‹ Jésus-ChristChapitre 12 sur 63 · II. — « Alors Jésus levant les yeux en haut, dit : Mon · texte numérisé non relu

II. — « Alors Jésus levant les yeux en haut, dit : Mon

1 Myslice remotio lapidis signât araotionom egalium observantiarum a iidelibus Christi ex gentibusad Ecelesiam vententibus. De boc ergo dicit Dominus : « Tollite lapidem, » id est legis pondus, et gratiara pradioate. — Per lapidem superpositum subintelligitur lex qua3 ia lapide scripta est, et peccatum non lollebat, sed tenebat eos in peccato.

Mystice « jam fœtet » dicilur de illo qui jam peceare consuovit. « Jam fœtet » sciiicet perpessimam famameujus odor deterrimus per peccatum consurgit. Ex malis operibus fœtor et malus odor évaporât. « Ascendet fœtor ejus et ascu'ndet putredo ejus, quia superbe egit. »Joel u. (D. Thom. Comment, in Joan., cap. xi, lec. 5.)

Pèrî, je vous rends grâces... » Pourquoi cette prière" L'hérésie l'a attaquée violemment, et l'a donnée commf une infaillible preuve que Jésus n'était pas Dieu et ne prétendait pas l'être, mais, comme les autres prophètes, réclamait, avant d'opérer le miracle, la puissance divine qui lui était étrangère et dont il avait besoin. L'erreur est ici légère et inconsidérée, comme en toutes ses objections, où elle n'embrasse jamais dans son ensemble la doctrine de la vérité, mais l'altère et la morcelle, puis en attaque les lambeaux épars. Qu'est-ce que Jésus -Christ, le Dieu et l'Homme hypostatiquement unis dans l'unité d'une seule et même divine personne ? Contemplons cet Homme-Dieu au tombeau de Lazare. Il ressuscite le mort: voilà Dieu; il prie son père : voilà l'homme. Autant sa parole est vivificatrice pour prouver sa divinité, autant l'est sa prière pour prouver en lui la réalité de la nature humaine. Homme, il glorifie son père par une prière que sa grandeur divine revêt d'une infinie perfection ; Dieu, sa prière est le signe de l'unité de volonté entre lui et le principe d'où il est engendré, Écoutons saint Thomas : Cum cadem sit voluntas Patrîs et Filii, quandocumque Palcr implet voluntatcm suam, implet voluntatcm Flii. Dicit ergo Filius secundum quod Verbum: quoniam audisti me, idest : fecisti qux erant in Verbo tuo ut fièrent. Divina enim et perfecta sunt{. » Cette prière est ainsi la manifestation solennelle ds Jésus- Christ selon sa double nature, et au lieu de donner prise à l'erreur, elle est l'inébranlable fondement de la vérité. Mais, dans cette prière, Jésus-Christ voulait plus qu'affermir le grand dogme de son Incarnation ; il voulait nous offrir le modèle de nos propres actions de grâces et

• D. Thom. Comment, in Joan., cap. xi, lec. 6.

de nos propres supplications ; et en même temps nous en faire voir la merveilleuse efficacité. Comment prier? Première et indispensable condition : élever son âme, l'arracher aux bassesses terrestres, et lui faire prendre un vol magnanime vers les hautes et divines régions de la foi ; conversalio nostra in cœlis est. L'âme qui ne sait plus regarder le ciel ; pour qui le ciel n'est plus « la Patrie désirable, » « le principe de toutes ses joies, » « qui goûte le monde et tout ce qui est dans le monde, » cette dme-là ne prie pas ou elle prie mal : il faut « voir les choses invisibles » pour y aspirer, et y aspirer pour s'y élever dans une ardente prière. Cette belle et forte doctrine, Jésus-Christ nous la prêche par le seul mouvement de ses yeux: elevatis sursum oculis, « levant les yeux en haut... » Quelle sera encore l'âme de prière? L'âme aimante, l'âme pleine de gratitude et d'amour, l'âme qui en toutes choses voit Dieu, goûte Dieu, rend grâce à Dieu ; l'âme qui comprend et savoure ce mot de la grande prière chrétienne : sancti/icetur nomen iuum. « Alors Jésus levant les yeux en haut, dit : mon Père, je vous rends grâce! » 0 merveilleuse efficacité ! ô richesse inépuisable de la prière ! âme chrétienne, répète-toi mille et mille fois à toi-même cette garantie divine, cette infaillible assurance: vous m1 écoutez toujours, semper me audis. Ame défiante, âme étroite, âme trop peu faite aux sublimités de ta vocation et aux vastes desseins de ton Dieu ; tu lui as demandé quelque bagatelle terrestre, et tu te plains avec amertune de n'avoir pas été exaucée ? Ah ! ton Dieu t'écoutait, il t'exauçait divinement, amplement, quasi infiniment : tu demandais la poussière, il te donnait l'or ; tu réclamais ce monde chétif et caduc, il te donnait l'autre étincelant et immortel. Vous m' écoutez toujours ! Où donc est le danger de nos prières ?

