SANCT1F1CETUR NOMEN TUUM
Le Pater est par excellence l'exercice de l'amour; cette prière divine nous constitue dans nos véritables
* Familiaritas Dei ostend'ttur ad nos secundum quod per cœloa sancti accipiunlur. Quidam enira dixerunt propler altiludineia suam quod humana non curabat, et contra hos oportet dicerô et oslcndere quod ipse sit inlimior intime- nostro. Habitat aulem Deus in Sanctis per lidcm, Ephcs. m, 17 : <■ babitare Christum per fidem in cordibus vestris.» Per dilectionem, I Joan. iv. 16 : « Qui manet in charitate, in Deo manet et Deus in eo. » Per mandatorum impletionem. Joan. xiv, 23 : «Si quis diligit me,sermonem meum servabit ; et Pater meus diliget eum et ad eum veniemus et mansionem apud eum faciemus. — « Vous êtes le temple du Dieu vivant, selon ce que dit Dieu lui-même : j'habiterai en eux, j'y marcherai, je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. »
rapports avec Dieu, les rapports qu'établissent la divine adoption et la rédemption en Jésus-Christ. Dieu veut l'amour de sa créature intelligente; du reste de la création il retire un hommage froid et silencieux; de l'homme, il veut l'amour filial. C'est à ce but d'une ineffable douceur qu'il fait concourir toute l'économie des mystères ; toutes ses œuvres aboutissent à faire de nous des fils, à déposer dans nos cœurs « non plus des sentiments d'esclaves, mais des sentiments de fils, et à mettre sur nos lèvres cette magnifique et délicieuse clameur: « 0 Père, ô Père! » Le Pater est l'expansion toute filiale du saint amour : lame, dans cette prière, est aux pieds, ou plutôt sur le cœur d'un père ; clic l'appelle, elle le supplie, elle l'honore, elle veut le rejoindre, elle prend son vol vers la patrie où il règne, elle lui confie les désirs de son cœur, elle lui fait connaître ses besoins et ses détresses ; en tout son langage, dans chacune de ses invocations et ses demandes, se montrent à nu l'amour filial et la tendresse paternelle.
Or ce n'est pas aimer que de se retrancher dans un froid égoïsme, et de ne pas songer à remplir les désirs de l'objet aimé. Qui aime véritablement sans que le souhait s'épanouisse sur ses lèvres ? sans que des vœux ardents lui naissent au cœur et se fassent jour dans de gracieuses et chaudes formules? Que dira donc le fils de Dieu? Après qu'il aura dit : Notre Père, après que, en ajoutant : qui êtes aux deux, il aura pris un mystérieux essor vers ce tendre ctbien-aimé Père, que restet-il sinon qu'il se préoccupe de la gloire de ce Père et qu'il fasse pour cette gloire, pour sa manifestation, son extension, des vœux ardents? Il lui adressera donc ce souhait tout filial : sancli/icetur nom en tuum, « que votre nom soit sanctifié. »
Mais qu'est-ce qu'un semblable vœu? Quel sens lui attribuer, et comment ne pas le regarder comme absolument irréalisable ? Comment glorifier une gloire infinie ? Comment sanctifier Celui qui est la sainteté par essence ? Comment souhaiter à Dieu que « son nom soit sanctifié ? » Comment dire à Dieu : que votre nom soit sanctifié ?
Dieu qui est « plénitude infinie, » Puissance, Gloire, Majesté infinies, n'a sans doute en lui - même aucun besoin, et trouve dans les richesses infinies de son infinie nature de quoi satisfaire éternellement ses infinis besoins de gloire, de joie et de béatitude. Mais Dieu, par ses œuvres, est sorti de lui-même, pour ainsi parler, il a livré au dehors sa perfection et sa gloire, quand il les a empreintes dans la création et les a fait connaître et glorifier par les êtres que sa munificence a conquis sur le néant. C'est là que nous désirons l'exaltation et l'accroissement de la gloire divine. Si en lui-même Dieu ne peut augmenter en perfection et en gloire, si ce divin Soleil ne peut accroître ses rayons infinis, au-dessous de lui, dans la région des mondes, plus de regards peuvent s'ouvrir sur lui, plus d'acclamations peuvent exalter sa magnificence. Voilà le désir des enfants de Dieu : voilà l'objet des souhaits ardents de leurs cœurs, et pourquoi ils ne cessent de dire à leur Père qui est dans les cieux : que votre nom soit sanctifié *.
