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à embaumer les corps), symbole de la mort. Mosaïque de l’église Saint-Vital,
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cause de leur science, parurent à Jérusalem. Ils dirent que le Roi des Juifs était né, car ils avaient vu son étoile, et ils demandèrent où ils le trouve-
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Fig. 24. — Présentation au temple. A droite, la prophétesse Anne ; à gauche, saint Pierre, martyr. Fresque de Frà Angelico au couvent de Saïnt-Marc, à Florence. xve siècle.
raient, étant venus pour l’adorer. Leur présence émut toute la ville. Hérode, roi de Judée, en entendit parler. C'était un prince soupconneux, cruel et plein de ruse. Comprenant qu'il s’agissait d’un compétiteur, il fut troublé et s'enquit du lieu où devait naître le Christ. Les premiers de la nation, les
Fig. 25. — La fuite en Égypte, gravure de Martin Schæn. xve siècle. — Suivant une tradition, quand la sainte Famille traversa le désert où avaient erré les Hébreux, les fleurs et les fruits ornèrent soudain les solitudes arides.
scribes, les prêtres, tous lui répondirent : A Bethléem de Juda. Hérode y
envoya les Mages, après les avoir priés de l’informer lorsau’ils auraient vu
l'enfant, afin, dit-il, qu'il pût lui-même l’adorer. Les Mages repartirent joyeux et confiants. L'étoile qui les avait guidés sur Jérusalem, se montrant de nouveau, les conduisit jusqu’au lieu où était Jésus. Ils trouvèrent l'Enfant et sa mère, et, l'ayant adoré, ils lui offrirent de l'or, de l’encens et de la myrrhe; puis, avertis en songe de ne point revoir Hérode, ils retournèrent en leur pays par un autre chemin.
La circoncision judaïque avait eu lieu huit jours après la naissance; le quarantième jour était fixé pour la double cérémonie de la purification de la mère et de la présentation de l'enfant. Tout mâle premier-né, étant consacré au Seigneur, devait être racheté à prix d'argent, en mémoire de la délivrance d'Égypte. Les parents de Jésus le portèrent au Temple pour accomplir la loi. Dans le même moment, arrivait au Temple, poussé par l'inspiration du Saint-Esprit, un homme juste et qui attendait la consolation d'Israël. On le nommait Siméon. Il lui avait été révélé qu’il ne mourrait point qu’il n’eût salué le Christ.
Or Siméon, ayant vu l'Enfant-Jésus, le prit dans ses bras et éclata en actions de grâces : « C’est maintenant, dit-il, Seigneur, que selon votre « parole vous laisserez aller votre serviteur en paix; car voici que mes yeux « ont vu le salut qui vient de Vous, 14 lumière qui se découvrira aux « nations, le salut d'Israël, votre peuple! »
Le saint vieillard bénit Marie et Joseph, et, divinement éclairé, il prophétisa.
S’adressant à Marie seulement, il lui dit : « L'Enfant que voilà est au « monde pour la perte et le salut de plusieurs en Israël, et il sera posé en « signe de contradiction, afin de découvrir ce qu'un grand nombre gardent « au fond de leur cœur; et vous-même, vous sa mère, vous aurez l’âme « transpercée d’un glaive. »
Il y avait là encore une prophétesse nommée Anne, fille de Phanuel, Elle était veuve, et âgée de quatre-vingt-quatre ans. Depuis la mort de son mari, qu'elle avait épousé étant vierge, elle ne sortait point du Temple, y passant les jours et les nuits en jeûnes et en prières. Elle aussi vit Jésus, et elle aussi loua le Seigneur, parlant de cet Enfant à tous ceux qui attendaient la rédemption d'Israël.
Après ces choses, tout ce qu'exigeait la Loi étant exécuté, l'Ange du Sei-
gneur apparut à Joseph dans un songe, et lui commanda de fuir en Égypte, parce qu'Hérode chercherait l'Enfant pour le faire mourir. Joseph obéit
sans délai; et, pendant que Jésus échappait ainsi, Hérode, ayant appris le
Fig. 26. — Le Massacre des innocents. Tableau du Guide, au musée de Bologne. xvire siècle.
départ des Mages, faisait tuer tout ce qu'il y avait d'enfants mâles dans le pays de Bethléem, jusqu'à l'âge de deux ans.
