‹ Jésus-ChristChapitre 75 sur 139 · PES APOTRES. — PAUL · texte numérisé non relu

PES APOTRES. — PAUL

Après la mort d’Étienne, Saul avait continué de poursuivre ardemment les fidèles. Il était Pharisien de race, instruit, éloquent, peut-être ambitieux ; il voulait montrer plus que le zèle accoutumé de son école pour les traditions. Né à Tarse, il appartenait sans doute à la synagogue des hellénistes, dont la colère contre les polémiques victorieuses de saint Étienne avait allumé la

première persécution qui fit couler le sang. Saul avait consenti au meurtre

Fig. 116. — Saul se rendant à Damas pour persécuter les chrétiens, est jeté par le Seigneur à bas de son cheval. I1 se convertit et devient saint Paul. — D'après le carton de Raphaël à Hampton-Court (Angleterre).

d'Étienne, il y avait participé. Mais la prière du martyr était montée au ciel pour lui.

Cependant, au bout d’une année, « ne respirant que menaces et que mort contre les Disciples de Jésus-Christ », et ne se satisfaisant pas d’avoir contribué à les chasser de Jérusalem, il demanda au Grand-Prêtre des lettres pour les Synagogues de Damas, afin de faire arrêter ceux qu’il trouverait dans cette ville.

Il était sur le chemin, aux approches de Damas. Tout à coup il se vit enveloppé d'une lumière prodigieuse, il fut renversé par terre, et une voix lui dit : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ! » Il s’écria : — Seigneur, qui êtes-vous ? Le Seigneur répondit : « Je suis Jésus, que tu persécutes ; il

t'est dur de regimber contre l’aiguillon. » Cette parole montre que déjà la grâce le pressait. Le persécuteur ne résista pas davantage. — Seigneur, dit-il, que voulez-vous que je fasse? Le Seigneur reprit : « Lève-toi, et entre dans la ville. »

Ceux qui l’accompagnaient avaient entendu la Voix, sans que personne leur apparût. Saul avait vu le visage lumineux et le corps glorifié du Sauveur. Devant cet éclat, ses yeux s'étaient fermés. Lorsqu'il les rouvrit, ilne voyait plus. Ses compagnons le prirent par la main et le menèrent à Damas. Pendant trois jours il ne but ni ne mangea, et ses yeux restèrent privés de lumière.

Le troisième jour, un disciple, nommé Ananie, entendit la voix du Seigneur qui lui dit : « Va dans la rue Droite, à la maison de Jude, où tu demanderas un nommé Saul de Tarse, car voici qu'il est en prière. » Et, dans le même moment, Saul voyait en esprit un homme nommé Ananie, qui lui imposait les mains afin qu’il recouvrât la vue.

Cependant Ananie répondit : — Seigneur, j'ai ouï dire que cet homme a cruellement persécuté vos saints dans Jérusalem, et même il a pouvoir des Princes des Prêtres pour arrêter ici tous ceux qui invoquent votre nom.

Mais le Seigneur lui dit : « Va. Celui-là même, je l'ai choisi pour « porter mon nom devant les Gentils, devant les Rois et devant les enfants « d'Israël. »

Ananie se rendit sans délai auprès du persécuteur, lui imposa les mains et lui dit : — Mon frère Saul, le Seigneur Jésus, qui t'est apparu dans le chemin par où tu venais, m'a envoyé afin que tu recouvres la vue, et que tu sois rempli de l'Esprit saint.

A l'instant, des yeux de Saul tombèrent comme des écailles. Il vit, se leva, recut le baptème; et, après quelques jours passés avec les Disciples de Damas, il entra dans les Synagogues, publiant que Jésus était le Fils de Dieu. Ayant fait cette confession publique, il se retira dans le désert, seul à seul, pour ainsi dire, avec Jésus qui l'avait converti et qui l'instruisait. Il passa plusieurs années dans une sorte de retraite, violemment haï par les Juifs, encore à demi suspecté par beaucoup de fidèles. Il ne revint à Jérusalem qu’au bout de trois ans, pour voir Pierre, et il resta peu. On ne con-

. . ee . Se nalssait pas encore toute sa vertu, encore moins son genie ; personne, sans

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