‹ Jésus-ChristChapitre 130 sur 139 · IT PS · texte numérisé non relu

IT PS

Fig. 170. — Cloître du couvent de Saint-Marc (xv* siècle), célèbre par les fresques de fra Angelico et de fra Bartolommeo della Porta, et par les prédications de Savonarole ; aujourd'hui siége de l'Académie italienne della Crusca.

extraordinaire, livrèrent à la science les manuscrits conservés par les Grecs et traduits par les Arabes, et imprimèrent enfin à tous les arts une incroyable activité.

La chrétienté parut reprendre une vie nouvelle et s’élancer vers l'avenir

par toutes les voies du progrès; Dieu, pour la conduire, lui prodigua les

grands hommes et les grands saints. Innocent III couronna l’œuvre de Grégoire VII, et son autorité, reconnue par tous les princes, protégea contre les plus puissants les lois de la morale et la liberté des peuples. Saint Dominique et saint Francois, ces Apôtres de la vérité, enfantèrent des légions pour combattre le vice et l'erreur. Saint Thomas d’Aquin et saint Bonaventure réunirent dans d’admirables synthèses toutes les connaissances humaines et divines. Saint Louis, enfin, fit rayonner de son trône toutes les vertus et toutes les gloires: nul ne le surpassa en sagesse, en justice, en loyauté, en courage. Il fut à la fois le plus doux et le plus fier chrétien de son siècle, et on ne sait s’il faut l’admirer davantage au pont de Taillebourg ou au pied du chêne de Vincennes, au milieu des magnificences de sa cour ou dans ses malheurs et dans sa mort sur les rivages de l'Afrique.

Ce prince, qui portait pieds nus la couronne d’épines, qui servait les pauvres et ensevelissait les pestiférés, brillait autant dans les conseils qu’à la tête des armées. Les rois et les peuples le prenaient pour arbitre, et il plaça la France au premier rang des nations. Jamais elle n'exerça une plus noble, une plus grande influence que sous son règne. L’art chrétien surtout lui dut ses plus beaux développements. L'architecture toucha vraiment à la perfection par l'élégance, la pureté de ses formes, et aussi par la science prodigieuse de ses constructions; elle surpassa les anciens sous ce rapport. Nous avons dit le mérite et la fécondité de la sculpture à cette époque, et nous appelons de tous nos vœux une étude générale et comparée de la statuaire de nos cathédrales, que la photographie rend maintenant facile ; elle nous assurera une supériorité et une antériorité évidente sur les peuples rivaux qui, du reste, copiaient nos monuments et nous empruntaient nos artistes.

Cette royauté artistique de la France déclina sous les successeurs de saint Louis. Le quatorzième siècle dissipa en caprices et en ornements les richesses acquises. La décadence s’accentua surtout lorsque la fille aînée de l’Église manqua à ses devoirs envers la Papauté, et voulut la retenir captive à son profit sur les bords du Rhône. L'Italie alors conquit la première place et donna à l’art chrétien, par la peinture, sa plus brillante couronne.

Comment parler en quelques lignes de la peinture italienne, lorsqu'il fau-

drait écrire bien des volumes pour la faire connaître? Nous avons heureu- :

sement à recommander le bel ouvrage de M. Rio, tout en regrettant qu’il

JE . y . . 7 . , , n'ait pas traité son sujet avec plus d'unité. Au lieu de séparer les écoles et

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