Qu'elles ne soient pas écoutées ? à Dieu ne plaise ! toujours elles le sont ; mais qu'elles soient trop timides, trop terrestres, trop défiantes. « Nous avons cette audace, dit l'Apôtre, d'oser toujours. » Osons toujours, et osons tout : ce sera la garantie et l'assurance d'une pleine efficacité. Mon Dieu, donnez-moi votre fortune ! mon Dieu, donnez-moi votre gloire, votre héritage, votre béatitude ! mon Dieu, je veux être dieu! faitesmoi dieu comme vous, avec vous, sur votre trône, dans vos splendeurs, « au milieu des splendeurs des saints !» Voilà la magnanime prière chrétienne ; voilà la prière toujours exaucée; Ego sciebam quia semper me audis*.

III. — Nous voici parvenus au moment solennel : Jésus a frémi devant nos désastres ; il a pleuré sur nos suprêmes infortunes : il le fallait pour nous en faire comprendre l'immensité, il le fallait plus encore pour nous révéler tout ce qu'il y avait de tendresse et de dévouement renfermé dans le cœur de l'Ami et du Père que la Rédemption nous donnait. Mais l'œuvre même de cette Rédemption, c'est de soulager ces dou-

iModuniorandi ponit congruenlem, quia: elevalis sursum oculis, id est, inlelligenliam suara erexit, adducens illam per orationem ad ex;elsum Patreru. Nobis autem, si ad exemplura Christi oraw volumus, necesse est levare oeulos mentis nostree ad eum, rerno» vendu illos a prœsentibus rébus, raemoria, cogitationibus, inteationibus. Levamus etiam oeulos ad Deum quando non confidentes, de meritis nostris de sola misericordia speramus.

Per hoc autem quod in principio orationis gratias agit datur nobis exemplum quod cum orare volumus, antequam futura pctainus pro perceptis beneliciis Deo gratias referamus. (D.Thom. Comment, in Joan., cap. xi, lec. 6 )

leurs et de subvenir à ces infortunes ; et comme la plus effroyable dos ruines est celle de la tombe, c'est sur elle que le mot régénérateur va retentir : Lazare, veni foras ! Étudions d'abord le miracle dans son sens obvie et naturel ; nous en scruterons après les significations mystiques.

l.« Après ces paroles ', Jésus cria d'une voix forte... » Pourquoi ce grand cri et cette puissante clameur? C'est la voix souveraine, c'est le cri dominateur. Le prophète avait chanté l'éclat magnifique de cette voix de Dieu dans l'univers : « Voix du Seigneur, voix pleine de force ; voix du Seigneur remplie de gloire ; voix du Seigneur qui brise les cèdres ; le Seigneur brise les cèdres du Liban. Voix du Seigneur qui entr'ouvre les mers, qui fait jaillir la flamme; voix du Seigneur qui ébranle la solitude, et qui jette l'épouvante dans les déserts de Cadès. » Tel se montre en face de la solitude morne et sombre du sépulcre, le Dieu dont la voix commande à la mort, et triomphe des forces et des résistances du tombeau. Vox Domini in virlute. Qu'à ce moment suprême Jésus-Christ est grand ! qu'il est Roi ! qu'il est Dieu ! « Un mot et tout est fait : un ordre, et tout est exécuté. » La mort est vaincue, le sépulcre est dans l'épouvante, la bète terrassée rend la proie qu'elle achevait de dévorer et d'anéantir. Lazare, veni foras! « Lazare, sortez » Et slatim prodiit qui fuerat mort uns. Voilà Dieu ! Partout nous retrouvons ce statim, cet

1 « .... Mon Père, je vous rends grâce de ce que vous m'avez écouté. Pour moi, je savais que vous m'écoulez toujours ; maisc'est à cause de ce peuple qui m'entoure que j'a: parlé, alin qu'iis croient que c'est vous qui m'avez envoyé. »

« aussitôt » divin. Quand le Dieu créateur, penché sur l'immobile abîme du néant, a dit le grand mot : fiât ! tout jaillit, tout apparaît, tout s'organise, tout est parfait. Quand le Dieu Rédempteur, penché sur la tombe de l'homme, a jeté aux profondeurs du sépulcre la grande parole qui l'ébranlé tout entier : Statim prodiit qui mortuus fuerat.