« Ilabet autom hoc ordo charitalis ut Deus super orania diligatur : et ideo primum desideriuin noslrum movet charitas ad ea quaî sunt Dei. Scd cum desiderium sit boni fuluri; Deo autem, Sicundum quod in eo consideratur, nihil in fulurum adveniat, sod œlernaliler codera modo sehabeat, desiderium nostruranon poleai Corn ad ca quao Dci sunt prout in seipsis considerantur •
Mais ce désir même est une fleur qui réclame son fruit : c'est peu encore que nos lèvres proclament la gloire divine, et que nos cœurs la désirent, il nous faut
ul scilicot Deus aliqua bona obtineat quae non habet. Sic autem ad ipsa fertur nostra dilectio, ut ea tanquam. exislentia amemus. Polest tamen hoc desiderari de Deo ut in opinione et reverentia omnium magnifieelur, qui in seipso semper magnus existit. Hoc autem non est tanquam impossible reputandum. Cum enim ad hoc faclus sit homo, ut magnitudinem divinam cognoscat, si ad eam percipiendam pervenire non possil, videretur in vanum constitutus esse contra id quod in Psalm. XXXVII, 48, dicitur : « Numquid enim vane constituisti omnes filios hominum ? » Esset quoque inane desiderium natura, quo omnes naturaliter desiderant aliquid cognoscere de divinis.... Cognitio divinae magnitudinis et bonitatis hominibus pervenire non posset nisi per gratiam revelationis divinaj secundum illud Matth., xi, 27 : a Nemo novit Filium nisi Pater; neque Patrem quis novit, nisi Filius, et cui voluerit Filius revelare. »
Indicat se Deus aliqualiter hominibus naturali quadam cognitione cognoscendum per hoc quod hominibus lumen rationis infundit, et creaturas visibiles condidit, in quibus bonitatis et sapientiae ipsius aliqualiter relucent vesligia, secundum illud, Rom. i, 19 : « quod notum est Dei, » id est quod cognoscibile est de Deo per naturalem rationem, « manifestum est illis, » scilicot gentilibus hominibus : « Deus enim illis revelavit, » scilicot per lumen rationis et per creaturas quas condidit. Ista tamen imperl'ectaest, quia nec ipsa creatura perfecte ab homine conspici potest, et etiam creatura déficit a perfecta Dei reprocsentatione quia virtus hujus causae in infinitum excedit effectuai. Unde dicitur, Job. xi, 7 : « Forsitan vestigia Dei comprehendes, et usque ad perfectum Omnipotentem reperies? » — Et Job subdit : « unusquisque intuetur procul. »
Ex hujus autem imperfectione cognitionis consecutum est ut homines a veritate discedentes diverslmode circa cognilionem Dei errarent. (D. Thom. Opuscul. I, pars II, cap. vin.)
332 CHAHTRE TREIZIÈME
encore nous efforcer de la procurer. Et comment ? Dieu kii-même nous l'enseigne dans les deux grands moyens qu'il a mis en œuvre pour assurer dans l'univers le règne de sa gloire. Dieu, pour faire jaillir au dehors de lui des reflets de sa perfection intime, a créé deux mondes : le monde naturel et le monde infiniment plus vaste, plus radieux, plus magnifique de la grâce et de la gloire; c'est dans ces deux œuvres que le nom de Dieu est sanctifié, connu, glorifié, exalté. C'est par elles deux que nous devons nous-mêmes nous acquitter du tribut d'honneur que nous devons à ce nom.
