‹ Jésus-ChristChapitre 7 sur 139 · AS · texte numérisé non relu

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SD * l ds s es ©” N seul peuple, échappant à

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cette condition générale d’ignominie, adorait le vrai Dieu, possédait un sacerdoce légitime, pratiquait un culte saint. C'était le peuple de l’immortalité de l'âme, le peuple juif, réservé pour .

fournir la chair du Verbe éternel. A

force de châtiments et de miracles, Dieu

avait arraché du cœur des Juifs le germe

® renaissant de l’Idolâtrie. Médiocres Iniliale du xive siècle. Bibliothèque

de M. Ambr. Firiñin-Didot. observateurs de leur loi toute divine,

enclins à en méconnaître l'esprit, ils en étaient pourtant les gardiens jaloux. Ils la transgressaient, ils ne la reniaient pas; c'était assez pour les élever moralement fort au-dessus de tous les autres peuples, sans en excepter les Romains, leurs dominateurs. A l'ombre

du Temple, l’homme était un fils d'Abraham, un sujet du Très-

Haut. Des règlements équitables protégeaient sa liberté, gardaient sa dignité, le maintenaient en possession de son héritage. Des cérémonies à la fois religieuses et nationales lui appre-

naient en même temps l’histoire de ses pères et celle de la

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religion. S'il voulait marcher dans la voie des commandements divins, la force des prières sacrées relevait sans cesse son cœur ; il offrait des sacrifices purs, il faisait des œuvres de pénitence et de justice, il attendait l’accomplissement d’une promesse assurée, sachant qu’un rédempteur lui naïtrait de la race de David, et qu'il verrait le Dieu de ses ancêtres dans la terre des vivants.

Ce Dieu d'Abraham, qui devait envoyer le Rédempteur, nous avons entendu quelques-uns de ses noms magnifiques et pleins de lumière : c’est CeLur qui EST, le Scigneur des Seigneurs, le Tout-Puissant, le Juste, protecteur du faible et de l’orphelin, qui a créé le monde , qui donne la vie et qui retire de la mort. L'humble Palestine était plus savante qu'Athènes et plus riche que Rome; car déjà, d’une certaine manière, elle connaissait et. possédait Dieu. |

Malgré de terribles vicissitudes, toutes occasionnées par ses transgressions, toutes annoncées par ses Prophètes, Israël, le peuple de Dieu, avait goûté de longues périodes de repos. Les traditions de l’âge d’or, placées à l’origine vague des autres histoires, formaient dans l’histoire juive des époques certaines et même récentes. Depuis le retour de la captivité à Babylone jusqu’à la domination romaine, la Judée, plutôt protégée qu’asservie, maîtresse de ses lois, de son culte, entièrement désabusée des idoles et préservée des faux prophètes, avait eu quatre siècles d’honorable paix. Pendant ces quatre: siècles, la Grèce passa de la guerre Persique et de la défaite de Xerxès à la victoire du consul Mummius, où elle mourut; Carthage vit son dernier jour ; l’histoire de Rome est pleine du sang qui coula de Tarquin à Marius. La paix d'Israël, où chacun, suivant la gracieuse expression de l'Écriture, vivait tranquille sous sa vigne et sous son figuier, ne fut notablement interrompue que par la courte ct glorieuse guerre des Machabées , derniers héros et presque derniers prêtres de ce peuple dont les incomparables destinées ne sont pas finies.

Peuple étrange et vraiment immortel, fondé de Dieu , instruit de Dieu, gardé de Dieu, qui reçut comme directement de Dieu toutes ses lois et tous ses grands hommes, et, qui s’étant éloigné de Dieu, a péri sans mourir et sans disparaitre ! Coupabie d'un crime inouï comme ses priviléges, et objet d’un châtiment inouï, traînant une mort vivante sous les bras de la croix où il a

cloué le Dieu vivant, le Juif erre dans la lumière comme d’autres dans les

Imp. A. Durand Paris

106 7 Amand - Durand V'OCAMONS D'ABRAHAM

us les peuples seront benis en toi.» La vocation d'Abraham est la figure oO

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Le Seiôneur dit à Abraham: To () de l'Éélise où est réalisée l'unité de tous les peuple

* YO en » A à Gravure de Marc Antoine d'apres la fresque de Raphaël, au Vatic

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ténèbres, aveuglé du flambeau mème qui devait le conduire. Mais les promesses fidèles qu'il s’obstine à rejeter le poursuivent, elles l’atteindront, et il mourra pour renaître agrandi de toute l'humanité.

C’est dans le sein de ce peuple que va s’accomplir, au moment annoncé cinq siècles auparavant par l’un de ses derniers Prophètes, l’événement le plus considérable, non-seulement qu’ait vu la terre, mais qu’ait vu même le ciel. Sur la terre, il s’agit d’une réparation de la création première, et cette réparation vaudra une création nouvelle et plus parfaite, puisque la créature déchue, rétablie dans son premier état, sera honorée d’une participation à la divinité. Au ciel, il s’agit de ce que l’on oserait appeler une modification. de P’Immuable, un accroissement de l’Infini. « Le mystère caché de toute « éternité en Dieu qui a créé toutes choses » va être manifesté aux Anges et aux hommes, pour devenir la foi et le salut du genre humain, l’admiration des Anges, la perfection de la gloire de Dieu. Par €e mystère, la terre, où Dieu va descendre, sera un agrandissement du ciel, un ciel nouveau dans lequel Dieu habite d’une manière plus divine qu’il n’habitait auparavant dans le plus haut des cieux; et le ciel,-où la nature de l’homme va monter indissolublement unie à la nature divine, sera enrichi d’une adoration jusqu’alors inconnue. Le ciel avait un Dieu adoré; il aura un Dieu adorateur, revêtu de l'humanité comme du plus insigne des attributs divins; il verra autour de ce Dieu le cortége des âmes saintes, moisson terrestre que le Fils de l’homme a emportée pour être éternellement le butin de sa victoire et la pompe triomphale de son amour.

Cet événement, c'est l'établissement de la religion définitive, le rachat de l'humanité. Encore qu'il ait plu à Dieu de l’opérer d'une manière qui dépasse infiniment tout ce que l'humanité pouvait espérer et même comprendre, toutefois le monde extérieur lui-même, la Gentilité tout entière, en avait le long et vif pressentiment. On retrouve au fond de toutes les traditions le type plus ou moins altéré du Messie, le dogme du rachat nécessaire et qui ne peut être opéré que par un homme innocent. La conscience du genre humain rendait du moins cet hommage à l'innocence dédaignée et si souvent haïe. L’attente du secours divin, la foi aux mérites surabondants de l'innocence, c’est l’universel héritage. Admirable preuve que la famille humaine :

est sortie du même berceau!

Mais sur ce fond de vérité, dans la suite des siècles, l'imagination s'était donné carrière. Le regret des biens perdus, l’amertume des dépossessions et

Fig. 11. = Les Patriarches. Noé, avec l'arche, personnifie l'Eglise; Melchisédec, portant le pain et le vin, figure le sacrifice non sanglant de la messe. Fresque de H. Flandrin, à Saint-Germain des Prés, à Paris. x1xe siècle. D'après la gravure de M. J.-B. Poncet.

des dispersions, avaient produit l'abondance des légendes. Coloré du carac-

tère particulier de chaque famille de peuples, nationalisé et matérialisé, le

Messie légendaire couvrait et défigurait le vrai Messie. Au fond de l'âme, il

ÿ avait un écho de la parole de Moïse : « Écoute, Israël, le Seigneur ton

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