NAZARETH
Quelle fut cette vie de Nazareth pour Marie et Joseph ? quels événements la remplissent? Prévoyons-le hardiment, la croix s'y montre, la tribulation l'habite, on y suit, dans la douleur, la voie que le Dieu Victime vient ouvrir à l'humanité coupable et déchue pour
» Uossuct. ÉléV'
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remonter les sommets de la grâce et de la gloire d'où le plaisir défendu l'a fait tomber.
Joseph est dans lanxiété, le doute et le trouble; Marie dans une attente courageuse et paisible de la providence de son Dieu. L'Ange ne lui ayant pas commandé de révéler à son saint époux le secret de l'Annonciation, de l'enfantement divin, elle en a gardé en elle-même le précieux dépôt; Joseph ignore et médite en lui-même- « Or la génération du Christ était ainsi : Marie, sa mère, étant donnée pour épouse à Joseph, avant qu'ils se fussent unis, il se trouva qu'elle avait conçu du Saint-Esprit. Et Joseph son époux étant un homme juste, et ne voulant pas la diffamer, résolut de l'abandonner secrètement. Or, pendant qu'il méditait celte pensée dans son esprit, voilà que l'ange du Seigneur lui apparut en songe, disant : Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre Marie ton épouse, car ce qui est né en elle est du Saint-Esprit. Et elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus, car c'est Lui qui sauvera son peuple de ses péchés. Et tout ceci s'est fait en accomplissement de ce que le Seigneur a dit par son prophète, disant : Voilà que la Vierge portera dans Bon sein et enfantera un Fils, et ils lui donneront le nom d'Emmanuel qui signifie D'ien avec nous. Et Joseph se réveillant de son sommeil fit, ainsi que l'Ange du Seigneur lui ordonna, et prit son épouse '. »
Le grand mystère s'accomplissait : le Verbe naissait d'une vierge, selon sa vie temporelle ; et dans le sein virginal de Marie, il ctait conçu du Saint-Esprit. Que ce soit l'Esprit-Saint auquel, dans les conseils du Très- Haut, ait été confiée l'œuvre de former de ^îal•ie l'huma-
» Waiih
nitc du Verbe, saint Thomas nous en donne les raisons suivantes: Ij'Esprit-Saint c'est l'amour, amor est ; c'était à lui d'opérer dans le mystère destiné à manifester au monde l'immense amour de Dieu pour l'homme. La Rédemption est la grâce par excellence : or rp]sprit- Saint est Père de la grâce : SpirUui Sancto attribuitur gralia. Les phénomènes de notre propre nature nous révèlent la troisième raison. Il y a en nous, dit le Docteur Angélique, deux verbes : l'un intime, silencieux, enferme dans le secret de l'âme , l'autre qui sort de nous, qui, au moyen de la parole dans laquelle il s'incarne, pour ainsi parler, se produit au dehors et se manifeste à tous. Notre premier verbe figure le Verbe dans le sein du Père ; le second, le Verbe se présentant au monde et s'y rendant visible par l'Incarnation. Or en nous cette manifestation, cette Incarnation du Verbe par la parole se fait par l'intermédiaire de l'esprit; ainsi en fut-il en Dieu pour le mystère de l'Incarnation du Verbe où c'est l'Esprit-Saint qui fut employé. Verbum cordis non conjunfjilur voci nisi mediante spiritu ; et ideo recle incarnalio Vcrbi pcr quam nobis visibilc apparuit^ mediante Spiritu Sancto facta est ^
Mais Joseph ignorait ces merveilles, et la grossesse de sa sainte Epouse le jetait dans un étonnement et une admiration où l'anxiété ne faisait pas défaut;
