête des Azymes , appelée la Pâque , étoit proche. On devoit la célébrer à deux jours de
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là. Alors les princes des prêtres et les anciens s'assemblèrent dans la salle du grand-prêtre , nomme Caïphe,et ils délibérèrent d'arrêter Je'sus par surprise , et de le faire mourir ; mais ils craignoient le peuple, et ils ne vouloienfc point que ce fut durant la fête , de peur d'une émeute. Cependant Satan entra dans Judas, surnommé l'Iscariote , l'un des douze, qui s'en alla aussitôt conférer avec les princes des prêtres et les magistrats , des moyens de leur livrer Jésus. Il leur dit : « Que voulez -vous a me donner, et je vous le livrerai. » Ils eu» rent beaucoup de joie de ce qu'il leur dit , et ils s'engagèrent à lui payer 5o pièces d'argent. Judas s'engagea de son côté ; et , depuis ce moment-là , il cherchoit l'occasion de le livrer sans que le peuple fît du bruit.
Le premier jour des Azymes , Jésus envoya deux de ses disciples , Pierre et Jean , pour préparer la Pâque. ce Allez à la ville , leur ditce il; dès que vous y entrerez , vous rencon- « trerez un homme portant une cruche d'eau, a Suivez-le dans la maison ou il entrerait & vous direz au père de famille de cette mai-
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a son : Yoici ce que dit le maître : Mon temps a approche; je fais la Pâque chez vous avec; ce mes disciples. Oii est le lieu ou je puisse la ac manger avec eux? Et il vous montrera une « grande salle toute meublée. Faites-nous là « les préparatifs. )> Ses disciples s'en allèrent à la ville, et y étant arrivés , ils trouvèrent les choses selon qu'il leur avoit dit , et ils firent les préparatifs de la Pàque. Or, sur le soir, Jésus vint là avec ses douze. Quand il fut temps , il se mit à table, et les douze Apôtres avec lui , et il leur dit : ce J'avois un grand * désir de manger cette pâque avec vous avant « que de souffrir. Car je vous le dis, je ne la « mangerai plus quelle n'ait son accomplisce sèment dans le royaume de Dieu. » Ensuite prenant la coupe, il fit des actions de grâces et dit : « Prenez-la et la distribuez entre vous ; et car je vous dis que je ne boirai plus du c< fruit de la vigne, jusqu'à ce que vienne le e royaume de Dieu. )>
Jésus sachant que son temps étoit venu peur passer de ce monde à son Père , comme il avoit aimé les siens qui étoient dans le
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monde , il les aima jusqu'à la fin ; et après le souper, il se leva de !able , quitta ses vêtemens et prit un linge dont il se ceignit ; il versa de l'eau dans un bassin et commença à laver les pieds de ses disciples, qu'il essuya avec le linsfe. Il vint donc à Simon -Pierre ; mais Pierre lui dit : « Quoi ! Seigneur, vous a me laverez les pieds? » Jésus lui répondit: « Ce que je fais , vous ne le comprenez pas à a présent ; mais vous le comprendrez dans la « suite. — Vous ne me laverez jimais les « pieds , lui dit Pierre. — Si je ne vous lave, « re'pondit Jésus , vous n'aurez point de part « avec moi. — Seigneur, lui dit Simon-Pierre, « lavez-moi non-seulement les pieds , mais « les maius et la tête. » Jésus lui dit : « Celui <c qui a été lavé n'a besoin que de se laver les « pieds , et il est entièrement net. Aussi êtes- <c vous nets , mais non pas tous. » Car il sa voit bien qui étoit celui qui devoit le livrer. C'est pour cela qu'il dit : « Vous n'êtes pas tous « nets. » xlprès donc qu'il eut lavé les pieds et qu'il eut repris ses vêtemens, il se remit à table et leur dit : « Comprenez- vous bien
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« ce que je viens de vous faire? En me par- « lant , vous dites : Maître et Seigneur, et vous « dites bien , car je le suis. Si donc je vous ai «lave' les pieds, moi qui suis votre Seigneur ce et votre maître, vous devez aussi vous lace ver les pieds les uns aux autres ; car je vous « ai donné l'exemple , afin que vous fassiez « vous-mêmes aux autres ce que je vous ai « fait. En ve'rité, en vérité , je vous le dis : le « serviteur n'est pas plus grand que son maî- « tre, ni l'envoyé plus grand que celui qui «l'envoie. Si vous comprenez ceci, vous se- « rez heureux en le faisant. »
