LA TU
nn TES)
de lé
re o
Saint-Vital, à
| || [LIN | | | AL | Il |
Ravenne, construite par Justinien. vie siècle.
nombre, poids et mesure. Elle combinera les lignes et les proportions; elle réglera la perspective et distribuera la lumière, de facon à faire régner partout ce qui constitue la beauté, l'unité, l'ordre, la convenance, l’harmonie, la paix, la variété, la clarté. Et elle a si bien réussi que nul ne peut entrer dans nos cathédrales, sans ÿ trouver quelque chose de grand et d’aimable, qui ravit le cœur fidèle et séduit même l'indifférent. Montaigne l’a dit : « Il n’est âme si revêche qui ne se sente touchée de quelque révérence, à considérer la vastité de nos Églises, la diversité d’ornements, à ouïr les sons dévotieux de nos orgues et l'harmonie si posée et religieuse de nos voix. »
L'Église, tout en adoptant comme type de ses édifices religieux la basilique romaine, n’a repoussé systématiquement aucune forme. Elle a purifié et utilisé des monuments païens, de constructions très-différentes, et elle a laissé tous les peuples qu’elle a conquis à la vérité, bâtir leurs temples, selon leur génie, leur climat et leurs matériaux. De là, cette variété d’architecture, en Italie, en France, en Allemagne, en Espagne, en Angleterre et en Orient. On sent bien un point de départ commun, une unité de doctrines et d'inspiration dont Rome a été le centre, maïs on reconnaît partout que la main de l’homme a mis en toute liberté, dans ses monuments, l’empreinte de son siècle et de sa nationalité.
L'architecture byzantine est au premier rang par ses dates et par l’influence qu’elle a eue dans nos contrées. Il ne faut pas cependant exagérer cette influence. Sainte-Sophie, de Constantinople, est un de ces édifices célèbres qu'on vante depuis trop longtemps pour oser le critiquer, mais c’est une œuvre de décadence plus remarquable par ses dimensions que par sa beauté; elle n’a aucun rapport avec l’architecture des anciens Grecs, et elle est inférieure aux basiliques bâties par Constantin. Justinien s’est inspiré des thermes de Rome et des palais des empereurs; il a vaincu des difficultés, élevé des masses imposantes, surpassé en dimension les édifices connus, mais Sainte-Sophie est moins une merveille d’art qu'un prodige de construction.
Les caractères principaux de ce type d’architecture byzantine sont la croix grecque et la coupole. La croix grecque est moins favorable que la croix
latine à l’ensemble du culte et à l’unité du monument, mais elle est néces-
tre-Dame-la-Grande, église de Poitiers. x11e siècle.
Fig. 152. — Architecture romane : Façade de No
sitée par la coupole qui en est le centre et le couronnement. La coupole a besoin d’être aperçue de toutes les parties de l’édifice, et c’est ce que Michel- Ange avait très-bien compris dans le plan primitif de Saint-Pierre de Rome. Elle a une valeur esthétique et symbolique, dont les architectes romains n’ont pas méconnu la puissance; car elle n’est pas d’origine byzantine. Les chrétiens l’avaient reçue des anciens et l'avaient très-heureusement employée dans leurs baptistères et même dans leurs églises. Les artistes grecs, qui furent appelés en Italie, en France et en Allemagne, y construisirent des coupoles, mais ils s’inspirèrent bien moins de Sainte-Sophie que des modèles qui existaient à Rome. Saint-Vital de Ravenne, par exemple, et l’église de Charlemagne, à Aiïx-la-Chapelle, rappellent beaucoup plus Saint-Étienne-le-Rond et la Minerva Medica que le colossal édifice de Justinien. La coupole fut une exception dans nos basiliques latines, et on peut dire qu’elle n’y réussit pas comme effet intérieur. Elle interrompt la perspective des nefs et en obscurcit souvent la partie la plus importante. Nous citerons Sainte-Marie-des-Fleurs, où le dôme de Brunelleschi ne laisse pas descendre sur l’autel la belle lumière de Florence.
Nous l'avons dit, la basilique romaine est le type de l’église par excellence, et nous le voyons employé de siècle en siècle par les souverains Pontifes dans la Ville éternelle ;: il se propage et se perfectionne dans toute Europe, jusqu’à ce qu’il recçoive enfin de l'architecture ogivale sa forme la plus complète, la plus expressive, la plus chrétienne.
Nous appelons architecture ogivale celle dont l'arc brisé est le caractère dominant, et nous nous garderons bien de lui donner l’épithète de gothique. Ce mot n’est qu’une injure aussi fausse en archéologie qu’en histoire. Les Goths n’ont jamais eu d’architecture particulière; ils se sont servis de celles qu’ils ont trouvées dans les pays conquis, et ils étaient disparus depuis longtemps, lorsque les architectes adoptèrent dans leurs monuments le SyStème de l’ogive.
L’imagination et la science se sont exercées sur l’origine de l’ogive. Les théoriciens qui veulent que l’art soit limitation de la belle nature ont pensé que le croisement des branches et les ombrages de nos forêts en avaient donné la première idée. Des archéologues ont cru en trouver le principe
dans quelques arcs brisés de constructions égyptiennes. D’autres l'ont