« Lazare, sortez ! » Les prophètes avaient ressuscité quelques morts ; mais on n'avait pas encore traité la mort d'une manière si impérieuse. G'est que « le temps devait venir, et déjà il était venu, disait le Sauveur, que ceux qui sont dans le tombeau entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l'entendront, recevront la vie. » Ce qui se fait maintenant pour le seul Lazare se fera un jour pour tous les hommes. Lazare sortit à l'instant, quoique « lié de bandelettes , » à peu près comme un enfant dans le berceau, « le visage enveloppé d'un linge : » un homme vivant ne pourrait se remuer en cet état; cependant un mort se lève, et paraît, tant il y a d'efficace dans la parole du Sauveur1. »

« Jésus leur dit : déliez-le et le laissez aller. » Cm n'a point dit ni où il alla, ni ce qu'il dit, ni ce qu'on lui dit, ni où il avait été, ni comment il se trouvait : toutes questions superflues. Dieu, qui dès le moment de sa mort savait ce qu'il en voulait faire, avait tout réglé : il savait par où nous devaient venir les vérités de l'autre vie. Jésus notre Docteur savait tout et avait tout vu dans la source. La simplicité du narré nous apprend ce qu'on doit considérer dans les grandes choses, et comme il y faut mépriser les minuties 2.

1 Bossuet, Méditât. — i Bossnct, Méditai, . .

« Déliez-. e et le laissez aller. » C'est à la foule, c'est aux juifs, ses envieux et ses mortels ennemis, que Jésus- Christ s'adresse : c'est à eux à voir Lazare de tout près, à le toucher, à le « délier, » à se convaincre par la plus îttentive expérience qu'il est aussi vivant qu'ils l'avaient vu mort, corrompu, pourri. Ni Jésus, ni ses disciples, ni aucun de ses amis ne s'approchent de Lazare : les ennemis seuls sont invités à constater le miracle ; ce sont là les plus irrécusables témoins. Témoignage si puissant, si invincible, argument si écrasant, preuve si désespérante pour les négations de la haine, que les pharisiens songeront bien à faire mourir Lazare, mais ne songeront pas à nier sa résurrection, ni à l'attribuer à quelque supercherie ou à quelque vain prestige.

2. Laissons ces orgueilleux à leur stupéfaction et à leur dépit, laissons Marthe et Marie à l'ivresse de leur joie et aux transports de leur reconnaissance : tournons notre méditation vers les significations grandioses de ce magnifique miracle.

Nous avons eu déjà l'occasion de le remarquer, cette scène est l'histoire dramatisée de la Rédemption. Ce tombeau, ce Lazare, cette pourriture, c'est, pour ainsi parler, le genre humain tout entier mis sous nos yeux. Ce sépulcre, c'est l'immense sépulcre où les générations dorment leur sommeil séculaire, attendant cette heure dont le Christ Rédempteur disait : « l'heure doit venir, et elle est venue, que les morts qui sont dans le tombeau entendront la voix du Fils de Dieu, et tous ceux qui l'entendront, vivront. » Cette heure « est venue. » Le Fils de Dieu descend du ciel, prononçant ces ineffables paroles : « Lazare, notre ami, dort, mais je vais le tirer de son sommeil. » La résurrection commencée dans la

vie de la grâce se consommera au dernier jour dans la résurrection à la vie éternelle. C'est la scène dernière dont nous entendons parler ici. La grande voix de Jésus-Christ, c'est ce grand cri, c'est cette clameur immense, cette voix puissante de la trompette, qui sert de signal à la résurrection de tout le genre humain couché depuis les siècles dans le tombeau : au signal donné, au cri de l'Archange, au son de la trompette de Dieu*. La circonstance d'une identique instantanéité achève de rendre frappante la similitude entre les deux événements. Pour Lazare : Statim prodiit qui fuerat mortuus, « celui qui avait été mort se leva aussitôt. » Pour le mort du dernier jour, le genre humain, le Lazare du dernier miracle, in ictu oculi, dit l'Apôtre ; sa résurrection se fera en un clin d'œil. Lazare, plein dévie, sort du sépulcre, et est délié des bandelettes, dépouillé de son suaire et débarrassé de son linceul. Rendue à une vie immortelle, sortie des profondeurs de sa tombe, l'humanité est pour toujours exempte des liens de la mortalité et des empêchements d'une chair infirme et grossière. « La mort sera absorbée par la vie2. » « Déliée » pour toujours des misères de cette vie, elle ressuscite à la « rédemption de son corps » et à la glorieuse « liberté des enfants de Dieu. »

