‹ Jésus-ChristChapitre 15 sur 63 · LES DÉMONIAQUES DÉLIVRÉS · texte numérisé non relu

LES DÉMONIAQUES DÉLIVRÉS

Ce miracle, opéré dans le pays des Géraséniens ', nous déchire le voile qui nous cache l'existence et les malfaisantes interventions du monde diabolique. La perspective est à la fois sinistre et salutaire. Exposés que nous sommes continuellement à subir les assauts de ces implacables et furieux ennemis, il importe que nous les connaissions pour les éviter, les combattre et les haïr.

' MaUh,, vin; Marc, v; Luc, u.l.

La suite du drame évangélique nous expose leurs ruses et leur perversité, leur faiblesse et leurs supplices, leur effrayante puissance quand nous nous livrons à eux.

I. — Dans la scène que nous déroulent les Synoptiques, deux victimes ' s'offrent à nous, horriblement torturées. Ces démoniaques habitent les tombeaux, ils poussent des clameurs épouvantables, et nulle force n'est capable de les enchaîner. Cette révélation nous fait comprendre l'état de la société païenne avant Jésus- Christ. Les démons l'infestaient tout entière, « en étaient les princes et les conducteurs, » y avaient organisé leur culte, et maintenaient leurs adorateurs dans une terreur mystérieuse par les prestiges formidables dont ils les frappaient. Or, de tous les prestiges, les plus dangereux étaient ceux qui, ayant les sépulcres pour théâtres, poussaient les peuples terrifiés à ces sacrifices expiatoires offerts pour les morts, où le sang humain coulait à flots.

Tout est saisissant dans la peinture que l'Évangile nous trace des deux malheureuses victimes dont les démons se sont emparés et qu'ils torturent. Quels traits ! Et comme l'état du péché, autre et plus terrible possession, est mis à nu d'une façon formidable ! Ces furieux ne supportent plus les vêtements dont les autres font à la fois leur défense et leur ornement. Le pécheur a déchiré sa splendide parure; il a dépouillé sa tunique divine, il a rejeté sa pourpre royale, il a

• Si saint Luc et saint Marc ne parlent que d'un seul démoniaque, tandis que saint Matthieu parle de deux, c'est qu'un seul attirait surtout 1 attention par une situation plus affreuse.

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