‹ Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 12 sur 28 · L'ALPHA ET L'OMÉGA · texte numérisé non relu

L'ALPHA ET L'OMÉGA

Jésus-Christ dit de lui dans l'Apocalj'pse cette grande et mystérieuse parole qui ouvre sur ITacarnation des perspectives infinies, sert de tlième aux plus vastes et aux plus profondes doctrines, et reste le résumé de tout ce que l'on peut dire del'Homme-Dieu : Capituliiwsiipaea qusc dicuntur-. Ego sum ALPHA ET OMÉGA, principium et finis ^. Jésus-Christ est à la fois le principe, la raison d'être de toutes choses, et en même temps leur terme et leur fin. Elles sont de Lui, par Lui, en Lui ; elles tirent de Lui leur être, leur vie, leur force, leur persistance, leur perfection ; elles vont à Lui ; elles aboutissent à Lui, elles ont leur centre nécessaire en Lui. « Jésus-Christ, dit saint Paul, est la tête de l'Église, Lui qui est principe*. » « Il est en tous tenant le principat; car il a plu à Dieu d'enfermer en lui la plénitude ^, »

De quelle manière Jésus-CIirist est-il « la tête dj l'Église? » Quelle est cette Église? Et quelle est l'étendu,^ de la multitude dont Jésus-Christ est le c!ief, où il est « alpha et oméga, commencement et fin, principe et terme*'? » Telles sont les deux questions que résout

* D. Thom. Siun. llieolog. p. III, quecst. lix, art. 5. — ^IJuiir. - s Apoc. I. 8. — • Coloss. 1, 18. — ■' CûIosï — ''' Apoc. i.

saint Thomas et par lesquelles nous terminons l'étude de la vie glorieuse de Jésus-Christ.

T — « Quand on dit que Jésus-Christ est la tête de l'Église, on le dit en empruntant l'image de l'homme naturel, et en attribuontà Jésus-Christ vis-à-vis l'Eglise les propriétés dont la tête jouit vis-à-vis du corps ^ »

Qu'est la tête par rapport au corps dans l'homme naturel ? Premièrement la tête est la partie surexcellente de l'homme. Elle a sur tout le reste du corps une triple supériorité ; celle de la situation, elle domine tous les membres de ce trùne élevé où le Créateur l'a noblement placée ; celle de la dignité, tout en elle est plus élevé, plus noble, plus précieux que ce que renferme le reste du corps humain ; c'est en elle que les plus belles facultés ont leur siège, et que s'exécutent les plus grandes fonctions ; enfin, celle de la perfection, car c'est dans la tête que se centralisent les opérations universelles ; la tête est comme la capitale de ce mystérieux royaume, comme la forteresse où se concentrent toutes les ressources de l'existence et tous les efforts de l'activité. Deuxièmement la tête est la partie vitale de l'homme. C'est d'elle que partent, pour être distribuées au reste du corps, toutes les influences de force et de vie. Troisièmement la tête est la partie régnante et conductrice de l'être humain tout entier. Le corps n'opère pas un mouvement que la tête ne l'ait provoqué et ne le dirige; nul fonctionnement, nulle activité, dont le principe et la règle ne soient dans la tête; tout émane d'elle, c'est la puissance à laquelle le corps entier obéit

t D. Tliom.

et dont i) tire sa lumière et sa direction. Remarquons enfin, si nous le voulons, comme quatrième propriété de la tête par rapport au reste du corps, que tout en lui étant supérieure et en doaiinant sur lui, elle est de même nature que lui.

Le langage figuré fait un emploi continuel de ces mots de « tête, « ou de « chef. » Une chose est-elle la plus parfaite de son espèce ou de son genre, c'est la tête. Une chose est-elle la source et le principe dont les autres découlent, c'est encore la tête. Enfin tout ce qui gouverne et régit est désigné sous ce nom : on dit d'un gouvernement, d'un roi, qu'il est « la tête » d'un pays.

