LES: APOTRES. — PIERRE
issue par un cantique où éclatent la poésie et l’enthousiasme du monde nouveau. Si l’on veut se rappeler ce qui se chantait alors parmi les hommes, on verra tout de suite quelle race victorieuse venait de naître sur le Calvaire :
« Seigneur, c'est vous qui avez fait le ciel et la terre, et la mer, et tout ce qu’ils contiennent.
« C’est vous qui, par le Saint-Esprit et par la bouche de notre père David, votre serviteur, avez dit : « D'où vient que les nations ont frémi ? « Pourquoi les peuples ont-ils médité des choses vaines ?
« Les rois de la terre se sont unis, et les princes se sont ligués contre le Seigneur et contre son Christ. »
« Car il est vrai que contre votre saint Fils Jésus, votre Christ, se sont ligués dans cette ville Hérode et Ponce-Pilate, et les Gentils et les peuples d'Israël.
« Pour accomplir ce que votre puissance et votre conseil avaient décrété qui serait fait.
« Et maintenant, Seigneur, voyez leurs menaces, et donnez à vos serviteurs d'annoncer votre parole hardiment.
« Et étendez votre main pour donner des guérisons, des signes et des miracles par le Nom de votre saint Fils Jésus-Christ. »
Après qu’ils eurent ainsi prié, la maison où ils étaient assemblés trembla. Dieu leur donnait cette marque qu’il était là toujours, et qu’il pouvait renverser et les Juifs et la terre. |
Pleins du Saint-Esprit, les Apôtres continuèrent de répandre la parole comme s'ils n'avaient rien à redouter. Environ cinq mille personnes se firent baptiser après cette seconde prédication.
Pierre était non-seulement le chef spirituel, mais encore le juge, et en quelque sorte le roi de cette nation nouvelle. Des miracles sans nombre confirmaient son autorité. On placait dans les rues les malades sur son passage, et son ombre, portant sur eux, les guérissait.
Les Princes des Prêtres et tout le parti des incrédules, virent qu’il fallait prendre d’autres mesures pour étouffer « la secte de Jésus ». Ils firent de nouveau arrêter les Apôtres. Un Ange apparut aux prisonniers, leur ouvrit les portes et leur dit : — Allez, et prêchez hardiment (fig. 114).
Le lendemain, dès que le Temple fut ouvert, ils se mirent à prêcher dans la galerie de Salomon, où ils avaient été arrêtés après la guérison du boiteux.
Les juges étaient assemblés. On vint leur dire que tout était en ordre dans la prison, les portes fermées, les gardes aux portes; mais que les prisonniers n’y étaient plus. Leur étonnement redoubla lorsqu'ils apprirent que ceux qu'ils cherchaient enseignaient librement sous les galeries du Temple. Ils les firent amener, mais sans violence, par crainte du peuple.
Le Grand-Prêtre leur demanda comment, après les défenses qu'ils avaient reçues, ils osaient encore prononcer « ce nom-là ? » Vous avez, ajouta-t-il, rempli Jérusalem de votre doctrine, et vous voulez nous rendre coupables de la mort de cet homme !
Pierre et les Apôtres répondirent : « Il faut obéir à Dieu. Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus que vous avez mis à la croix. Il est le Prince et le Sauveur que Dieu a élevé pour donner à Israël la pénitence et la rémission des péchés. Et le Saint-Esprit que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent en est témoin avec nous. »
Les juges se consultaient pour savoir comment ils les feraient mourir. Un docteur pharisien très-respecté, nommé Gamaliel, qui enseignait la sainte Écriture, et qui plus tard se convertit, leur persuada d'attendre encore. — Si l’œuvre de ces hommes ne vient que d'eux-mêmes, dit-il, elle se dissipera d'elle-même; mais si elle vient de Dieu, vous ne sauriez la détruire. Et il est à craindre que vous ne vous opposiez à Dieu !
De telles paroles pouvaient être prononcées dans le conseil qui avait condamné Jésus, et elles ralliaient la majorité sous la présidence de Caïphe. Il fallait que les miracles eussent parlé bien haut ! Néanmoins, le Conseil fit flageller les Apôtres et leur renouvela la défense de parler en aucune sorte au nom de Jésus. Mais, joyeux d’avoir souffert des opprobres pour le nom de leur Maître, les Apôtres continuèrent de le prêcher hautement dans le Temple et partout. Les conversions furent plus abondantes, une persécution plus violente s’organisa.
Après lAscension, les Apôtres s’étaient complétés au nombre de douze, en s’adjoignant le disciple Matthias, désigné par le sort pour remplacer l’Iscariote. Plus tard, afin de se décharger du soin matériel de la commu-