Hérode mourut quelques années après ce crime. Alors, sur un nouvel avertissement de l’Ange, recu en songe comme les précédents, Joseph ramena l'Enfant en Israël. Mais parce qu'Archélaüs, fils d'Hérode, régnait
sur la Judée, il n’osa y aller; et, toujours obéissant aux avertissements
divins, il établit sa demeure à Nazareth de Galilée. C'était la volonté de Dieu, afin que cette parole fût accomplie : « J’ai rappelé mon fils de l'Égypte. » Et ailleurs : « Il sera appelé Nazaréen. »
L'Évangile ne rapporte plus qu'un seul fait de l'enfance de Jésus. À douze ans, âge des préceptes, ses parents l’amenèrent à Jérusalem pour la Pâque. Mais, lorsqu'ils s'en retournèrent, il resta dans la ville. Pendant tout un jour, ni Joseph ni Marie ne s’apercurent de son absence; car les hommes et les femmes marchaient par bandés séparées, et chacun le croyait avec l’autre. Revenus sur leurs pas, ils le cherchèrent inutilement durant trois jours. Enfin, ils le trouvèrent où il devait être, dans le Temple, assis au milieu des docteurs, qu’il écoutait et qu’il interrogeait, leur faisant voir une sagesse qui les remplissait d'admiration. Sa mère lui dit : « Mon fils, pour- “quoi avez-vous agi ainsi avec nous? Voilà que nous vous cherchions, tout affligés, votre père et moi. » Il leur répondit : « Pourquoi me cherchiezvous? Ne savez-vous pas qu'il faut que je m’emploie aux choses qui regardent le service de mon Père? » Ils ne comprirent pas de quel service il parlait, mais sa mère conservait le souvenir de tout. Ensuite il les suivit à Nazareth, et il leur était soumis.
Et il croissait en âge et en grâce devant Dieu et devant les hommes.
Cependant le fils de Zacharie et d'Élisabeth s'était ; dès son enfance > retiré au désert. Il y vivait de la vie la plus mortifiée, vêtu d’un cilice, priant et. jeünant, inconnu en ces solitudes comme Jésus dans l'obscurité de Nazareth. Jusqu'à l’âge de trente ans, il attendit ainsi l’ordre de Dieu pour le jour de sa manifestation.
Enfin, la quinzième année de l'empire de Tibère César, la parole du Seigneur se fit entendre à J can, fils de Zacharie, suivant ce qu'avait an- | noncé le Prophète : « Voici que j’envoie mon Ange devant votre face, et € il préparera la voie devant vous. » Et ailleurs : « Voix qui crie dans « le désert : Préparez le chemin du Seigneur, faites-lui des sentiers « aplanis. »
Jean commenca donc de prêcher dans le désert de Judée et la contrée du Jourdain. Il baptisait et prêchait le baptême de la pénitence qui devait disposer les hommes à recevoir la rémission des péchés. Il criait : « Faites péni-
tence, car le royaume des cieux est proche! » Il traitait sévèrement lhypo-
crisie des Pharisiens et l’impiété des Sadducéens, mêlés à la foule qui accourait vers lui. « Race de vipères, leur disait-il, qui vous a appris à fuir
la colère prochaine? Faites de dignes fruits de pénitence! Ne dites pas en
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Fig. 27. — Jésus parmi les docteurs. Fresque de Giotto, à la galerie de Florence. xive siècle.
vous-mêmes que vous avez Abraham pour père, car, je vous le dis, de ces pierres mêmes Dieu peut faire naître des enfants d'Abraham. Déjà la cognée est à la racine des arbres, et tout arbre qui ne produit pas de bons fruits sera
coupé et jeté au feu. »
Ces exhortations, soutenues d’une si sainte vie et du souvenir de la mira-
culeuse naissance de Jean, ébranlaient la Judée. De tous côtés on venait en foule au prédicateur de la pénitence. Ces troupes émues confessaient leurs péchés, et demandaient à Jean ce quil fallait faire pour recevoir le baptême. Il donnait à tous le précepte de l’'aumône : « Que celui qui a deux habits vête celui qui n’en a pas, et que celui qui a de quoi manger nourrisse celui qui n’a rien. » Aux publicains, collecteurs de l’impôt : — « N'exigez rien. au-delà de ce qui est ordonné. » Aux soldats : — « Ne faîtes point violence, n’accusez faussement personne, contentez-vous de votre paye. » |
Le peuple se persuada bientôt que Jean était le Christ. Il leur dit : « Je vous donne un baptême d’eau, afin que vous fassiez pénitence. Mais Celui qui va venir après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de me prosterner devant lui pour lui dénouer la courroie de ses souliers. C’est lui qui vous donnera le baptème de l'Esprit saint et du feu. Le van est entre ses mains; il nettoiera son aire, il amassera le blé dans son grenier, et jettera la paille au feu qui ne s'éteint point. »
Jésus quitta Nazareth pour être baptisé et parut aux yeux de Jean sur les bords du Jourdain, parmi cette foule de pécheurs qui cherchaient la loi de Dieu. Il n’est dit nulle part que Jean, habitant du désert depuis son enfance, eût jamais, avant ce moment, vu le Fils de Marie. Cependant il le reconnu par une inspiration qu'un signe visible allait promptement confirmer. Il se défendait de le baptiser, lui disant : — « C’est moi qui devrais recevoir de vous le baptême, et vous venez à moi!» Jésus lui répondit : « Faites néanmoins; il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. » Alors Jean le baptisa.
