‹ Jésus-ChristChapitre 3 sur 139 · WIN · texte numérisé non relu

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Fig. 3. — Création de l'homme; mosaïque de la cathédrale de Monreale, en Sicile, vire siècle. Après avoir formé l’homme du limon de la terre, Dieu l’anime en répandant sur lui un souffle de vie.

fait aimer le travail, endurer l’assujettissement, le chagrin, les déconvenues,: l'attente, tout ce qui est si dur plus tard, et qui écraserait si le poids était le même dès le début. L’adolescent dévore les éléments de tout; le passé ne lui est rien, il court vers l’avenir où il est assuré de régner. Les tombeaux surgissent devant ses pas : il s'arrête à peine, il les franchit, il n'y songe plus. La mort? Elle n’est pas pour lui, elle ne peut rien sur lui, elle ne lui ôtera

pas l'avenir ; elle ne l’empêchera pas d’être, de faire, d’avoir ce qu’il voudra!

Si tout à coup elle se montre et avance la main, il s'étonne : — Prends ; dit-il. Et il meurt comme il fait autre chose. La vie ne lui est qu’un jouet, qu’il laisse sans le regretter.

Mais, dans cet être merveilleux, que d’inexplicables lacunes, que d’inexplicables misères ! Il y a deux secrets nécessaires qu’il ne possède pas, qu’il ne peut acquérir, qu’il faut que Dieu lui révèle. Livré à lui-même, il sent une horrible incapacité de connaitre et d’aimer. Les ténèbres enveloppent son esprit, un mur d’airain repousse son cœur. D'où vient-il? Où va-t-il ? Quelle puissance l’a jeté dans la vie pour être en guerre avec les hommes? Car la société l'élève en vain, en vain il lui est utile, en vain elle lui est indispensable : il n’y a point naturellement d'amour entre la société et lui. Elle ne l’aime pas, elle ne le respecte pas; il ne l'aime pas, il ne la respecte pas. De part et d'autre il ne voit que des services imposés par la force; point de respect, point d'amour. Et son ardent besoin est l'amour!

Voilà l'immense misère de cette créature si belle et formée avec tant de soin. L'homme ne connaît pas Dieu, et il n'aime pas l’homme, Que dis-je, il ne l’aime pas! Il le hait avec passion, il l’opprime avec délices. Par cette | frénésie, tous les charmes de la société lui sont changés en amertume et ses avantages en tortures ; il y trouve la haine et la tyrannie. Ce roi de la création ; ce vainqueur de tous les êtres terrestres, capable de résister à tous les fléaux, qui chasse les bêtes féroces des forêts et rebâtit ses villes sur le sol des volcans, il rencontre un ennemi qui l’humilie, l’enchaîne et le tue; et cet ennemi, c’est l’homme! Est-ce là le primitif ouvrage? Est-ce ainsi que l’homme a été créé? Non, nous sentons un désordre; désordre i immense, irréparable à nos seules forces, et qui nous fait comprendre que l’homme est un débris.

D'où vient ce désordre? Pourquoi l’homme n'est-il qu’un débris? Que répondent ceux qui disent que l’homme, lorsqu'il se distingua de l'animal, fut religieux, c'est-à-dire inventa Dieu; c’est-à-dire encore, que Dieu est une chimère de l’homme, et qu'il n y a pas de Créateur, pas de Dieu ?

Ce qu’ils répondent importe peu. L'existence de l'homme est la preuve première et décisive de l'existence de Dieu. L'homme ne s’est pas créé luimême. Qui l’a créé, sinon Dieu ? Et si l’on veut une définition de Dieu,

elle est dans le symbole des Apôtres, développé contre la folie des négateurs

RKKNISENREZ

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