Le souper duroit encore , lorsque Jésus prit du pain, rendit des actions de grâces, le bénit, le rompit et le donna à ses disciples , en disant : « Prenez et mangez ; ceci est mon « corps qui est donné pour vous : faites ceci « en mémoire de moi. » Il prit de même la coupe , après avoir soupe , et il rendit des actions de grâces et la leur donna, disant : « Bu- « vez-en tous , car ceci est mon sang , le sang « de la nouvelle alliance ; qui sera répandu « pour vous et pour plusieurs , pour la ré-
« mission des péchés. » Et ils en burent tous. « Or, je vous le dis , ajouta Jésus , je ne boirai «point, désormais, de ce fruit de la vigne, « jusqu'à ce jour auquel je le boirai de nou- « veau avec vous dans le royaume de mon « Père. Cependant voilà que celui qui doit me « livrer mange avec moi à cette table. » Et en disant cela, Jésus se troubla. Puis il ajouta : « En vérité, en vérité , je vous le dis , que l'un « de vous, qui mange avec moi, me livrera. » Sur cela , les disciples se regardoient l'un l'autre, ne sachant de qui il parloit ; et fort affligés , ils se mirent à lui dire : « Est-ce moi , « Seigneur? » Mais il répondit : « C'est un « des douze , et qui met la main au plat avec « moi. » Judas dit à son tour : « Maître, estce ce moi? — Yous l'avez dit , » reprit Jésus. Simon -Pierre s'étant penché sur le sein de Jésus : ce Qui est-ce , Seigneur? lui dit- il. — ■ « C'est celui , répondit Jésus r à qui je vais « présenter du pain trempé. » Et il en donna en effet à Judas l'Iscariote , fils de Simon. Dès que Judas eut pris le morceau , Satan s'empara de lui. Jésus lui dit : « Ce que vous faites^
ce faites-îe au plutôt. » Dès que Judas eut pris le morceau, il sortit. Il étoit nuit alors. Quand Judas fut sorti , Jésus dit : ce C'est à présent « que le Fils de l'homme est glorifié , et que ce Dieu est glorifié par lui. Si Dieu est glorifié ce par lui , Dieu le glorifiera aussi par soi- « même; et il va le glorifier. » Et après qu'on eut dit le cantique , ils s'en allèrent au mont d'Olivet. Là, il dit à ses disciples : a C'est vous « qui êtes demeurés constamment avec moi « dans les épreuves que j'ai eues. Aussi je « vous prépare le royaume, comme mon Père te me l'a préparé , afin que vous mangiez et « que vous buviez à ma table dans mon ce royaume , et qu'assis sur des trônes , vous ce jugiez les douze tribus d'Israël. Je suis ence core avec vous pour un peu de temps. Yous « me chercherez ; et de même que j'ai dit aux « Juifs : Yous ne pouvez venir où je vas , je « vous le dis aussi à vous-mêmes. Mais, en « vous quittant , je vous fais un commandece ment nouveau : c'est que vous vous aimiez ce les uns les autres, et que vous vous aimiez ce comme je vous ai aimés. La marque à quoi
« tout le monde connoîtra que vous êtes mes
«disciples, c'est si vous vous entr'aimez. »
Puis il ajouta : « Je vous serai à tous, cette
« nuit, une occasion de scandale. Car il est
« écrit : Je frapperai le pasteur, et les brebis
« du troupeau se disperseront. Mais lorsque
« je serai ressuscité , je me rendrai avant vous
« en Galilée- » Pierre, prenant la parole, lui
dit : « Quand tous se scanda] iseroient à votre
« sujet, pour moi, je ne me scandaliserai ja-
« mais ; je suis prêt a aller avec vous en pri-
« son et à la mort. Oui, je mourrai pour vous.
« — Vous mourrez pour moi? lui répondit
« Jésus. En vérité , en vérité , je vous le dis ,
« Pierre, le coq ne chantera point aujourd'hui
« que vous n'ayez nié trois fois que vous me
« connoissc z.\ ous-même, dis-je, aujourd'hui,
« cette nuit, avant que le coq ait chanté deux
« fois, vous me renoncerez trois fois. «Pierre
insistoit encore davantage : a Quand même il
«. me faudroit mourir avec vous , je ne vous
« renoncerai point. » Tous les disciples en
dirent autant.
Jésus continua d'entretenir ses disciples»
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Il les rassura et les consola. Il leur promit l'esprit de vérité , les exhorta à persévérer dans la charité. Mais il ne leur dissimula point ce qu'ils auroient à souffrir pour lui ; et après leur avoir annoncé que la joie succéderont à la douleur, il pria son Père pour luimême et pour ses disciples.
