‹ Jésus-ChristChapitre 65 sur 98 · LA PISCINE PROBATIQUE · texte numérisé non relu

LA PISCINE PROBATIQUE

Cette piscine merveilleuse, dont parle saint Jean, n'est nulle part mentionnée dans les écrivains juifs. Il est difficile de l'identifier avec ce que

Josèphe (De bell. Jud., VI) appelle l'étang de Salomon , dans lequel on lavait les victimes avant de les offrir au Temple.

Quelques auteurs modernes, reconnaissant que le verset 4, où le caractère miraculeux des eaux est marqué, manque dans les plus anciens manuscrits, et notamment dans le Codex Sinaiticus, Vaticanus, dans celui d'Ephrem, de Cambrid^^e, dans la version syriaque Cureton, et dans la version copte du troisième siècle, n'ont pas hésité à le considérer comme une glose qui se serait introduite dans la Vulgate, la Pcschito et le Codex alexandrin.

L'authenticité de ce texte mise en suspicion, ils n'ont pas hésité à ne voir dans la piscine qu'une simple source thermale intermittente. Cette interprétation a peu d'importance au point de vue doctrinal, mais elle a le tort de porter atteinte à l'intégrité de la Vulgate, et d'être en opposition avec la plupart des anciens Pères, qui n'ont pas hésité à voir dans la piscine de Bethesda un prodige.

Quant à l'emplacement qu'elle occupait, il parait aujourd'hui hors de doute qu'il faut le rechercher à quelques mètres N. 0. de l'église de Sainte-Anne. Les fouilles remarquables de M. Mauss, architecte français, ont mis à découvert la piscine même, ensevelie dans les décombres à plus de huit mètres de profondeur. Au septième siècle, saint Antoine la visitait; et au onzième, Bongars la désigne très nettement à la place que nous si.^nalons.

AUTHENTICITÉ DE l'eMPLACEMENT DE CAPHARNAUM SUR LES RUINES DE TELL-HOUM.

L'authenticité de Capharnaiim semble définitivement établie. Elle a, du moins, toutes les preuves et toutes les vraisemblances qu'on peut souhaiter pou- ces questions d'archéologie palestinienne , où le défaut d'inscriptions ne permet pas l'évidence absolue et, pour ainsi dire, matérielle.

Le premier indice que les ruines de Tell-Houm sont bien l'antique Capharnaum, est dans la parenté des noms. Caphar, petite ville ou village, a été remplacé par le mot arabe Tell, colline couverte de ruines. Nahum, par un retranchement dont on retrouve plus d'un exemple, a perdu sa première svllabe et est devenu Houm.

Une seconde indication nous est fournie par Eusèbe (Onomasticon, au mot Korazim). Il s'exprime ainsi : i. Village de Galilée que le Christ a maudit; il est à douze milles de Capharnaiim. -^

Saint Jérôme a corrigé l'évidente erreur d'Eusèbe ou de ses copistes en remplaçant - douze " par - deux •' . Korazim est certainement ce monceau de ruines appelé aujourd'hui Kharbct-Kerazet : or, la distance

qui le sépare de Tell-Houm est justement de deux milles, comme l'affirme saint Jérôme.

La malédiction de Jésus sur Capharnaiim : ^ Et toi, Capharnaiïm, t'élèveras-tu toujours jusqu'au ciel?-) nous conduit à la même conclusion. Jésus, comme le remarque M. V. Guérin (i), fait une allusion évidente à la beauté de la petite ville, beauté dont elle se vantait et qu'elle devait moins, sans doute, aux demeures de ses habitants qu'à certains de ses monuments publics, à son port, à sa belle source, et à sa magnifique synagogue, dont les restes frappent encore par leur grandeur et leur magnificence. Or, de toutes les ruines qu'on peut étudier au bord du lac, celles de Tell-Houm sont les seules oii le regard s'arrête et retrouve les traces de quelque édifice splendide.

Josèphe parle de la petite ville de Kapharname (Vila, § 72), où il fut transporté, blessé, après un combat contre les troupes du roi Agrippa. Évidemment, il dut être déposé dans le premier endroit au delà du fleuve où se trouvaient des médecms ; or, sur le bord occidental du lac, la première localité de quelque im.portance était nécessairement Capharnaum, aujourd'hui Tell-Houm.

Les témoignages des plus anciens pèlerins , Antonin le Martyr au sixième siècle, Arculphe au septième, l'igoumène russe Daniel au douzième, confirment notre conclusion. Saint Willibald, au huitième, est le seul qui contredise ses devanciers et ceux qui vinrent après lui ; mais il est en opposition formelle avec saint Jérôme, qui affirme expressément que Korazim était à deux milles de Capharnaiïm, et que, par conséquent, en venant de Tibériade, la première ville qu'on rencontrait n'était pas, comme le pèlerin l'affirme, Capharnaiïm, mais Bethsaïde.

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