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Fig. 150. — Architecture à coupoles : Coupe de l'église Sainte-Sophie de Constantinople. vie siècle. D’après les Vieux monuments chrétiens de Constantinople, publiés par W. Salzenberg.
et les sous-diacres qui lisent aux deux ambons l'Épitre et l'Évangile. Les hommes se tiennent à droite, les femmes à gauche; plus loin les catéchumènes et les pénitents.
Toute chose visible figure les choses invisibles. L'Église matérielle représente l’Église spirituelle du Christ, qui est bâtie sur le plan de la Croix, et les âmes en sont les pierres vivantes. Les colonnes sont les Apôtres qui la soutiennent ; les portes, les Personnes divines au nom desquelles on entre; la lumière des fenêtres, les dons du Saint-Esprit qui descendent d’en haut. Ainsi tout devient enseignement et symbole. Mais nous n'avons pas à faire ici un cours d’archéologie sacrée et à donner une traduction du Rational de Guillaume Durand; nous voulons seulement comparer en quelques pages l’architecture chrétienne à l'architecture antique et montrer ce que linfluence du christianisme y ajouta d'éléments nouveaux et de principes féconds.
Une œuvre d’art se juge sur l’effet qu’elle produit; l'impression qu’elle donne est la mesure de son mérite. Les monuments religieux de l'antiquité ne nous laissent point indifférents, quoique les croyances qu’ils expriment ne soient pas les nôtres. Nous admirons les masses imposantes des temples de l'Inde et de l'Égypte. L'architecture grecque, qui résume et perfectionne l’architecture orientale, nous charme par la pureté de ses lignes et l'élégance de ses proportions. Mais toute cette beauté est extérieure ; quand on pénètre dans les monuments du panthéisme indien et qu’on arrive par de longues avenues de sphinx dans les grandes salles d’Isamboul ou de Karnac, on éprouve, au milieu de ce monde de figures symboliques, une sorte de vertige que donnent la confusion des idées et le mystère des initiations. On ne ressent aucune sympathie pour tous ces dieux dépossédés. L’étroite cella du temple grec ne séduit pas davantage. On laisse la statue dans sa solitude, pour aller respirer plus librement sous le portique, à l'ombre de ses belles colonnes et de son entablement.
Il n'en est pas de même de l'architecture chrétienne. Son but n’est pas d'élever un monument qui soit un décor dans un paysage. Sans négliger les formes extérieures, elle veut avant tout créer un monde intérieur, un milieu où l’homme sera isolé des choses de la terre, pour le
mettre en présence de l'infini. Comme Dieu, elle disposera tout avec
yo or ï NN Fig. 151.
— Intérieur