• In nobis est duplex verbum : verbum cordis et verbum vocis. Verbum cordis est ipsa conccptio iuLelIcclus quco occulta est homiuibus, nisi quclenus per vocem exprimilur, sivc per verbum vocis. Verbo autem cordis comparaUir Verbum a?ternum, flnle Incarnationom, quando erat apud Patrem et nobis abscondilum; scd verbo vocis comparatur Verbum IncarnaUun quod jam nobis apparuit et manifcslum est. (D. Tliom. Comment, in Mtillh. cnj). I, 'ce. U)
diibio... anxhs.'M.Siis que furent au fond ce trouble et cette anxiété? les auteurs se partagent; saint Thomas rapporte leurs opinions diverses et semble, au moin.-; dans 'son Commentaire sur saint Matlhien, ne pas se prononcer, mais les accepter toutes également. De toutes voici la plus belle. Saint Joseph connaissait l'enfantement du Messie par une Vierge, il savait la prophétie d'Isaïe: Voici qu'une vierge concevra... il appréciait l'extraordinaire vertu de Marie, et dans sa méditation ardente et continuelle il ne pouvait ne pas rapprocher l'oracle d'Isaïe de ce qu'il avait sous les yeux. Manifestement « la Vierge concevait ; » les temps étaient accomplis ; et lui, si humble, si petit à ses propres yeux, il se voyait avec une sorte de terreur inquiète mêlée à ces ineffables événements ; la Mère du Messie était son épouse, elle habitait son toit et partageait son existence ; Joseph se sentit pressé de se soustraire, comme indigne, et partagea l'humble défiance avec laquelle Pierre dit à Jésus : «Retirez-vous de moi, je ne suis qu'un pécheur! «C'est ici que commençaient le trouble de son àme et robs(nirité de ses calculs. Comment renvoyer cette timide vierge? A qui confier ce trésor? qui initiera d'aussi sublimes et aussi inaccessibles secrets? Mais quoi ! Renvoyer Marie n'était-ce pas la livrer, victime sainte et innocente, à la sanguinaire justice des pharisiens, incapables de croire n la conception divine, et trop empressés à verser le snng pour en laisser jamais échapper l'occasion? Ainsi Joseph n'osait garder une semblable épouse, et la renvoyer lui paraissait rencontrer trop d'obstacles et de dangers : de là son trouble et ses poignantes anxiétés... cum nollel eam traducere^ volait occulte dimillcrc cam '.
» AU hoc est tnplcx rodpoiisio. Prima cal soouiiduiu Clirysja-
LES RÉCITS DE LA NAISSA>'CË 255
Saint Thomas relève ici deux vertus du saint époux de Marie : la sagesse et la clémence. Saint Josepli médite : les merveilles qui s'accomplissent le trouvent attentif, il délibère en lui-même, il ne veut s'arrclcr qu'au plus sage parti. Son action ne se laisse pas emporter à la précipitation et à l'imprudence; il cherche à
lomum quod duplex est justitia. Una enim est justitia quae esf virlus cardinalis quse dicitur justitia specialis; alla est justilia legalis quce includit omnem virtutem et pietatem et clementiam, et hujusmodi. Quando ergo dicitur quod Joseph juslus erat, latelligendum est de justitia generali, ut justitia accipiatur pro pietate.Unde quia justus erat, id est pius, noluil eaiii traducere. Aiia estresponsio Augustiuiqui dicit quod duplex est peccatura, scilicet peccatum occultum et peccatum manifestum : peccatum caim occullum non est publiée arguendum, sed aliter ei est rcmedium adhibendum. Suspicio ergo adulte.'-ii quam habiiit Joseph erat suspicio peccati occulti et non manifesti, quia i so solus sciebat; et iterum si alii scireat eam gravidam non possciit opinari nisi quod de ipso essel et ideo crimen ejus non debuisset propalasse. Tertia vero responsio est Rabani, quod etiam Joseph fuit justus et pius. In hoc enitn quod pius, non voUiit crimen propalare, sed in hoc quod voluit eam dimitlere, apparuit Justus.