C'est aussi pour ces quatre raisons et sous ces quatre rapports que Jésus-Christ est dit la tête de l'Église, CAPUT ECGLESÎtE. Au Christ appartient en premier lieu la suréminence de perfection. lia surtout l'ensemble des élus et des fidèles une triple supériorité : celle du lieu, celle de l'influence, celle du gouvernement. Si nous considérons Jésus-Christ comme Dieu, la thèse est trop facile à établir. « Jésus-Christ, comme le dit saint Paul, est par-dessus tous le Dieu béni dans tous les siècles*. s> Il est Celui aussi d'où toutes les créatures raisonnables tirent les influences de vie et de grâce : Ex ipso, in ipso, per ipsum. « Jésus-Christ s'eyc fait en nous sagesse divine, et justice, et sanctification, et P^édemp- Lion-'. » Enfin, cojnme Dieu, Jésus-Christ étend sur le monde un empire irrésistible et absolu. — Mais c'est de Jésus-Christ comme homme que nous voulons nous occuper ici. C'est comme homme qu'il est, disons-nous avec saint Thomas, la tête de toute l'Église; c'est comme

1 Rom — M Corlnth.

homme que nous lai attribuons la triple suréminonce qui fait de lui « le principe et la fin de toutes choses, » « l'alpha et l'oméga, » le centre unique d'où part et où aboutit toute perfection, toute grâce, toute vie. A Jésus-Christ d'abord la première place: primitiœ Christas. « Il tient en tout le premier rang, » in omnibus primatum tenens *, et cela, à cause de la dignité incomparable que confère à son humanité l'union hypostatique, et de la plénitude de la grâce et de la gloire dont il est â jamais rempli. C'est de Jésus-Christ comme homme que nous tirons notre rédemption et avec cette rédemption la multitude des grâces dont elle est accompagnée. Enfin c'est comme homme que Jésus-Christ a reçu de son Père le sceptre de l'autorité ; c'est comme homme qu'il a été constitué Roi, Législateur, Conquérant, Dominateur universel des mondes , Monarque magnifique « devant qui tout genou doit fléchir au ciel, sur la terre et dans es enfers ^. » « Ainsi, conclut saint Thomas, on peut dire que comme Dieu Jésus-Christ est la tète de l'Église : il l'est, comme le sont le Père et le Saint- Esprit; mais à proprement parler, c'est comme homme que Jésus-Christ est la tête de l'Église ; et on appelle grâce de la tête cette grâce qui, partie de lui comme de la tête, se répand ensuite dans tous les membres du corps**. »

1 Coloss. — 'Haec conveniunt ei secundum humanamnaturaai, quae in Christo dignissima est ratione altitudinis, quia est usque ad unionem in divina persona exaltata : ratione propriae operationis quia dignissimum actum habuit in Ecîlesia, scilicet redimere ipsam et eedificare ipsam in sanguine suo ; et etiam ratione perlectionis quia omnis gralia in eo est sicut omnes sensus in capite. (D. Thom. Sifilent. dist. XIII, Iquœsl, ii, art. 1.) — ' Loc. citai.

IT. — Tl est dit que Jésus-Christ est « la tête de l'Église qui est son corps, » que nous sommes tous « le corps du Christ, » « les membres du Christ. » Mais ces membres quels sont-ils? Ce corps comment est-il composé? cette multitude dont Jésus-Christ est chef, qui la forment? une profonde doctrine de saint Thomas va nous l'expliquer'.

Dans le corps humain les membres s'unissent entre eux sous quatre différents rapports. Ils sont wi par la communauté de nature ; car formés tous de la même matière ils composent un ensemble homogène et continu. Ils sont un par l'harmonie du fontionnement; les jointures et les muscles qui les rattachent, leur donnent à tous l'unité parfaite du mouvement. Ils sont un par la communication de la vie qui circule également dans le corps entier, fait croître tous les membres, dispense les forces, et maintient la conservation. Ils sont un enfin par l'union qu'ils ont tous avec la même âme, laquelle est en tous également, et fait d'eux tous un ensemble parfaitement lié et harmonieux ^.