« Les cieux racontent la gloire de Dieu : » l'univers est une lyre qui chante perpétuellement les grandeurs, les miséricordes, les puissances du Dieu qui l'a tiré du néant, l'a orné et l'a rempli de merveilles. D'une extrémité à l'autre de l'univers, le nom de Dieu est admirable. En chaque être sa puissance se déploie, sa perfection rayonne, tout manifeste, tout célèbre les perfections du Créateur suprême, de qui les mondes tirent leur vie, leur force et leur beauté. Chaque partie de l'univers, chaque grande scène de la création offre, dans un spectacle nouveau, dans une révélation particulière, quelque trait du Dieu invisible, quelque éclatante vision de la perfection inaccessible de la Divinité. Si nous demandons à saint Paul pourquoi le monde avec ses merveilleuses beautés et ses immensités incommensurables, il nous répond que l'univers est un livre sacré où l'homme doit apprendre Dieu ; un miroir splendide qui lui donne: u 1 reflet des divines perfections, un vêtement ou un nuage dont Dieu se recouvre pour se manifester à l'homme naturel, autant que la lumière et les forces naturelles peuvent porter de cette écrasante révélation. « Ce que l'on peut connaître naturellement de Dieu fut
connu parmi eux. Dieu le leur manifesta : ses perfections invisibles sont, depuis la création du monde, devenues visibles par la connaissance que nous en donnent les créatures, et de même sa puissance éternelle et sa Divinité. » Quand donc l'homme jette sur l'univers un regard d'admiration, il doit élever par-dessus lui son admiration et sa louange ; il doit atteindre au Dieu des mondes, par qui seul tous les mondes ont la beauté et la vie ; il doit répéter, en contemplant dans la création entière les traces si visibles du Créateur et les vestiges radieux de sa sagesse et de sa puissance : 0 Dieu, que votre nom est admirable par toute la terre ! Qu'il soit donc béni, loué, aimé, exalté, ce nom que tout célèbre, ce nom par la puissance duquel tout a été créé : que votre nom soit sanctifié! Servons - nous donc de la création pour nous élever jusqu'à Dieu : lisons dans ces pages grandioses tout ce qu'il a plu à Dieu de nous apprendre de lui : ne soyons pas semblables à ces Gentils ingrats et insensés qui « ayant connu Dieu » dans ses splendides œuvres « ne le glorifièrent pas comme Dieu, » usèrent de l'œuvre en méconnaissant l'ouvrier, se servirent du bienfait sans vouloir se tourner un instant vers le bienfaiteur, et marchèrent dans les magnificences du domaine du Très-Haut sans songer même à l'honorer d'un regard et d'une pensée. C'est le crime du monde. C'est l'apostasie pratique de la foule. Les enfants de Dieu doivent avoir en horreur une si détestable ingratitude et une si brutale insensibilité. Pour eux, la création conserve sa destination primitive, elle porte leurs âmes et leurs cœurs jusqu'au Père céleste, de qui ils tiennent tant de merveilles et de bienfaits. « Notre Père qui êtes aux cicux, que votre nom soit sanctifié. » Mais si le spectacle de l'univers et la voix des mon-
des « racontent la gloire de Dieu, » cette manifestation trop incomplète et trop vague ne pouvait suffire à la grandeur et à la bonté de Dieu ; Dieu voulait de ses créatures intelligentes un cri d'admiration plus profond, des louanges et des actions de grâces plus senties et plus vives, et pour cela une manifestation de lui-même plus éclatante et plus sublime. Par ses lumières naturelles l'homme ne pouvait que voir Dieu de bien loin, selon le mot de Job : unusquisque intuetur procul ; Dieu se montra à lui face à face; et à travers le voile léger de la foi, se donna à contempler dans les réalités mystérieuses de son essence, revelata facie gloriam Domini spéculantes. Son Verbe, sa Sagesse, « l'éclat de sa splendeur et la figure de sa substance, » descendit du ciel, s'en vint sur la terre fonder la gloire du Nom divin et lui rendre des hommages et des honneurs infinis. Cest alors, c'est par lui que ce « Nom devint » véritablement « admirable dans le monde entier. » Le Veirbe Incarné se fit Médiateur et Pontife de gloire, il réunit à lui les créatures intelligentes, les ennoblit, les déifia, leur fit rendre des accents divins, leur mit au cœur des sentiments célestes, aux lèvres des cantiques fublimes, et « d'inénarrables gémissements. » Alors du ciel à la terre, d'une extrémité à l'autre de l'immense empire du Très-Haut, s'éleva le concert de louanges dont l'infinie douceur et l'infini éclat sont seuls dignes de la Majesté infinie qu'ils célèbrent. Tout, pour célébrer le Nom de Dieu, emprunte la voix du Verbe Fils de Dieu ; tout dans la création chante divinement la gloire divine, et, selon que l'avait annoncé un prophète : le nom de Dieu est grand par toute la terre *.