Après ce discours , il vint avec eux dans le lieu qu'on appeloit Gettesemani , où étoit un jardin oii ils entrèrent tous. Judas , qui le livroit j savoit aussi le lieu, parce que Jésus et ses disciplts s'y étoient souvent assemblés. Jésus leur dit alors : « Demeurez ici pendant « que je m'en irai prier là. Priez aussi afin « que vous n'entriez point en tentation. » Ensuite ? laissant les autres, il prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il commença à craindre et à être rempli de tristesse, « Mon ce âme, leur dit-il, est triste jusqu'à la mort, ce Attendez ici et veillez avec moi. » Et s'étant un peu avancé, il s'écarta d'eux à la distance d'un jet de pierre , et s'étant mis à genoux , il fit cette prière : ce Mon père, détournez s'il ce vous plaît de moi ce calice. Néanmoins que
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*c ma volonté ne se fasse point , mais la vôtre ; » et étant réduit comme à l'agonie , il continuoit de plus en plus à prier : « Mon père , disoit-il , « tout vous est posssible ; détournez de moi « ce calice. Qu'il en soit, néanmoins , non ce « que je veux , mais ce que vous voulez ; » et il eut une sueur comme de gouttes de sang coulant jusqu'à terre. Il lui apparut alors un ange du Ciel qui vint le fortifier ; puis s'étant levé , il alla à ses disciples et les trouva qui s'étoient endormis de tristesse. Il dit à Pierre : « Simon , vous dormez ? vous n'avez pu veiller « une heure avec moi ? Yeillez et priez afin ce que vous n'entriez point en tentation. L'es- « prit est prompt , mais la chair est foible. » Il se retira pour la seconde fois , lit la même prière , retourna à ses disciples qui étoient enco» e endormis et qui ne surent que lui répondre. Il les laissa , s'en alla encore , et pour la troisième fois fit la même prière. Il revint de nouveau à ses disciples , et leur dit : « Dor- « mez à présent et reposez. Yoici l'heure ve~ « nue, et le Fils de l'homme sera livré entre « les mains des pécheurs. Levez-vous , allons;
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a voici qu'approche celui qui me livrera. » Comme il parloit encore , voici une troupe de gens y et devant eux l'un des douze , nommé Judas , qui ayant pris une cohorte et des gens de chez les grands-prêtres et les pharisiens , vint là avec des lanternes et des flambeaux , des armes et des bâtons. Le traître a voit donné un signal , en disant : « Celui que je baiserai , <c c'est lui-même ; arrêtez-le , et emmenez-le « avec précaution. » Dès qu'il fut arrivé , s'avançant vers Jésus, « maître, lui dit-il, je « vous salue, et il le baisa. Mon ami, lui dit a Jésus, à quel dessein êtes-vous venu? Quoi ! <c Judas , avec un baiser , vous livrez le Fils « de l'homme ! » Et sachant ce qui de voit lui arriver , il s'avança vers sa troupe et leur demanda : a Qui cherchez-vous ? Jésus de Naza- « reth , répondirent -ils. C'est moi, reprit « Jésus. » A ces mots , ils reculèrent et tombèrent à terre, a Qui cherchez-vous , demanda « de nouveau le Sauveur , Jésus de Nazareth , ce répétèrenî-ils. Je vous ai déjà dit que c'est « moi , répondit Jésus. Puis donc que c'est a moi que vous cherchez , laissez aller ceux-
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« ci, » ajouta-t-il en montrant ses disciples. Alors ils se jettèrent sur lui et l'arrêtèrent.