Secundum autem Hieronymum et Origenem non habuit suspicionem adulterii. Noverat enim Joseph pudiciliam Mariaî : legerat enim in Scriptura quod Vinjo concipiel, Isaï, vit et cap. XI, 1. Noverat etiam Mariam de David generatione descendisse ; unde facilius credcbat hoc in ea impletum esse quam ipsam fomicatam fuisse. Et ideo indignura reputans se tantœ cohabitare saactitati, voluit occulte dimittere eam, sicut Petrus dixit : « Exi a me Domine, quia homo pcccator sum. n Unde nolebat eam traducere; id est ad se ducere, et in conjugem accipere se indipnum reputans : vel, secundum aliorum sententiam, ignorans finem, ne lanquam reus haberetur, si celarct et secum eam tenercl. (D. Tliom. Commenl iiiMallh.cap. i.)
sauvegarder à la fois tous ses devoirs. A la sagesse il joint la clémence; il repousse avec horreur l'idée de livrer son épouse à l'ignominie et au supplice. Auss^i mérite-t-il devoir ses anxiétés dissipées par un messager divin '. Ce message, étudions-le un instant.
Marie seule avait la force de porter d'abord l'annonce de l'écrasant mystère de l'Incarnation; aucune créature ne pouvait y être initiée avant que quelque signe de l'accomplissement n'en vfnt faciliter la croyance. Gabriel viendra donc à elle subitement, brusquement, assuré de trouver dans la Vierge de Nazareth un esprit attentif et une foi en éveil. Pour Joseph, l'admirable Providence attend: elle attend qu'il se soit troublé, que son esprit ait cherché la solution du mystère, et que son âme ait un pressant besoin de se reposer dans la foi. Alors, quand les voies sont ouvertes, un nouveau message découvre à l'âme la plus sainte après Marie, le plus formidable en même temps que le plus délicieux des secrets de Dieu. Le message se fait durant le sommeil, dans une vision de la nuit. Joseph, dit saint Thomas, est trop l'homme juste et fidèle pour avoir besoin d'une apparition plus éclatante et plus prodigieuse. Quia apparUio corporalis est miraculosa, talis apparUio sibi no7i compctebat, cum ipse cvcderet et esset fidclis 2.
Dans les paroles de l'Ange, il ne nous est pas difficile de voir renfermées les grandeurs de saint Joseph. Ce saint Patriarche nous y apparaît couronné de sa triple auréole : il est époux de Marie, il est père de Jésus, il est chef de la Sainte Famille.
» Duo commendantur hic de Joseph, scillcct saplenlla et clomenlia. (D. Thom. ConmmL m Mallh. cap. 1.) — » D. Thom. Comment. \n Mallh. cap. u
« Ne crains pas de prendre Marie ton épouse. • Saint Tliomas se demande si le mariage de la trèr^-sainte Vierge avec saint Joseph peut êlre considéré comme un vrai et réel mariage; il répond affirmativement, et donne de son affirmation la raison suivante. La vérité d'une chose répond à la manière dont elle atteint à la perfection qui lui est propre. Or la plus haute perfection du mariage, il la faut placer, non pas dans le commerce delà chair, mais dans l'union des âmes et dans ce commerce spirituel de deux cœurs qui s'enchaînent l'un à l'autre, et de deux existences qui s'enlacent et se donnent mutuellement : l'autre union, celle de la chair, saint Thomas l'appelle perfectio secunda , perfection seconde et inférieure. Ce principe posé, il conclut ainsi : « Si l'on prend garde à la perfection première du mariage, il est indubitable que le mariage de la très-sainte Vierge avec saint Joseph fut un parfaitement vrai mariage, omnino verum matrimonium <. « C'est ici qu'il faut vous représenter un spectacle qui étonne toute la nature : je veux dire ce mariage céleste, destiné par la Providence pour protéger la virginité et donner par ce moyen Jésus-Christ au monde... Ce sont deux virginités qui s'unissent pour se conserver éternellement l'une l'autre par une chaste correspondance de désirs pudiques, et il me semble que je vois deux astres qui
* Dicendum quûd quanturn ad primam perfectionem omnino verum fuit matrimonium Virginis Matris Del et Joseph quia ulerqueconsensit ad copulam conjugales ; non autem expresse la copulam carnalem, nisi sub condilione, si Deo placeret. Quantum ad secundam pcrfeclionem... illud matrimonium non fuit consummalum. Habuit tamen illud matrimonium etiam secundam perfectionem quantum ad prolis educationem. (D. Thom. Sinn. ilieoIoQ. p. HT, quaîst. xxix. art. 2.)