Et tandis que Jésus, sorti de l’eau, priait, voici que les cieux s'ouvrirent, et le Saint-Esprit, sous la forme d’une colombe, descendit et s'arrêta sur Jésus; et cette voix éclata du ciel : « Tu es mon Fils bien-aimé. »
Jésus aussitôt se retira dans le désert. Il y resta quarante jours et quarante nuits, vivant parmi les bêtes, et il souffrit d’être tenté par Satan. Soit que la tentation ait duré les quarante jours, soit que le Fils de Dieu ne l’ait permise qu'après ce long jeûne, l'Évangile en rapporte trois assauts.
Lors donc que Jésus voulut ressentir les atteintes de la faim, Satan lui
dit : « Si vous êtes le Fils de Dieu, commandez que ces pierres se changent
en pain. » Jésus lui répondit : « Il est écrit : « L'homme ne vit pas seu- « lement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » Repoussé par cette expression de la confiance absolue que la Providence attend de l'homme, l'ennemi voulut à son tour se faire une arme de l’Écri-
ture et de la confiance en Dieu. 11 transporta Jésus sur le pinacle du Temple
Fig. 28. — Baptème de Jésus-Christ dans le Jourdain. Fresque d'André del Sarto, à l'ancien cloître du Scalzo, à Florence, xvre siècle.
et lui dit : « Si vous êtes le Fils de Dieu, jetez-vous en bas, car il est écrit : Il a chargé les Anges de prendre soin de vous, et ils vous porteront entre leurs mains de peur que votre pied ne heurte contre la pierre. » Jésus répondit : « Il est aussi écrit : « Vous ne tenterez potnt le Seigneur votre « Dieu. » | |
Vaincu une seconde fois, Satan fit un dernier effort. Il porta Jésus
sur une haute montagne, et par un prestige lui fit voir en un instant les royaumes du monde et leur gloire : « Je vous donnerai, lui dit-il, tout cela, toute la puissance et la gloire de ces empires; car ces choses sont à moi, et je les donne à qui je veux. Adorez-moi, elles seront à vous. » Jésus lui répondit : « Va-t’en, car il est écrit : « Vous adorerez le Seigneur votre « Dieu, et vous le servirez lui seul. »
Satan, ayant ainsi vainement essayé toutes les tentations, se retira, et les Anges s’approchèrent de Jésus et le servirent (fig. 29).