Ceux: qui étaient au'our de lui , voyant ce qui devoit arriver , lui dirent . « Seigneur ? « frapperons- nous de l'épée? » Sur cela , Simon-Pierre , qui en avoit une , la tira et frappant le serviteur du grand-prêtre, lui coupa l'oreille droite. Ce serviteur s'appeloit Malchus. Mais Jésus lui dit : « Tenez -vous en là. » Et ayant touché l'oreille de Malchus ? il la guérit. Puis il dit à Pierre : « Remettez votre épée « dans le fourreau ; car tous ceux qui se serce viront de l'épée , périront par l'épée. Quoi ! « ne boirai- je point le calice que mon père «m'a donné? Pensez- vous que je ne puisse « pas prier mon père , et qu'il ne me donnece roit pas aussitôt plus de douze légions « d'Anges? Comment donc s'accomplira ce « que disent les Ecritures : qu'il faut que les « choses se fassent de la sorte? »
Alors tous les disciples l'abandonnèrent et s'enfuirent. La cohorte et son commandant , avec les officiers des juifs se saisirent de Jésus et le lièrent. Ils le menèrent d'abord chez
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Anne , beau-père de Caïphe , qui ëtoit grandprêtre cette année-là. Cejt ce Caïphe qui avoit fait entendre aux juifs qu'il e'toit expédient qu'un homme mourût pour la nation. Anne lui envoya Jésus comme il étoit. Ils le conduisirent donc chez Caïphe le grandprêtre, chez qui tous les prêtres , les scribes et les anciens s'étoient assemblés. Simon- Pierre , honteux de sa fuite et de sa frayeur , suivoit Jésus de loin avec un autre disciple. Celui-ci qui étoit connu du grand -prêtre, entra dans la cour de la maison avec Jésus , et voyant que Pierre étoit resté dehors à la porte , le fit entrer avec lui. Les domestiques et les officiers étoient là auprès du feu, (car il faisoit froid) , et ils se chauffoient, ayant allumé du feu au milieu de la cour. Pierre étant entré , s'asait avec les officiers , pour voir à quoi cela se termineroit.
Le grand-prêtre interrogea donc Jésus sur ses disciples et sur ^a doctrine. Jésus lui répondit : « J'ai parlé au monde ouvertement : a j'ai toujours enseigné dans la synagogue et a dans le temple où s'assemblent tous les
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« Juifs, et je n'ai rien dit en cachette. Pource quoi m'interrogez -vous? Interrogez ceux « qui m'ont entendu sur ce que je leur ai dit. ce Voici des gens qui savent les choses que ce j'ai dites. » A cette réponse, un des officiers, qui e'toit à côté de Jésus , lui donna un soufflet, en disant : ce Est-ce ainsi que vous rc- « pondez au grand - prêtre ? » Jésus lui répartit : «Si j'ai mal parlé, prouvez-le. Mais ce si j'ai bien parlé , pourquoi me frappezcevous?» Les princes des prêtres et toute l'assemblée cherchèrent quelque faux témoignage contre Jésus pour le faire mourir, mais ils n'en trouvèrent pas, quoiqu'on eût fait approcher beaucoup de faux témoins dont les dépositions ne saccordoient point. Enfin il en vint deux qui dirent : ce Nous lui avons ce ouï dire : Je peux détruire le temple de ce Dieu, et le rebâtir dans trois jours. Je déce truirai ce temple qui a été fait de main ce d'homme , et dans l'espace de treis jours,. ce j'en rebâtirai un autre qui ne sera point ce fait de main d homme, » Mais ils ne convenoient point dans leur témoignage. Sur ceia.
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le grand-prêtre , se levant au milieu de l'assemblée , interrogea Jésus et lui dit : ce Tous ce ne répondez point à ce que ces gens-là décc posent contre vous?)) Mais Jésus gardoit le silence, et il ne répondit rien. Le grand-prêtre l'interrogea de nouveau et lui dit : ce De la « part du Dieu vivant, je vous conjure de ce nous dire si vous êtes le Christ, le Fils de « Dieu éternellement béni. — Yous l'avez dit, « répondit Jésus, oui, je le suis. Et moi , je ce vous dis de plus : désormais, vous verrez ce le Fils de l'homme assis à la droite de Dieu ce tout-puissant , venir sur les nues du ciel. » Alors le grand-prêtre, déchirant ses vêtemens, die : ce II a blasphémé ; qu'avons-nous besoin ce de témoins? Yous venez d'entendre le blasce phême ; que vous en semble?» Et tous répondirent : ce II est digne de mort. » Quelce aups-uns se mirent à lui cracher au visa se. Ceux qui le tenoient le traitaient avec dérision et Je frappoient. Ils lui bandèrent les yeux , et lui donnant des coups sur le visage , ils lui ciisoienl : ce Christ, prophétise -nous ce qui est celui qui t'a frappé. » Et blasphé-
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mant , ils disoient encore plusieurs autres paroles contre lui.
