‹ Jésus-ChristChapitre 118 sur 139 · ONE · texte numérisé non relu

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Fig. 148. — Intérieur de la crypte de saint Calliste, dite aussi cryple des papes (catacombes de Rome), restitué par M. de Rossi. 11e siècle. — Cette crypte, réservée d'abord à la famille Cæcilia, devint, par les soins de Calliste, qui en renouvela les dispositions, le lieu de sépulture des papes durant le troisième siècle. Elle servait à la fois de chapelle et de cimetière : sous un portique à colonnes et en dedans d'une balustrade un autel fut élevé à la place même où reposait sainte Cécile; le long des murailles, couvertes d'inscriptions et de peintures, étaient superposées les tombes (Joculi) des chrétiens.

bâtit sur le roc inébranlable; le sculpteur et le peintre expriment des vérités

que le temps n’effacera jamais. L’art chrétien est catholique comme l'Eglise;

partout ses œuvres seront comprises. Les missionnaires emporteront ses images aux extrémités de la terre et leur trouveront de pieux et sympathiques regards. Le temps n'aura pas pour lui plus de limites que l'espace; la Religion lui assure la perpétuité. Un artiste conçoit le plan d’un édifice; il en creuse à peine les fondements; mais les siècles seront ses ouvriers pour le construire: le ciseau et le pinceau l’orneront de chefs-d’œuvre, et les générations viendront s'agenouiller dans le temple qu'il a voulu consacrer au Seigneur. |

Si quelque révolution violente de la nature ou des hommes vient à le renverser, l’archéologie en visitera un jour les ruines et en renouvellera les beautés. Une main pieuse retirera peut-être des décombres quelque image sainte pour la replacer dans le sanctuaire, et Dieu la rendra célèbre par des miracles de sa miséricordieuse puissance. Le peintre des catacombes, qui tracait sur la tombe des martyrs des symboles de paix et de résurrection, ne pensait pas, sans doute, à une bien lointaine postérité, et voilà que la science contemporaine étudie avec ardeur ces antiques images et que l'Église y trouve la preuve de la perpétuité de ses dogmes. Nous ignorons les noms de ces ancêtres de l’art chrétien dont les œuvres nous instruisent et nous touchent encore à travers les âges; mais nous les connaîtrons un jour. Le ciel sera un grand musée de l’art chrétien. Les Grecs appelaient l’art une vertu, desr; ce nom ne convient-il pas surtout à l’art chrétien qui adore, qui prie, qui enseigne ? Le Christ, le Juge suprême, qui récompense tout ce qu'on fait pour lui, glorifiera ceux qui l’ont glorifié dans sa beauté. Puisque nous verrons resplendir sur le front des bienheureux les vertus qu'ils ont pratiquées, pourquoi ne verrions-nous pas, dans l’auréole des artistes, les œuvres de leur foi et de leur amour? Elles nous apparaîtront, non plus dans l’imperfection de leur exécution terrestre, mais dans tout l'idéal de

leurs saintes pensées.

LAA RICHE CGMURE CHRÉTIENNE.

Sa puissance et son unité d'action. — La basilique. — Le monastère, — Ameublement et vases sacrés.

L'architecture a une origine religieuse; ce fut avant tout, pour honorer

la divinité, qu’elle chercha le beau dans les lignes et les proportions. Elle

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n’embellit la demeure de l’homme qu'après avoir élevé les monuments de son culte, et ces monuments recurent des croyances qu'ils expriment leur caractère et leur grandeur. Le Christianisme, en apportant la vérité au monde, dut, par conséquent, exercer une grande influence sur l'architecture et lui inspirer des œuvres dignes de la supériorité de ses dogmes.

Il ne s'agissait plus en effet d’abriter les symboles du panthéisme indien, les animaux sacrés de l'Égypte ou les belles statues de la Grèce. Ce n'était pas à des dieux aveugles et sourds qu'il fallait bâtir une demeure; c'était au Dieu vivant et véritable.

L'architecture suivit d’abord l'Église aux catacombes, pour en creuser les galeries profondes, y aligner les tombes des martyrs, disposer les cubicula pour la célébration des mystères, tracer les arcosoles et décorer les voûtes. Lorsque le triomphe de Constantin lui eut rendu, avec la liberté, la lumière du jour, l’Église voulut des édifices dignes de ses dogmes et de son culte. Les temples anciens ne lui convenaient pas; elle en purifia quelquesuns qu’elle consacra comme les dépouilles opimes des dieux vaincus, mais elle choisit pour elle la basilique romaine, et l'architecture dut l’approprier à sa nouvelle destination.

La basilique était un monument ouvert au peuple par l'autorité souveraine ; c’est là qu’elle lui rendait la justice. L’accès en était facile à tous ; une partie centrale et des nefs latérales permettaient la circulation, sans troubler l’ordre. A l'extrémité se trouvait l'enceinte réservée pour les juges; la loi y sanctionnait les transactions et y punissait les coupables. Cet édifice était ainsi le centre de la vie sociale; il devint par sa nouvelle destination le: centre de la vie religieuse.

Il est intéressant d'étudier cette transformation de la basilique et son appropriation au culte depuis Constantin jusqu’à la Renaissance. La basilique de Saint-Paul hors les murs en est le type le plus remarquable par sa grandeur et son antiquité. La basilique de Saint-Clément en offre le plus complet modèle. Nous voyons l'Église y organiser sa liturgie et y donner à chacun et à chaque chose sa place. Le siége du Pontife est à l’abside ; au centre, le presbytère. L’autel s'élève sur le tombeau d’un martyr et se couronne d’un ciborium, fermé par des rideaux comme le Saint des Saints

de l’ancienne Loi. Les chantres sont dans la nef principale avec les diacres

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