» I Thessal., iv. — s Vox ista magna : Lazare, veni foras! reprœsenlativa est illius magna) vocis quse erit in communi resurreclione per quam omnes de monumentis resuscitabuntur. Malin., xxv : « Media nocte, clamor factus est, etc., » Clamât, inquam. dicens : Lazare, vent foras ! Quem ideo ex proprio nomine vocat, quia tanta erat virtus vocis ejus quod pariter omnes mortui cogerentur exire, nisi per expressionem nomims virtutem suam ad unam delerminasset. CD. Thom. Comment. in Jùan., cap. xi, lcc. 6.^

Mais cotte scène de Lazare deEéthanie, PEsprit-Saint

la destine à un autre emploi encore et lui donne une autre signification : elle dramatise deux autres œuvres de Di;u, l'une générale, l'autre particulière; l'une qui s'applique à l'humanité déchue tout entière, telle que la trouva le Verbe incarné en venant en ce monde, l'autre qui regarde chaque âme pécheresse en particulier telle que la trouve, pour la ressusciter à la vie de la grâce, la miséricorde du Rédempteur. Car, suivant la belle pensée d'un orateur, après avoir visité, guéri, ressuscité l'humanité entière, Dieu refait pour chaque âme les œuvres de grâce et de résurrection accomplies iutrefois pour tous. Dieu est venu placer devant l'humanité sa personne, sa parole, ses actes, sa vie, et de peur que ce ne fût pas encore assez, il est mort sous ses yeux, crucifié de sa main. Gela fait pour tous, il s'en est armé contre chacun ; il poursuit l'humanité âme par âme, jour par jour'. Après avoir, penché sur le sépulcre où gisait le genre humain, crié à ce mort durant les jours de sa vie mortelle : Lazare, sortes! il redit cette parole en chaque âme. Après avoir ressuscité le monde du tombeau de l'idolâtrie, il ressuscite chaque pécheur qui l'écoute des profondeurs de sa perdition.

Trois mots remplissent l'histoire entière de la conversion du monde par l'Evangile, tout se résume dans une triple phase que parcourt le genre humain de sa dégradation aux splendeurs de la vie divine que Jésus- Christ lui apporte : une tombe, une résurrection, une gloire éternelle. Quand Jésus-Christ vint au monde, il trouva tout dans la dissolution de la mort et l'infection du sépulcre, tout écrasé sous la pierre du péché et de la.

» LacorJaire.

déchéance. A ce cadavre, il jeta son cri de résurrection ; veni foras ! C'est le cri unique, perpétuel , éclatant des Apôtres au milieu du monde, au milieu du Judaïsme comme de la Gentilité. A peine ce cri est-il entendu, que les âmes sortent par milliers de leurs tombes, statim prodiit qui fuerat mortuus ; elles vivent, elles agissent, elles forment ce puissant et splendide royaume des âmes qu'on nomme l'Eglise catholique : le grand miracle de la puissance divine est accompli, l'immense famille des saints et des élus de Dieu est debout : statim prodiit. Mais ce ne sont là encore que les jours de la grâce; l'humanité ressuscitée à la vie de la grâce, ne l'est pas encore à la vie de la gloire , la mortalité avec ses entraves, les pénalités et les misères de l'exil nous tiennent encore enchaînés ; le Lazare est sorti du tombeau, mais a lié aux pieds et aux mains de bandelettes, et le visage enveloppé d'un suaire ; » la concupiscence nous enveloppe, les passions nous circonviennent, la chair comprime incessamment les plus magnanimes essors de notre âme, le voile du mystère est sur nos yeux , le suaire des choses terrestres nous recouvre. Vient l'heure où, complétant son miracle, mettant la dernière perfection à son œuvre en nous, Jésus dit : « Déliez-le et le laissez aller. » La miséricordieuse main du trépas exécute l'ordre, nous dépouille « des bandelettes et du suaire, » arrache tous les liens de la mortalité, ouvre vers l'éternité un chemin libre de tout obstacle. Pendant que l'Église dit de sa voix maternelle : Proficiscere, anima christiana ! l'âme prend son vol et « se rend à son éternité. » C'est l'Élu qui, dépouillé « du corps de mort, « admis enfin à la liberté des enfants de Dieu, jouit près de son Père, dans son royaume, pour une éternité, de la plénitude de la liberté, de la gloire,

de lu vie. Il soupirait dans l'exil : f aspire à être délié pour m'en aller vivre avec le Christ {. Cette heure bénie est venue : il est « délié, » et il « va » au Christ, à la béatitude éternelle, à l'éternel triomphe 2.