En ce moment , Pierre étoit assis en bas dans la cour, où il se chauffoit. Une servante du grand-prêtre vint là ? et voyant Pierre qui se chauffoit , elle dit , après l'avoir regardé : <c Vous aussi , vous étiez avec Jésus de Na- « zareth. » Mais il le nia devant tout le monde, disant : « Femme , je ne le connois point. Je « ne sais ce que vous voulez dire. » Et il se retira dans le vestibule , et le coq chanta. Mais , comme il sortoit de la porte , une autre servante l'aperçut et dit à ceux qui étoient présens : « Cet homme-là aussi étoit avec Jésus de Nazareth. » Et peu de temps après , un autre , le voyant, dit : « Vous êtes aussi de <t ces gens-là. » Us lui dirent donc : « N'êtes- « vous pas aussi de ses disciples? » Il nia une seconde fois avec serment : « Je ne suis pas « ce que vous dites ; je ne connois point cet et homme-là. » Environ une heure après, un des domestiques du grand-prêtre, parenî de celui à qui Pierre avoit coupé l'oreille , lui dit : « Ne vous ai-je pas vu avec lui dans le
ce jardin? » Un autre disoit affirmativement : ce Celui-ci sans doute étoit aussi avec lui ; car « il est Galiléen. » Ceux qui étoient dans la cour s'approchèrent et dirent à Pierre la même chose. Pierre se mit alors à faire des imprécations et à dire avec serment : « Je ne con- « nois point cet homme-là que vous dites. » Comme il parloit encore , le coq chanta pour la seconde fois. Le Seigneur s'étant retourné, regarda Pierre, et Pierre se ressouvint de la parole que Jésus lui avoit dite: «Avant que le coq k chante deux fois , vous me renoncerez trois ce fois, w Et étant sorti , il pleura amèrement.
Dès qu'il fit jour, les anciens du peuple, les princes des prêtres et les scribes s'assemblèrent contre Jésus pour le faire mourir, ce Si vous êtes le Christ, lui dirent-ils, ditesce le-nous. — Si je vous le dis , répondit Jésus, « vous ne -me croirez pas. Si je vous interroge c< à mon tour, vous ne me répondrez point, ce ni vous ne me laisserez point aller. Le Fils ce de l'homme, au reste, sera désormais assis <e à la droite de Dieu tout-puissant. — Vous ce êtes donc le Fils de Dieu? lui dirent-ils
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ce tous. -*- Vous le dites , répondit-il \ oui , je «le suis. — Qu'avons-nous besoin d'autre « témoignage , dirent-ils entre eux , puisque « nous l'avons entendu lui-même de sa boute che? » Toute l'assemblée s'étant levée, ils emmenèrent Jésus lié et le remirent entre les mains du gouverneur Ponce Pilate.
Judas , voyant que Jésus étoit déjà condamné , poussé par son repentir, reporta les trente pièces d'argent aux princes des prêtres et aux anciens. <c J'ai péché , dit-il, en livrant « le sang du juste. — Que nous importe! lui « dirent-ils ; c'est à vous de voir. » Judas , jetant l'argent dans le temple , sortit et alla se pendre. Le malheureux étant suspendu, creva par le milieu du ventre , et toutes ses entrailles se répandirent. Les princes des prêtres ayant ramassé les pièces d'argent , dirent : « Il ne nous est pas permis de les « mettre au trésor ; car c'est le prix du sang. » Et après avoir tenu conseil, ils en achetèrent le champ d'un potier , pour la sépulture des étrangers. C'est pour cela qu'on appela ce champ le champ du sang,
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Cependant on mena Jésus de chez Caïphe au Prétoire ; mais ils n'entrèrent point dans le Prétoire , de crainte de se souiller, et afin de manger la pâque. Pilate vint à eux dehors , et leur dit : ce De quoi accusez-vous cet « homme? — Si ce n'étoit pas un malfaiteur, c< répondirent-ils , nous ne vous l'aurions pas « livré. » Pilate leur dit : « Donc , prenez -le « vous-mêmes, et jugez-le selon votre loi. » Mais les Juifs lui dirent : « Il ne nous est pas « permis de faire mourir personne. » Ils commencèrent néanmoins à accuser Jésus. « Nous «avons trouvé cet homme, dirent-ils, qui « pervertissoit notre nation , qui défendoit « de payer le tribut à César, et qui se donnoit « le nom de Christ et de Roi. » Pilate, rentrant dans le Prétoire, appela Jésus et l'interrogea en ces termes : « Etes -vous le Roi « des Juifs? » Jésus répondit : « Dites -vous « cela de vous-même, ou si d'autres vous ont « fait ce rapport de moi? — Est-ce que je suis « Juif? répliqua Pilate. C'est votre nation et a les grands-prêtres qui vous ont mis entre r. mes mains.. Qu'avez -vous fait? — Mon