Ces quatre unions se retrouvent dans le corps mystique de Jésus-Christ qui est l'Église. Tous les membres ont la même naissance et le même être spirituel. Tous sont rattachés entre eux par la profession d'une même foi, qui fait de tous les fidèles une seule et même société spirituelle, et pour ainsi dire une seule intelligence, une seule âme. Tous sont vivifiés par la même vie que font circuler en eux[la grâce et les sacrements dispensateurs de la grâce. Tous enfin sont régis par l'Esprit-

1 D. Tliom. Sentent, lib. HI, dist. XIII, quœst. ir, art. î. — « D. Tliom. toc. citât, solution.

Saint qui est comme l'âme du corps mystique des fidèles de Jésus- Christ '.

Tel est le corps mysticjue du Christ : reste à considérer comment s'y rattachent diversement les différents membres qui le forment ou le peuvent former. Les infidèles ne sont pas membres acluels de ce corps, ils n'en sont que des membres possibles. Parmi les fidèles, les pécheurs appartiennent en une certaine manière au corps de Jésus-Christ par la profession de la foi ; mais ce sont des membres morts où la vie divine a cessé de circuler et que la grâce ne vivifie plus ; peut-être s'en peut-on servir encore pour quelques usages extérieurs, mais ils ne sont plus pour rien dans le fonctionnement intime de la vie divine ; ils appartiennent à l'unité de l'Église sans plus appartenir à l'unité du corps de l'Église : Non pertinent ad unitatem corporis Ecclesise , quamvis pertineant ad unitatem Ecclesiso 2.

Quant aux justes ils appartiennent au corps mystique de l'Église, Jésus-Christ est leur tête, ils sont ses membres dans toute la plénitude et la perfection de ces mots. La foi les unit entre eux et les unit tous à leur chef, « l'auteur et le consommateur de notre foi ; » la grâce les remplit, la vie divine circule en eux, Dieu « leur est tout en toutes choses; » c'est eux dont Jésus-Christ est parfaitement, complètement, « la tête, » le principe, la fin, la consommation suprême, et le termeinfinie

V. Thom, Sentent. Hb. HT, dist. XIII, quBest. 11, art. 2. — «D. Thom. toc. cilal. — ' D. Thom. Sentent, lib. III. dist. XIH. qusest. II, art. 2. — Vid. eliam Sum. theolog. p. III, qua:;st. viii, art. 3.

HT. — Les Anges sont-ils membres du corps mystique de Jésus-Christ ?

On dit qu'elle forme un corps, d'une société qui tend à. une même fin, et se réunit tout entière dans une même vie, une môme fortune, une même gloire. Or ce n'est pas seulement des hommes que Jésus-Christ est la vie, la béatitude et la gloire, il l'est des Anges pareillement. — Sous d'autres rapports, sous les rapports énumérés plus haut, Jésus-Christ nous apparaît de même le chef, « la tête des anges ; » U les domine et il les sanctifie.il est élevé « au-dessus de toute Principauté et de toute Domination, » et il est écrit que les Anges le « servent. » C'est de Lui que tombent sur eux les rayons de la gloire et les influences de la vie. De ejus infïuentia nonsolum homines recîpiu7it, sed etiam angeli '.

1 Unum corpus similitudinarie dicitur una raultiludo ordhiatatain unum secundum distinctos actus sive ofBcia. Manifestum est autem quod ad unum finem, qui est divinco rruiLioiiis, ordinantur et homines et angeli. (D. Tliom. Suin. Ikeolog. p. III. quaest. viii, art. 4.)