Il est une autre réalité touchante et divine, dont la résurrection de Lazare avec ses diverses circonstances est une frappante prophétie : C'est toute l'histoire de l'âme au saint tribunal de la pénitence 3. I/àme est là dans le sépulcre du péché, dans la mort et la corruption de ses crimes ; le sépulcre cache bien des hontes, la pierre scelle bien des infamies, fœtet ! Mais Jésus aime encore le pécheur : il prête une oreille attentive et il ouvre son cœur, quand le pécheur vient lui dire : « Seigneur, celui que vous aimez est malade. » Il l'appelle son ami : notre ami dort, dit-il, il sommeille dans sa vie d'indifférence et d'oubli , il gît dans ses habitudes mauvaises et dans le sépulcre de ses passions; mais j'irai et je le ferai sortir de son sommeil. Remarquons ce mot vado... ut excitem; qu'il est juste ! que c'est bien là le travail de la grâce, sa première touche dans une âme

iPhilipp. — 2 Datur perhoc inlelligi quod Christus vocat foras peccatores exiro de conversatione peccaLi. Prodil peccator quando exit pœnitendo a consuetudine peccaii ad slatum justitiae. Qui laraen habet manus ligatas inslitis, id est carnalibus concupiscenliis, quia adhuc in corpore conslituti, alieni a molestas esst non possunt etiam a peccatis résurgentes. Quod autem faciès eju< sudario tecta erat, hoc est quod in hac vita plenam cognitionera Dei habere non possumus. Et ideo solvere eum jubet et abire : quia post hanc vitam auferentur a peccato surgentibus omnia velamina, ut Deum facie ad faciem contemplentur. Tune enim solvetur corruptibilitas corporis qure est quasi quoddam vinculum ligans et aggravans animam. (D. Thom. Gomment, in Joan., cap. xi, lec. 6.)— 8 Abus modus est prodeundi per confessionem.

qu'elle va ressusciter. Excitem. Voilà l'âme mystérieusement remuée, excitée, poussée par des désirs purs et célestes, émue de vivifiants repentirs, assombrie par de divines tristesses, attirée par de suaves douceurs. Elle est morte encore, mais on pressent l'approche de Jésus et le réveil de la vie. Enfin la voix divine, l'irrésistible parole est dite, le miracle s'opère, le pécheur est converti, Lazare sort de son tombeau. Lazare, veni foras. Prodiit, dit le texte, « Lazare sortit. » Ressusciter, c'est sortir, c'est se montrer au grand jour, c'est découvrir au prêtre les secrets de la tombe, le faire pénétrer dans les infectes profondeurs d'une conscience souillée. L'œuvre est faite : Lazare « est sorti.» Reste à le « délier » : Jésus-Christ, à qui seul il appartient de ressusciter, s'est, pour l'absolution, substitué des ministres auxquels il a dit : « tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. » C'est à eux qu'il donne le pouvoir et l'ordre d'absoudre les pécheurs, les Lazare, que sa puissance rappelle du sépulcre et auxquels sa grâce rend la vie : Jésus leur dit: de liez -le.

Nous ne pouvons, quand nous parlons des œuvres de Jésus-Christ, taire ses plus miséricordieuses et ses plus continuelles, les guérisons « de toute maladie et de ;oute infirmité. » Mais ce sujet même, en même temps qu'il nous attire par ses charmes et la richesse de ses enseignements, nous désespère par son immensité. C'est là, suivant la belle expression de saint Jean Chrysostome, « un océan sans limite, » où il est téméraire ie s'engager, et d'où il est comme impossible, une fois engagé, de sortir. Nous ne pouvons, dans cet ouvrage que nous avons rendu court pour le faire plus utile, commenter toutes les guérisons opérées par Jésus, notre céleste et charitable médecin : nous nous occuperons de quelques-unes, les commentant avec bricv3té, sur les textes du Docteur Angélique.

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