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« royaume n'est pas de ce monde , répondit « Jésus. Si mon royaume étoit de ce monde , « mes sujets ne manqueroient pas de coince battre pour que je ne fusse point livré aux «Juifs. Mais mon royaume n'est pas d'ici. « — Vous êtes donc Roi? dit Pilate. — Vous « le dites , que je suis Roi. C'est pour rendre « témoignage à la vérité , que je suis né et ce venu au monde. Quiconque aime la vérité , « écoute ma voix. — Qu'est-ce que la vérité? » demanda Pilate. Et dès qu'il eut dit cela, il revint aux Juifs , aux princes des prêtres et au peuple , et leur dit : « Je ne trouve en lui « aucun sujet de condamnation. » Quoique Jésus fût accusé sur plusieurs chefs par les princes des prêtres et par les anciens y il ne fit aucune réponse. Pilate l'interrogea une seconde fois. « N'entendez-vous pas de comte bien de crimes ils vous chargent ? Vous ne « répondez rien. Voyez sur combien de chefs k ils vous accusent! » Mais Jésus ne répondit plus, et le gouverneur en étoit tout surpris. Les ennemis du Sauveur se mire ut alors à crier plus fort : «Il soulève le peuple , semant
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« sa doctrine par toute la Judée , depuis la a Galilée jusqu'ici. »Pilate, entendant parler de la Galilée, demanda si Jésus étoit Galiléen ; et quand il sut qu'il étoit de la juridiction d'Kérode , qui étoit pour lors à Jérusalem , il le renvoya devant lui.
Hérode, en le voyant , en eut beaucoup de joie, car, depuis long-temps, il souhaitoit de le voir, parce qu'il avoit fort entendu parler de lui , et qu'il espéroit de lui voir faire un miracle. Il lui fil donc plusieurs questions; mais Jésus ne lui faisoit aucune réponse. Cependant les princes des prêtres et les scribes persi-toient opiniâtrement à l'accuser. Hérode et toute sa cour ne lui témoignèrent que mépris. On le revêtit , par moquerie , d'une robe blanche , et on le renvoya à Pilate. Celui-ci ayant assemblé les princes des prêtres , les magistrats et le peuple , leur dit : « Vous « m'avez présenté cet homme comme soule- « vant le peuple , et vous voyez que je l'ai ce interrogé en votre présence, sans trouver « en lui aucun sujet de condamnation sur les « choses dont vous l'accusez. Hérode n'y en
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ce a point trouvé non plus ; car je vous ai rente voyé à lui. Cependant on ne lui a rien fait « qui marque qu'on l'ait jugé digne de mort. « Je le laisserai donc aller, après l'avoir fait « châtier. »
C'étoit la coutume qu'au jour solennel , le gouverneur accordât au peuple la liberté d'un prisonnier, quelque fût celui qu'on lui demandât. Il y en avoit alors un fameux qu'on appeloit Barrabas. C'étoit un voleur, qui avoit été mis en prison pour avoir excité une sédition dans la. ville, et pour y avoir commis un meurtre. Le peuple étant monté au Prétoire , commença à demander ce que Pilate lui accordoit toujours. « Lequel voulez -vous , <c demanda le gouverneur, que je vous délivre, a de Barrabas ou de Jésus , qui est appelé « Christ? » Car il savoit bien que c'étoit par envie que les princes des prêtres le lui avoient livré. Pendant qu'il étoit sur son tribunal , sa femme lui envoya dire : a Ne vous mêlez point « de ce qui regarde cet homme juste; car j'ai « beaucoup souffert à son sujet dans un songe a que j'ai eu. » Mais les princes des prêtres
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et les anciens échauffèrent le peuple et lui persuadèrent de demander Barrabas, et de faire périr Jésus. Pilate, qui vouloit le sauver, dit aux Juifs , pour la seconde fois : « Que « voulez-vous donc que je fasse au Roi des k Juifs , à Jésus dit le Christ? » Ils se mirent à crier tous en disant : « Crucifiez-le , crucifiez- « le. — Mais quel mal a-t-il fait? reprit Pilate ; « je ne trouve rien en lui qui mérite la mort. « Je le vais donc faire châtier , et puis je le « renverrai.» Mais ils insistaient, demandant à grands cris qu'il fût crucifié ; et ils redoubloient leurs clameurs , en disant : ce Cruci- « fiez-le , qu'il soit crucifié : »
Pilate , voyant que tout étoit inutile , et que même le tumulte alloit en augmentant, se fit apporter de l'eau , et se lavant les mains devant le peuple , il leur dit : « Je suis net du ce sang de cet homme juste. Pour vous, pence sez-y bien. » Mais tout le peuple répondit : « Que son sang soit sur nous et sur nos ence fans ! » Pilate délivra donc Barrabas , pour contenter le peuple , et fit flageller Jésus. Les soldats l'emmenèrent dans la cour du Pré-
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toire, rassemblèrent autour de lui la cohorte entière , et , après l'avoir dépouillé , ils le couvrirent d'un manteau de pourpre. Puis, entrelaçant des épines, ils en firent une couronne qu'ils lui mirent sur la tête ; ils lui mirent aussi un roseau à la main droite ; ensuite, s'approchant et fléchissant le genou devant lui, ils lui disoient par dérision : « Roi des «Juifs, je vous salue. » Ils lui crachoient aussi au visage , et prenant le roseau , ils l'en frappoient sur la tête, et ils lui donnoient des soufflets.