LE SACERDOCE DE JÊSUS-CURIST

Nous avons parcouru les mystères delà vie publique, assisté au drame sanglant du Calvaire, puis contemplé les splendeurs de la vie glorieuse : le Dieu « qui devant nos yeux s'est montré cloué, à la croix, » et « est descendu au plus profond de la terre, » s'est aussi « élevé au plus haut des cieux, » nous laissant, comme un rayon lumineux, les merveilles de sa vie et l'héroïsme de ses exemples. Quelque longue et splendide que soit cette carrière parcourue au travers des mystères du Christ, gardons-nous bien de croire que nouslaconnais- •ons tout entière. 11 est une partie de cette vie qui jusqu'ici nous a échappé ; il est une œuvre, la pli^s grande et la plus capitale de toutes, dont nous n'avons pas étudié les merveilleuses beautés. Jésus-Christ est Prêtre, nous l'avons vu en étudiant sa vie publique. Non-seulement il est Prêtre, mais ilest le Prêtre unique et éternel, source de tout le sacerdoce, qui, de Melcliisédech et d'Aaron jusqu'au dernier prêtre catholique qui terminera le sacerdoce de l'exil pour inaugurer

310 Chapitre huitième

celui de la patrie, n'a pas cessé de régner sur le moade, d'éclairer et de vivifier les âmes, de rattacher la terre au ciel et les hommes à Dieu. Il n'y a jamais eu et il n'y aura jamais qu'un Prêtre, Jésus-Christ, Pontife éternel, dont tous les prêtres qui ont vécu et vivront sur la terre n'ont été et ne sont que les figures ou les ministres, l'annonce ou l'extension.

Or Jésus-Christ avait résolu, sa carrière mortelle achevée, de retirer au monde sa présence visible. San? doute, comme chef invisible de l'Église, il allait y continuer ses fonctions divines et y exercer ses pouvoirs souverains; Prêtre unique, lui seul devait répandre la grâce, administrer la vertu des sacrements, régir le peuple des fidèles, maintenir dans le monde la lumière, la chaleur et la vie. L'apôtre et le prêtre ne devaient être rien sans Lui et séparés de son sacerdoce. « Qu'estce qu'Apollon et qu'est-ce que Paul? Les ministres du Dieu auquel vous avez cru, et ils n'ont que ce que Dieu donne à chacun... Nous sommes les auxiliaires de Dieu; voici ce que le monde doit voir en nous : des ministres du Christ et des dispensateurs des mystères de Dieu'. » Le prêtre catholique ne sera donc que l'extension, la continuation vivante et comme l'incarnation du Fils de Dieu, seul Prêtre divin et éternel. Si le Prêtre parle, c'est « Jésus-Christ qui exhorte par lui 2. » Si le prêtre absout, c'est Jésus-Christ « qui met en lui le mot de la réconciliation^. » C'est Jésus-Christ qui absout avec lui, par lui, en lui. Si le prêtre consacre à l'autel, il ne le fait qu'avec les paroles mêmes de Jésus- Christ. S'il « opère des vertus, » s'il prodigue ces merveilles de grâce qui convertissent et transfigurent les âmes, c'est

1 1 Corinlh. — 2 n Coriulli. — » II Cof.

(jue « le Christ est tout-puissant en lui '. » Si, en face de rébellions obstinées et de perversités audacieuses, « il vient avec la verge^, » peur frapper les coupables qu'il veut guérir et sauver, il frappe « par la puis sance que Dieu lui adonnée; » il frappe « avec la force du Glirist. » En un mot, dans tout le cours de son sacerdoce, à travers toutes ses fonctions, le prêtre est toujours « l'ambassadeur, » « le ministre '^, » le représentant, l'organe de Jésus-Christ, « un autre Jésus-Christ, » comme l'a dit si énergiquement un Père. Le prêtre est cela; c'est immense, c'est divin, c'est, pour ainsi parler, infini, — mais il n'est que cela : il n'a pas d'autre mérite : comme ses frères, « il est enveloppé d'infirmité, » « il est tiré du milieu des hommes^, » peut-être du milieu des plus pauvres et des plus obscurs ; il n'a ni le prestige du nom, ni celui de la fortune, ni celui de la force; Dieu l'a pris, « rebut du monde, » « sans gloire, » « un néant, un rien. » Et avec toutes ces faiblesses réunies, le prêtre sera plus fort que la force de ce monde, plus sage que la sagesse de ce monde, plus illustre que les gloires et les illustrations de ce monde. Les générations le voient passer et s'inclinent : il parle et les volontés fléchissent, et les cœurs se remuent, et les vies se transfigurent : il commande, et ses ordres, qui entrent au plus vif de l'âme humaine, brisent les liens les plus forts, se heurtent aux plus puissants obstacles, réclament les plus durs sacrifices, ses ordres sont plus obéis que ne le furent jamais ceux des potentats les plus absolus.