Cependant la réputation de Jean excitait la haine des Scribes et des Pharisiens. Ils lui députèrent des affidés chargés de savoir de lui-même qui il était, espérant sans doute des réponses dont ils pourraient tirer parti pour le persécuter. Jean déclara nettement qu'il n’était point le Christ. Ils lui demandèrent s'il était Élie ou quelque autre Prophète. Il répondit : — Non. — Qui donc êtes-vous, lui dirent-ils, que dites-vous de vousmême ? Il répondit comme il l'avait fait précédemment : — Je suis la voix dont parle Isaïe, qui crie dans le désert : « Faites au Seigneur un chemin droit, » Ils insistèrent : — Si vous n'êtes ni lé Christ, ni Élie, ni prophète, pourquoi donc baptisez-vous ? Jean répondit de nouveau : — « Je donne un baptême d’eau; mais il y a un homme au milieu de vous que vous ne connaissez pas. C’est Lui qui doit venir après moi et qui est avant moi, et je ne ne suis pas digne de lui délier les souliers. »
Les envoyés n’en demandèrent pas davantage, et Jean n’ajouta rien; mais le lendemain, voyant Jésus qui passait, il dit : « Voici l’Agneau de Dieu; voici Celui qui efface les péchés du monde... C’est de Lui que j'ai dit : Il vient après moi un homme qui est avant moi, car il est plus ancien que moi. Je ne le connaissais pas, mais je suis venu donner un baptême d’eau, afin qu’on le connaisse en Israël. » Il ajouta : « J’ai vu l'Esprit descendre du ciel sous la figure d’une colombe et s'arrêter sur Lui. Je ne le connaissais pas, mais Celui qui m’a envoyé pour donner un baptême d’eau m'a dit : Celui sur qui vous verrez que l'Esprit descendra et s’arrêtera, c’est Lui qui baptise dans le Saint-Esprit. Et j'ai vu, et je rends témoignage qu’il est le Fils de Dieu. »
Le jour d’après, Jean, étant avec deux de ses disciples , vit de nouveau
passer Jésus, et dit encore : « Voici l’Agneau de Dieu! » Aussitôt les deux
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disciples de Jean suivirent Jésus, qui s’en allait. Jésus se retourna, et leur dit : — Que cherchez-vous? — Maître, lui dirent-ils, où est-ce que vous logez? Il leur répondit : — Venez et voyez. Ils vinrent et demeurèrent. L’un était Jean, fils de Zébédée, l'autre André, frère de Simon. André dit à son frère : — Nous avons trouvé le Messie. Il mena Simon à Jésus, et Jésus, ayant arrêté son regard sur Simon, lui dit: — Tu es Simon fils de Jonas, tu seras appelé Céphas, c'est-à-dire Pierre. |
Tel est le prologue de l'Évangile. Il est incomparable en humilité, incomparable en magnificence. Dieu ne pouvait ni moins accorder à l’homme, ni donner davantage à Dieu.
Selon la remarque d’un Père, l’homme se rendrait criminel en s’attribuant le divin; Dieu fait d'humbles choses sans préjudicier à sa nature. Si le roi agit en soldat pour le salut de tous, c’est œuvre de roi; les petites choses qui sauvent le monde sont œuvres de Dieu.
Un dieu du monde selon l'esprit du monde, il y en avait un à Rome : il se nommait Auguste, il avait des temples et des prêtres. Il laissait régner Hérode, qu’il connaissait bien; il préparait Tibère, qu’il avait jugé. L’histoire va se remplir d’horribles noms. Les Messaline, les. Hérodiade, les Drusille, les Agrippine et les Poppée, entourent ces dieux de la terre; ils ont pour ministres les Narcisse et les Séjan.
La cour du Dieu fait homme se compose de personnages plus rares. Quelques-uns, tels que Zacharie et Élisabeth, Siméon et Anne, semblaient avoir été préservés de la corruption générale pour proclamer son entrée ‘dans la vie. Il vient en accroître le nombre, ou plutôt en créer de nouveau l'espèce épuisée. C’est là son œuvre, seule œuvre digne de lui. Avant d’apparaître, étant lui-même caché dans le sein de Marie , il sanctifie Jean aux entrailles de sa mère. Des paroles immortelles le saluent, dialogues sublimes entre les saints de l’ancienne et de la nouvelle loi qui sont également ses saints; prophéties de son règne qui accomplissent les prophéties des temps passés (fig. 30). La chaîne d'amour se renoue entre le ciel et la terre, Bethléem a rouvert la porte de l’Éden, des chants célestes annoncent ce pardon, les miracles abondent, la nature divinement violentée enfante des merveilles inouïes; tout est résurrection et miséricorde, toutes les figures deviennent réalités, toutes ces réalités immortelles sont autant de types de
l’humanité reflorissante, autant de flambeaux allumés pour la guider vers le royaume de Dieu.
À la suite des Pères, lisons l'Évangile autrement que ceux qui l’interrogent comme les Juifs ont interrogé le Précurseur et interrogeront Jésus, uniquement pour avoir de quoi les condamner à mort. Jésus, qu'ils ont tué,
n'est pas mort; et l'Evangile, qu'ils blasphèment, les tuera. Laissons-les
A 4 | 11) te ; RU À \ # || 7” NE (di af |
Fig. 30. — Marie mère de Jésus-Christ, reine des Patriarches : Moïse, Noé avec la colombe de l'Arche, et Abraham. Fresque peinte par Orsel, à l'église Notre-Dame de Lorette, à Paris. xixe siècle.
accomplir ce prodige de trouver la mort dans la source de vie, et nous, pre-
nons ce qui nous est offert, puisons la vie.