Pilate sortit de nouveau , et dit aux Juifs : « Voilà que je vous l'amène dehors , afin que « vous sachiez que je ne trouve on lui aucun « sujet de condamnation. » Jésus sortit donc , portant une couronne d'épines et un manteau de pourpre; et Pilate leur dit : « Yoilà « l'homme. » Les princes des prêtres et leurs ministres s'écrièrent , en le vovant : aCruci-
« fiez-le, crucifiez-le Prenez-le vous-mêmes
« et crucifiez-le, répondit Pifate; car, pour «moi, je ne trouve point en lui de quoi le « condamner. — Nous avons une loi , dirent
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« les Juifs ; et selon cette loi , il mérite la ce mort, parce qu'il s'est fait passer pour le a Fils de Dieu. » Pilate , entendant ce discours, sentit redoubler ses craintes, et rentrant dans le Prétoire, il demanda à Jésus: ce D'où êtes -tous? » Jésus ne répondit rien. a ^S ous ne me dites mot , reprit Pilate. Ne ce savez-vous pas que j'ai le pouvoir de vous « crucifier, et que j'ai le pouvoir de vous reft lâcher? — Vous ne pourriez rien contre ce moi , répondit Jésus, s'il ne vous avoit été ce donné d! en-haut. C'est pour cela que celui « qui m'a livré à vous est plus criminel. » Dès-lors Pilate chercha à le délivrer. Mais les Juifs se mirent à crier : ce Si vous le relâ- « chez , vous n'êtes pas ami de César; car quicc conque se donne pour Roi , se déclare contre « César. » A ce discours, Pilate amena Jésus dehors, et s'assit sur son tribunal. C'étoit le jour de la préparation de la Pâque, sur la sixième heure du jour. Pilate dit aux Juifs : ce \ oilà votre Roi.» Mais ils s'écrièrent: ce Chezce le , ôtez-le: crucifiez-le. — Crucifierai- je ce votre Roi? leur dit Pilate. — ISous n'avons
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« point d'autre Roi que César, » répondirent les princes des prêtres. Alors il leur abandonna Jésus pour en faire ce qu'ils voudraient. Il le leur remit entre les mains pour qu'il fût crucifié. Les soldats le saisirent, lui ôtèrent le manteau de pourpre , lui remirent ses habits et le menèrent dehors pour le crucifier. Jésus, portant sa croix, alla au lieu app( lé Calvaire, qui se nomme en hébreu Golgotha. Pendant que les soldats le conduisoient , ils rencontrèrent un homme de Cyrène , nommé Simon, qui passoit par là en revenant d'une maison de campagne. Ils le contraignirent de porter la croix de Jésus , et ils la lui mirent sur les épaules pour qu'il la portât derrière lui.
