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Fig. 124. — Chrétienne attachée à un taureau furieux, persécution de l'an 64. Ce martyre représente le supplice mythologique de Dircé. Néron avait mis à la mode le goût des tableaux vivants et les reproduisait en chair et en os sur les chrétiens. — Fresque de Pompéi. D'après l'Accademia Ercolanese d’Avellino.
Néron s'est trompé, Satan s’est trompé; quiconque lutte contre Dieu sera trompé.
Néron n’en reste pas moins la personnification la plus complète du règne
du mal, lé vicaire du diable, comme Pierre, qu'il a tué, est le vicaire du
382 JÉSUS:CHRISTECONTINUEÉ:
Christ. Satan ne fera pas mieux que Néron. Toutes les copies qu’il en a données sont inférieures à ce type de scélératesse, où dominent ensemble la luxure, la bassesse, la cruauté et le ridicule. Il fallait que Néron fût ridiculé; il fallait que cette bête qui foulerait l'humanité comme la grappe dans la cuve ne fût ni lion ni tigre, mais pourceau. Satan n’est pas satisfait de broyer l’homme, il veut le moquer.
Il se vautrait, et ses débauches contaminaient tout ce qui avait été l’honneur de Rome. Bel esprit, auteur, général, chanteur, cocher, toujours entouré d’histrions dont il était la risée et la fortune, toujours suivi de ses claqueurs. Il renversait des montagnes et en élevait d’autres. Sa maison couvrait deux des collines de Rome. Dans ce palais d'or, de marbres rares, de curiosités précieuses, il donnait des fêtes et s'amusait à faire mourir les convives. Il aimait les fleurs et la gloire. Il était poltron. Il ne tuait pas toujours pour son plaisir, il tuait souvent parce qu’il avait peur; mais il avait toujours plaisir à tuer. C’est bien Néron qui devait crucifier Pierre.
Tel était l’empereur qui se trouva le premier face à face avec l'Église et qui tua le premier Pape. Son règne fut de dix ans. On pourrait dire qu'il fonda l'institution du martyre, en quelque sorte, depuis lui, régulière et comme indispensable à toute tyrannie. En lui nous avons décrit tous les persécuteurs, comme en saint Pierre nous avons décrit tous les Papes.
Après Néron, le souverain pontificat païen, ou, pour mieux dire, la divinité païenne vint à d’autres fous, fut volée par des soudards, achetée par des faquins. Néron parut grand. I] fallait un maître. La foule, réunie dans le cirque, faisait entendre les mêmes acclamations : « Tu es le maître; «tu es le premier; honneur à toi! ab ævo vinces ! tu vaincras éternelle- « ment! » Titus, Domitien, Caracalla, Dioclétien, Marc-Aurèle, Didius Julianus, peu importait à la foule. Et peu lui importait aussi qu’un coup d’épieu mit fin à l’éternité de l’empereur. Un autre empereur servirait à la foule du pain et des plaisirs.
Mais si tous les empereurs ont été fidèles à la politique de Néron, sont venus au même point contre le Christianisme et l’ont voulu tuer, les Papes, de leur côté, n’ont pas été moins fidèles à la politique de Pierre. Les savants,
les simples, les hardis, les timides, ceux que la violence ne peut épou-
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roila les trésors de l'Eflise » Des bourreaux apportent des charbons pour aviver |