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n'entrent ensemble en conjonction qu'à cause que leur? lumières s'allient. Tel est le nœud de ce mariage, d'au tant plus ferme, dit saint Augustin, que les promesses qu'ils se sont données doivent être plus inviolables en cela même qu'elles sont plus saintes. »
Que les conséquences de cette doctrine sont fécondes et glorieuses au bienheureux Joseph! Époux de Marie, il jouit de sa dot et partage les inestimables richesses de sa sainteté et de sa gloire. L7i07)î?nc ne séparera pas ce que Dieu a uni. Le mariage des deux ne fait plus « qu'un seul. » Comprenons à quelle hauteur cette notion si exacte et si vraie élève l'époux de Marie. Tout sera commun entre elle et lui : ces deux cœurs se sont donnés, ces deux âmes s'unissent, ces deux existences n'en font qu'une, et l'axiome connu n'a pas pour Marie et Joseph d'odieuse exception : Omnia qux suntuxoris sunt cliam viri. Il partage avec elle ses titres les plus augustes : Marie est mère de Dieu, Joseph est appelé son père. Marie règne sur le ciel et la terre, Joseph est patron et protecteur de l'Église entière, Marie est pleine de grâces, [sous ce nom de «juste, «l'Ecriture attribue au bienheureux Patriarche les plus hautes vertus. Marie fut immaculée dans sa conception, les plus sérieux auteurs ne font pas difficulté d'admettre que saint Joseph fut sanctifié dès avant sa naissance, et que Jésus ne refusa pas à celui qu'il devait nommer son père, le privilège qu'il avait accordé à plusieurs de ses saints. Marie possède les splendeurs réunies de la nature, de la grâce et de la gloire, nous n'en pouvons douter, si Marie, trésorière du Ciel, laisse tomber les plus larges faveurs sur la terre, son époux en recevra les prémices et no verra pas de limites aux largesses d'une épouse si aimante, si dévouée et si riche Mais quoi! faut-il donc
des raisonnements bien longs et bien compliqués pour attribuer à saint Joseph les privilèges et les grâces les plus sublimes ? Possédant celle qui « était pleine de grâce, » quelle grâce lui pouvait manquer? Plongé dans cet océan immense, comment n'aurait-il pas été couvert de ses flots? Maître du cœur de Marie, quel désir pouvait n'être pas rempli, quelle prière pouvait rester sans effet, quelle intercession sans puissance ?
L'Ange ajoute : « Ne crains pas de prendre Marie, ton épouse.... Elle enfantera un Fils. » Qui nous empêche d'appeler l'époux de Marie père du Fils que sa virginité conçoit et enfante? Ou plutôt comment échapper à cette douce et glorieuse nécessité ? Marie elle-même tranche la question, s'il y en a une : Voilà, dit-elle un jour à Jésus, que votre père et moi, dans la douleur, nous vous cherchions. La foule ne peut avoir d'autre pensée ni donner à Joseph d'autre nom : putabatur filius Joseph. Nonne filius fabri? « N'est-ce pas là, disait-elle en voyant Jésus, le fils du charpentier? » Enfin, le ciel juge comme la terre; l'Ange remet entre les mains de Joseph tous les droits et tous les devoirs paternels. Dieu même dépose en lui les délicatesses et los héroïsmes de l'amour paternel. « La puissance divine agit en cette œuvre. C'est par un effet de cette puissance que Joseph a un cœur de père, et si la nature ne le donne pas. Dieu lui en fait un de sa propre main, car c'est de lui dont il est écrit qu'il tourne où il lui plaît les inclinations. C'est cette même main qui forme en particulier tous les cœurs des hommes, qui fait un cœur de père en Joseph et un cœur de fils en Jésus. C'est pourquoi Jésus obéit, et Joseph ne craint pas de lui commander. Et d'où lui vient cette hardiesse de commander à son Créateur ? C'est que le vrai père de Jésus-Christ, ce Dieu qui l'engendre dans