Cependant Jésus étoit suivi d'une grande foule de peuple et de femmes qui se frappoient la poitrine et qui le pleuroient avec de grands gémisseinens. Mais se tournant vers elles : « Filles de Jérusalem , dit-il , ne pleurez point «sur moi; mais pleurez sur vous-mêmes et « sur vos enfans ; car voici bientôt le temps <.c auquel on dira : Heureuses les femmes sté-
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« riles ! heureuses les entrailles qui n'oni « point porté d'enfans , et les mamelles qui « n'en ont point allaité ! Alors ils commence ceront à dire aux montagnes : Tombez sur « nous ; et aux collines : Cachez-nous. Car ce s'ils traitent ainsi le bois vert, que fera- « t-on au bois sec? »
Deux criminels étoient conduits avec Jésus pour être exécutés. Lorsqu'ils furent arrivés au Calvaire , on présenta à boire à Jésus , dit vin assaisonné de myrrhe et mêlé de fiel- Mais , après en avoir goûté , il n'en voulut point boire. Ce fut à la troisième heure du jour qu'ils l'attachèrent à la croix. Ils crucifièrent avec lui les deux voleurs , un à sa droite , et l'autre à sa gauche , et Jésus au milieu. Ainsi cette parole de L'Ecriture fut accomplie : « Il a été mis au nombre des scé- « lérats. » Mais Jésus disoit : «Mon Père, par- « donnez-leur, ear ils ne savent pas ce qu'ils « font.» Pilate fit écrire au-dessus de la croix: Jésus de Nazareth, Roi des Juifs. Il y eut beaucoup de Juifs qui lurent cette inscription , parce que le lieu ou Jésus fut crucifié était
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près de la ville , et l'inscription étoit en hébreu, en grec et en latin, Les princes des prêtres dirent à Pilate : « N'écrivez pas Roi «c des Juifs , mais qu'il a dit : Je suis le Roi <c des Juifs. » Pilate répondit : « Ce que j'ai « écrit est écrit. »
Les soldats , après avoir crucifié Jésus, prirent ses habits, dont ils firent quatre parts, une pour chaque soldat. Ils prirent aussi sa tunique. Or, elle étoit sans couture , et tissue depuis le haut jusqu'en bas. De sorte qu'ils dirent entre eux : <c Ne la déchirons point: «c mais tirons au sort à qui l'aura , afin que ce ce que dit l'Ecriture s'accomplisse : « lis ont « partagé mes habits entre eux et ils ont tiré ce ma robe au sort. »
Les princes des prêtres , les scribes et les anciens se moquaient de Jésus, ainsi que ceux qui passoient. « Il a sauvé les autres , disoient- « ils , et il ne peut se sauver lui -même. S'il « est Roi d'Israël , qu'il descende présentent ment de la croix , et nous allons croire en <c lui. Il se confie en Dieu ; si Dieu l'aime, « qu'il le délivre à présent : car il a dit : Je
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ce suis le fils de Dieu. » Les soldats, sapprochant et lui présentant du vinaigre , lui disoient aussi : « Si tu es Roi des Juifs , sauve- <c toi la vie. » Les voleurs qui étoient crucifies avec lui lui faisoient les mêmes reproches. Cependant l'un d'eux , éclaire tout à coup et change en un autre homme , prit la parole et fit une réprimande à son camarade : « Quoi î dit-il , vous ne craignez point Dieu , «. tout condamne' que vous êtes au même sup- <c plice? Pour nous , ce n'est pas sans sujet: « car nous portons la peine due à nos crimes ± « mais lui, il n'a fait aucun mal. Seigneur, « dit-il à Jésus, souvenez-vous de moi , lors- <c que vous serez entré dans votre royaume. « — En vérité, je vous le dis, lui répondit « Jésus, dès aujourd'hui vous serez avec moi a dans le Paradis, » La mère de Jésus et la sœur de sa mère , Marie , femme de Cléophas, et Marie-Magdeieine, étoient debout au pied de la croix. Jésus , voyant sa mère , et auprès d'elle le disciple qu'elle aimoit , dit à l'une: « Femme , voilà votre fils. » Et à l'autre : a Voilà votre mère. » Et depuis ce moment,
le disciple la prit chez lui. Il étoit environ la sixième heure du jour, et il y eut des ténèbres répandus sur toute la terre jusqu'à la neuvième , et le soleil s'obscurcit. A la neuvième heure, Jésus s'écria à haute voix : «Mon Dieu, «mon Dieu, pourquoi m'avez -vous aban- « donné?» Quelques-uns de ceux qui étoient là , et qui l'entendirent , disoient : « Yoilà « qui! appelle Elie. » Ensuite Jésus, sachant que tout étoit accompli , et pour que l'Ecriture le fût aussi , dit : « J'ai soif. » Il y a voit là un vase plein de vinaigre. Un de ceux qui étoient présens courut prendre une éponge , l'emplit de vinaigre r et l'attachant avec de l'hyssope au bout d'un roseau, lui en donna à boire. Cependant les autres disoient : « At- « tends, voyons si Elie viendra le délivrer, a Jésus ayant pris de ce vinaigre , dit : « Tout <c est accompli. » Puis il s'écria une seconde fois : « Mon père, je remets mon âme entre « vos mains. » Et en disant ces paroles et baissant la tête, il rendit l'esprit.
Et voilà qu'aussitôt le voile du temple se déchira en deux , depuis le haut jusqu'en bas,