* Ut toti humano generi vera Dei cognitio proveniret, Verbum
« Qu'admirable est votre Nom ! » Car c'est en votre nom, 6 Dieu, que la mort a été vaincue et ses forces à jamais brisées ; c'est par votre Nom que les démons ont été vaincus,le ciel rendu accessible, les portes du paradis Ouvertes, l'Esprit-Saint envoyé à nos âmes. Par ce nom
suis virtutis unigenitum Deus Pater misit in mundum ut per L'ura lotus mundus ad verara cognitionem divini Nominis perveniret. Et hoc quidom Dominus facere inchoavit in suis discipulis secundura illud, Joaa., xvn, 6 : « mauifestavi nomea tuum hominibus quos dedisti mihi de mundo. » Nec in hoc terminabatur ejus intentio ut il li soli Deitatis haberent notitiam sed per cos divulgaretur in mundum universum. Unde postea subdit : o ut mundus credat quia tu me misisti. » Quod quidem per apostolos et successores eorum continue agit, dum ad Dei notitiam per eos homines adducuntur, quousque per totum mundum Nomen Dei sanclum et célèbre habeatur, sicut praediclum est, Malach., i : « ab ortu solis usque ad occasum magnum est Nomen meum in gentibus. a
Ut igitur quod inchoatum est ad consummalionem perveniat, petimus dicentes : Sandificetur Nomen tuum : quod ut ait Augus» tinus, non sic petitur quasi non sit sanctum nomen Dei, sed ut sanctum habeatur ab hominibus ; id est ita innotescat Deus. ut non aestimetur aliquid sanctius. Inter alia vero indicia quibua ganctitas Dei manifestatur hominibus, evidenlissimum signum est sanctitas hominum qui ex divina inhabitatione sanctificatur. Ut enim Gregorius Nyssenus dicit : « quis est tam bestialis, qui vidons in credentibus vitam puram non glorificet nomen invocatum in talivita?» Et ideo sanctus Chrysostomus dicit, in hoc quod dicit : Sanctificelur nomen tuum, rogareetiam jubet orantem per nostram glorificari vitam, ac si dicat, ita fac nos viveré, ut per nos te universi gloriticent. Sic autem per nos Deus sanctificatur in mentibus aliorum in quantum nos sanctilicamur per ipsum: unde dicendo sandificetur nomen tuum. optamus, sicut Cyprianus, ut nomen ejus sanctificetur in nobis. Quotidie deprecamur ut sanctificemur. (D. Thom. Opuscul. 1, pars II, cap. vm.\
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sacré les esclaves sont devenus libres, les ennemis des fils, les étrangers des héritiers, les hommes des anges. Que dis-je des anges ? Dieu s'est fait homme, et l'homme a été fait dieu. Les cieux ont reçu cette humanité formée sur la terre, la terre a reçu Celui qui siège sur les chérubins au milieu de l'armée angélique. La muraille de séparation a été abattue, l'obstacle qui nous tenait éloignés de Dieu a été renversé, les termes les plus extrêmes ont été réunis, les ténèbres ont été dissipées, une resplendissante lumière a apparu, et la mort a été dévorée par la vie'.» Delà terre entière comme de chaque âme sainte en particulier, la louange, purifiée et déifiée par le Verbe, s'échappe en brillants échos, le Nom de Dieu est proclamé grand et saint, et la terre répond au cantique du ciel : « il est saint ! il est saint ! » par une acclamation identique et la même ivresse de désirs et d'amour : sanclificetur nomen tuum !
