‹ Jésus-ChristChapitre 126 sur 139 · BA · texte numérisé non relu

BA

un simple filet, un léger rinceau leur suffit quelquefois pour vivifier la pierre, et l’on trouve souvent dans une modeste église, échappée aux désastres des révolutions ou au badigeon du mauvais goût, des motifs de décoration dont la beauté ravit nos plus habiles architectes.

Les artistes du moyen âge apportaient la même science dans leurs tableaux; ils les soumettaient aussi aux lois de l’architecture, évitant les perspectives trop profondes , les couleurs trop foncées. Leurs groupes ont la disposition calme des bas-reliefs antiques; leurs figures sont peu modelées, mais les gestes sont simples et expressifs; tout se lit facilement et l'œil n’a pas besoin de chercher pour comprendre. C'est ainsi que la grande école du Giotto écrivit ses beaux poëmes sur les murs de Saint- François d'Assise, de Sainte-Croix de Florence, de Santa-Maria Novella et du Campo Santo de Pise. Les peintures murales décoraient aussi nos églises romanes, comme le prouvent les textes des anciens auteurs, mais elles ont presque toutes disparu en France dans le prodigieux renouvellement de l'architecture aux douzième et treizième siècles. Les populations ne trouvaient plus leurs églises assez belles et assez grandes pour leur foi, et les artistes, pour les satisfaire, inaugurèrent ce style ogival dont les lignes ascendantes rappellent l'élan des croisades : les nefs s’agrandissent, les voûtes s'élèvent, les fenêtres prennent de l'importance et jettent dans l’intérieur de l’église une abondante lumière. La peinture chrétienne s’en empare, et, en la faisant passer par les mille couleurs de ses vitraux, elle crée à l'architecture un moyen d’action d'une puissance merveilleuse.

La peinture sur verre fut un art nouveau très-distinct de la peinture murale par ses principes et ses effets. Ses couleurs transparentes en font une peinture vivante qu'animent les rayons du soleil ; elle suit toutes les heures du jour et promène les variétés de ses teintes dans toutes les parties de l'édifice. Elle en visite successivement toutes les surfaces, les colonnes, les nervures; elle en embellit toutes les perspectives et répand partout un charme mystérieux et une harmonie comparable à celle que font retentir sous ses voûtes les jeux puissants de l'orgue. Quelle heureuse idée de faire arriver ainsi la lumière du ciel à travers la vie des saints ! Ces prophètes, ces apôtres, ces martyrs, ces vierges qui nous apparaissent aux fenêtres, n’ont-

ils pas été chargés de transmettre ; par leurs enseignements et leurs exemples,

102207) OZZOU9gf 9P ‘EUFCIIO PIPUV,

‘oAIX NP JUOWDOUAUON J9 9[9AIS 9o11IX NP UI,T

IUWAY DUOUIS 9P

OJjo1n) op sonbsoi} sa[qe.

1UIpe S9[ JEd 9199199

* st

Id ?P ojue

S odue7) np 2110]

De ton

NX.

Un Ü

la lumière divine que Notre-Seigneur est venu répandre sur la terre? Leurs légendes se développent dans des médaillons où nous les suivons de leur naissance jusqu’à leur mort, dans le chemin de la vraie patrie.

La peinture sur verre est une peinture toute monumentale, et les efforts que nous avons faits pour la renouveler depuis quelques années nous ont appris à quelle perfection l'ont portée les artistes du moyen âge. Malgré les progrès de notre industrie, nous n'avons pas encore obtenu cette richesse de tons, cette puissance d’effets que nous admirons dans les verrières des douzième et treizième siècles. C’est que ces qualités ne viennent pas d’une couleur brillante, d’une nuance heureuse, mais du rapport des couleurs et des nuances entre elles; il y a des accords pour l’œil comme pour l'oreille, et nous n’en connaîtrons les règles qu’en étudiant les œuvres des anciens maîtres. Nous trouvions barbares ces teintes plates, ces motifs d’architecture sans ombre, ces figures dont les proportions et les mouvements nous paraissent exagérés. Nous avons voulu mieux faire, en les dessinant plus correctement, en les modelant avec plus de soin, et nous avons pensé avoir réussi en les voyant au jour de nos ateliers; mais nous nous sommes apercus de notre erreur, lorsque ces compositions qui nous charmaient ont été placées à la hauteur qui leur était destinée. Nous avons reconnu alors que ce que nous avions pris pour des défauts était le vrai moyen d'obtenir l'effet désiré, et que, si les Grecs avaient fait des vitraux, ils n'auraient pas agi autrement, parce qu’ils avaient l'intelligence de la peinture monumentale. Les artistes de la Renaissance, qui ont eu la prétention d’imiter l’art antique, en ont souvent violé les lois. Dans leur peinture sur verre, par exemple, ils ont fait d’admirables tableaux dont les fonds et les perspectives rompent toutes les lignes de l'architecture et dont les demiteintes et les ombres Ôtent à l’ensemble toute la richesse et l’harmonie des couleurs.

La miniature est à la peinture monumentale ce que la famille est à la vie publique. L'artiste y forme son talent comme le citoyen acquiert au foyer domestique les vertus qui le rendront utile à sa patrie. Le monastère fut l’école de la miniature. Les moines, personne n'oserait le nier maintenant, recueillirent les épaves de la civilisation antique, et, avec les chefs-d’œuvre

de la littérature grecque et latine, ils nous ont conservé les procédés ct les

RATES dite

OI TTOATOAUTTEE tt l | | SON | | LL = | |

LP APACNLAR (ou it

Page 1