En face de cette dignitédivine, l'Apôtre s'écriait : j&t qui so'a apte à cela^lDiexi seul peut répondre. Lui seul faities l)rêtres ; lui seul les sanctifie ; seul les conserve ; seul les

i 11 Cor. - 2 1 Cor. - 3 I Coriulh. — '* ilebr. — » II Coriulh.

défend. Pourrons-nous concevoirjamalsiiquallo hauteur de sainteté, à quel prodige de forcoctdegi-andear, devra s'élever une créature, chétive d'ctlc-mcmo et misérable, pour demeurer sur la terre un autre Jésus-Clirist,, continuer au monde la radieuse vision du Dieu dans la cliair, de la Divinité « agissant corporcUenient » au milieu des hommes, pour parler sa parole, opérer ses œuvres, manier ses pouvoirs, transformer les âmes, les mouvoir, les régir, les élever jusqu'à leurs destinées éternelles? Qui sera aple à cela ?

Cette question semble absorber la vie entière de Jésus-Christ. Visiblement elle remplit son âme divine, elle s'impose à lui dans les veilles solitaires qu'il passe en supplications devant son Père : ut sint dignl, « qu'ils soient dignes! » Cette pensée le suit dans ses courses au bord des lacs, sur le rivage de la mer de Galilée; elle l'accompagne dans toutes les phases de sa divine existence. Partout et toujours Jésus-Christ paraît occupé des apôtres et des prêtres qu'il laissera après lui sur là la terre, qui continueront et étendront son œuvre, porteront le poids de son divin sacerdoce, et seront revêtus de ses célestes fonctions et de bes redoutables pouvoirs. Lui faut-il les choisir? Il passe les nuits en prières. Les faut-il instruire ? Il abandonne la foule, il laisse là sos œuvres de miséricorde, et se donne tout entier à eu::. La foule, comme la mer dans son flux et son rellu:;, tantôt l'assiège et tantôt l'abandonne ; lui-même ne so livre à elle qu'avec mesure et pour un temps. Après les prédications et le soin des malades, ou bien quand lia rassasié la multitude du pain miraculeux, il lacongédij et se retire, dans les solitudes des montagnes ou sur les flots delà mer; et là, tantôt dans des colloques paisiblci, tantôt dans des scènes émouvantes, dans le calme de la

solitude où l'agitation et l'angoisse de la tempête, il forme ses prêtres à la rude vie apostolique qu'ils devront un jour embrasser. La vie entière du divin Maître est absorbée dans l'éducation divine de ses apôtres. A eux ses leçons les plus sublimes, pour eux SCS miracles les plus éclatants. Il les nomme ses amis; l'un d'eux, hélas ! le traître, il l'appelle dans les Psaumes de l'ineffable nom d'aulve lui-même! Voilà « ses frères, ses sœurs, son père, sa mère, » tout ce qu'il a déplus cher et de plus précieux! Ses apôtres lui sont plus que son âme, plus que sa vie. Portion chère et précieuse du troupeau, voilà ceux dont la formation divine lui coûta plus que la conversion du reste du monde.

Les limites de cet ouvrage ne nous permettent pas d'épuiser cettebelle et féconde question, et de rechercher dans l'Évangile tous les discours et les actes du Sauveur qui se rapportent à l'é'ducation de ses apôtres} D'ailleurs ses multiples enseignements, Jésus-Christ luimême les résume et les condense dans une instruction que nous trouvons au chapitre x de saint Matthieu. Dans cette admirable instruction sont exposés les trois points qui résumcnttoatc la vie du sacerdoce catholique: 1» l'œuvre du sacerdoce; 2'' la vie du sacerdoce; 3» les luttes du sacerdoce.

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