Et si les lèvres chantent, la vie entière avec ses héroïsmes de vertu élève une voix plus vibrante et plus magnifique encore. Toute la vie du chrétien est un chant de louange à la gloire du Nom de Dieu. Chaque bonne œuvre est un hymne triomphal; chaque vertu pratiquée, une acclamation sublime à la sainteté et à la puissance de ce nom. L'Eglise catholique tout entière n'est qu'un immense chant de triomphe à la gloire du nom de Dieu. Elle chante Dieu dans sa foi et dans ses œuvres, chacun de ses sacrements proclame la sainteté de ce nom, chacune de ses conquêtes en étend la gloire, chacune de ses faiblesses divines en célèbre la mystérieuse puissance : un vaste cri s'élève de toute l'Eglise qui seul explique son exis-
1 Sanct. Chrysoslom. Homil. in Psalm. VIFI.
LA DIVINE TRIÈRE 337
tence, sa mission, ses travaux, ses triomphes : sancti/icelur nom en tuum !
Mais notre méditation sur les excellences du nom de Dieu resterait trop incomplète, si son infinie douceur ne nous apparaissait en même temps que sa gloire. Quel est-il le nom de Dieu ? C'est le nom qui réunit toutes les suavités ensemble, qui résume tous nos biens, qui consacre toutes les richesses dont une munificence infinie nous comble. Le nom de Dieu n'est-ce pas le nom d'un Père ? « Quand vous prierez, vous direz : Notre Père... » Un père ! quel bonheur d'avoir un pêro qui nous aime, nous accueille, nous protège, nous enrichit ! Quel est encore le nom de Dieu ? «Allez dire: Celui qui estm'envoie vers vous. » Dieu, que nous nommons notre Père, est donc Celui qui est : il est l'Etre sans défaillance, sans vicissitude, sans fin, il est la vie : je suis la vie, dit-il. Et quel est l'objet de mes plus ardentes, de mes plus invincibles aspirations, sinon la vie?. le veux vivre: vivre toujours ; j'ai horreur du tombeau, du néant : je veux vivre 1e la vraie vie, c'est-à-dire de la vie sans sou(ïrance,sans inquiétude, sans amoindrissement. Quel est encore le nom de Dieu ? Dieu s'appelle Récompense :je serai moimême la recompense, immense à Pexcès. Voilà le but de ma vie, voilà la vérité qui l'illumine, le nom de Dieu, qui en révèle les magnifiques destinées. Je suis occupé à la conquête d'un Dieu ! Je m'absorbe en cette œuvre sublime: «je jette tout, je regarde tout comme du fumier et de l'ordure.... pour conquérir Jésus-Christ» Dieu s'appelle encore la lumière : ego s uni lux mundi '
* Dicitur Lux ratione illuminalionis, quia sicut lux illuminai tenebras, ila nomen Dei illuminât tenebras mentis. Psal. XVII : « Deus meus, illumina tenebras meas » (D. Thom. Opuscul. V.
« je suis la lumière du monde. » Il est « la Lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde. » « Qui me suit, dit-il encore, ne marche pas dans les ténèbres ! Quel bonheur de ne marcher point dans les ténèbres ! « Qui marche dans les ténèbres ne sait pas où il va. » Et où vont ces malheureux qui « n'invoquent point le nom du Seigneur, » qui ne disent pas comme nous, tous les jours : que votre nom soit sanctifié, qui blasphèment ses mystères, rejettent sa foi et méprisent son salut ? Où vont-ils ? Ils ne le savent. A quels abîmes vont-ils aboutir? Dans quelles chutes éternelles se vontils briser ? Ils l'ignorent : ils marchent dans les ténèbres, et telle est l'épaisseur de ces mortelles ténèbres « dans ces hommes dont l'intelligence est toute chargée de ténèbres, » qu'ils ne conçoivent pas même l'horreur de leur position, qu'ils marchent tranquillement et joyeusement à leur épouvantable avenir, et poussent l'extravagance jusqu'à mettre dans une telle incertitude et de si affreuses obscurités leur orgueil et leur joie. « Nous, ô notre Père, nous mettons notre confiance clans votre nom à jamais ; » « à jamais nous glorifierons votre nom. »