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LES ANCÊTRES DE JÉSUS, LA TENTATION AU DÉSERT, LES PREMIERS DISCIPLES

. Cette leçon d’humilité se continue jusqu’au baptême que Jésus vient demander à Jean. Le baptème de Jean est une œuvre de mortification. Jean hésite devant Jésus; Jésus lui dit: Faites! Il veut se soumettre en tout à la pénitence, comme un pécheur; et c’est là le comble de la justice. Notre- Seigneur accomplit « toute justice », en faisant ce qui sera pour le chrétien la source de toute justice, c’est-à-dire en recevant le baptême, dont nul ne pourra plus contester la nécessité. Descendant au milieu des eaux, il les purifie, il en chasse le démon, il les sanctifie par Îe contact de sa chair sacrée; il leur donne la force de la régénération, le « droit de baptême », dit saint Bernard. Il leur communique ce privilége qu'avait eu le sein de Marie, de ne rien enfanter que de pur. Il fait du baptème ce qu’il fera plus tard de la Pâque. Comme il mangera l’Agneau pascal, figure et souvenir, et nous donnera sa chair, gage de l’éternelle félicité; de même il reçoit le baptême juif, cérémonie impuissante, et nous rend le baptême chrétien, vraie source de grâce. En un mot, acceptant la loi et donnant l'Évangile, il recoit l'ombre et ajoute la vérité. |

Le Saint-Esprit apparaît sous la forme d’une colombe. Il fallait que Jean le pût voir. Invisible dans la substance de sa divinité, il a pris cette forme, parce que le baptème nous veut simples et doux comme la colombe, nous doit rendre pacifiques comme elle. La colombe est le symbole de la réconciliation, du pardon, de la paix.

Il convient de placer ici une remarque sur les deux généalogies de Notre- Seigneur, présentées diversement par saint Matthieu et par saint Luc. Leurs divergences et les systèmes proposés pour les accorder ne sont pas du sujet de ce livre. Il suffit d'observer que la généalogie donnée par saint Matthieu, qui est proprement celle de saint Joseph, est également celle de la sainte Vierge, laquelle, d’après la Loi, n’a pu épouser qu’un homme de sa maison;

et que la généalogie propre de Marie, donnée par saint Luc, la fait, comme l’autre, descendre de David. Des circonstances et du lieu de chacune de

ces généalogies, on tire un enseignement important.

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Fig. 38. — L'arbre de Jessé, ostensoir en or massif exécuté à Augsbourg en 1610, aujourd'hui détruit ; d'après le dessin conservé à Eichstædt et les Mélanges d'archéologie des PP. Cahier et Martin. — Jessé repose au-dessus du nœud de l'arbre. A sa droite, David; de l’autre côté, Salomon. Au-dessus dix rois de Judas formant, avec les deux premiers , le nombre mystérieux de douze. Le Père céleste bénit la Vierge privilégiée.

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Saint Matthieu, commençant par la généalogie avant de raconter la naissance charnelle, suit l’ordre ordinaire de toute histoire, et descend des ancêtres aux enfants, comme le Verbe est descendu en prenant une chair. Il commence à Abraham, après avoir toutefois nommé David. C’est un écho du quatrième chapitre de la Genèse, intitulé : « Livre de la Génération d'Adam »; et une opposition de la génération nouvelle, qui vient tout rétablir, à l’ancienne, qui a tout détruit. Le titre signale David et Abraham, parce que l’un et l’autre ont recu une promesse particulière. Dieu avait dit à Abraham : Toutes les nations de la terre seront bénies en ta race; et à David : Je ferai asseoir sur ton trône Celut qui naîtra de toi. De plus, ces deux ancêtres réunissent les trois dignités du Messie : Abraham, prêtre et prophète; David, prophète et roi.

Saint Luc place la généalogie après le baptême, et, partant de cette régénération, remonte des enfants aux pères, en omettant les pécheurs, que saint Matthieu avait nommés; car quiconque renaît en Dieu est fait étranger à ses ancêtres coupables, étant fait fils de Dieu.

Dans les deux généalogies, les noms, par leur signification, prophétisent le Sauveur, en exprimant quelque trait ou de son caractère, ou de sa vie ; ou de ses mystères; et plusieurs personnages sont en même temps la figure du Christ : Abraham, père de plusieurs peuples; Isaac, sourire. « Car, de même qu’Isaac fut donné à la dernière vieillesse de ses parents pour être leur joie, et moins comme l'enfant de la nature que du bienfait, ainsi le Christ, aux derniers jours, fut donné par une mère pure, pour être la joie de l'univers : l’un naquit d’une vierge, l’autre d’une stérile arrivée à la vieillesse, tous deux trompant le cours de la nature. Abraham a engendré Isaac comme la foi engendre l'espérance. Jacob, fils d'Isaac, exprime Ja charité qui embrasse deux vies différentes : la vie active par l'amour du prochain; la vie contemplative par l’amour de Dieu: il naît d'Abraham et d’'Isaac, comme de la foi et de l'espérance naît la charité, » C’est l’interprétation de saint Jean Chrysostome. Un grand nombre d’autres Pères ont médité sur ce caractère prophétique de la généalogie du Christ > et en ont déroulé les magnifiques secrets. Toutes choses, dit saint Paul ; arrivaient au peuple juif en figures. Bossuet ajoute : Il n’y a page, il n’y a mot dans l’'Écriture sainte qui ne soit plein de Jésus.

Les Noces de Cana, la Pêche miraculeuse. — Nicodème, la Samaritaine. — Malades guéris, Tempête apaisée, Démons vaincus. — L'Hémorroïsse, la Fille de Jaïre. — Le Paralytique de la Piscine, Magdelaine.

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