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iVîternité, ayant choisi le divin Joseph pour servir de père au milieu des temps ii son fils uni(]uc, a fait en ]uelque soi'tc couler dans son sein quelque rayon ou .quelque étincelle de cet amour infini qu'il a pour son Fils. C'est ce qui lui change le cœur, c'est ce qui lui Jonne un amour de père; si bien (jue le juste Joseph, qui sent en lui-même un cœur paternel, formé tout à coup par la main de Dieu, sent aussi que Dieu lui ordonne d'user d'une autorité paternelle, et il ose bien commander à Celui qu'il reconnaît pour son maître '. » La conséquence de tout ce qui précède est aussi incontestable qu'elle est sublime : saint Joseph était le chef de la sainte Famille. Le ciel correspond avec lui dans tous les événements où il doit se conduire comme chef, et faire usage de sa puissance paternelle. Si l'inquiétude envahit son âme et l'obscurité lui dérobe son chemin, un ange lui est envoyé, qui le rassure, l'éclairé, lui dévoile l'avenir et lui trace la voie qu'il lui faut tenir. C'est Joseph, comme le chef de famille, qui imposera à l'enfant qui doit naître de Marie, le nom de Jésus; Joseph commandera les pérégrinations de la sainte Fam.ille, donnant seul à Jésus et à Marie le signal du départ et celui du retour; c'est lui qui choisira la résidence et fixera la patrie. Et comme si ces faits éclatants nous pouvaient laisser encore quelque doute, l'Évangile nous apprend de l'Enfant-Dieu, à Nazareth, qu'il leur êiait souririSy à Josepli d'abord, puis à Marie. 0 sublime, G touchant mystère! 0 étonnante dignité de notre race ! 0 grandeur incommensurable de Joseph! Le Créateur des mondes, le Dieu indépendant et dominateur obéit à sa créature ; saint Joseph lui donne des ordres, dirige
* Bossiicl, Panàr/yr. de saini Joseph.
ses démarches, règle sa vie et pose à rintelligence et à la Volonté infinies la borne du commandement !
Mais si Joseph commandait comme chef de la sainte Famille, avec quelle perfection et quelles délices il obéissait aux ordres de ce Dieu dont il devait soutenir la vie terrestre et diriger les premiers pas ! C'est par cette réflexion que saint Thomas termine son étude sur le sujet qui nous occupe. Possumus notare quatuor qux su7it necessaria ad obediendum. L'obéissance de saint Joseph revêt quatre qualités admirables et devient ainsi le guide et le soutien de la nôtre.
L'obéissance doit être ordonnée, elle doit poursuivre un but raisonnable e*^^ le poursuivre dans un ordre et par des moyens convenables. L'obéissance à Dieu marche invariablement à un but unique : quitter le mal et faire le bien. Saint Joseph, après la vision de l'Ange, montre bien cette première qualité de son obéissance, quand il sort de son sommeil,— Exurgens a somno. En second lieu, l'obéissance doit être prompte : « Ne différez pas de jour en jour, ne tardez pas, » est-il dit dans l'Er.clésiastique. Aussi l'Evangile remarque-t-il de saint Joseph « qu'il fît de suite ce que l'Ange lui avait ordonné. » La troisième qualité de l'obéissance est d'être ponctuelle. Le vrai obéissant s'attache aux circonstances du commandement pour les accomplir toutes avec une scrupuleuse fidélité. Joseph agit en tout comme il lui avait été commandé. Enfin, la véritable obéissance est discrète. Ce n'est pas en aveugle qu'il faut obéir, mais en gardant la grande et inviolable règle de la vie chrétienne: rien contre Dieu; en ne se soumettant au précepte qu'après en avoir bien reconnu la légitimité : fccit sicut prœcepitei angélus \
• D. Thom. Comment, in Malth
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