‹ Jésus-ChristChapitre 88 sur 139 · LM A AE · texte numérisé non relu

LM A AE

PADIACRE (40: AOUT 258

t, Cornelius Secularis, entoure de membres du senat, dicte ses ordres aux bourreaux. Plus haut, le balcon nt, étendu sur le 8nil,se soulève et accentue d'un 6este ses belles paroles: Ces vierées, ces pauvres et ces veuves 1e: lun deux armé d'une fourche, s'efforce d'étendre le saint sur sa couche incandescente,

LESXPONIIPES DU-PAGANISME. 383

vanter, ceux que la caresse entreprend d’amollir, tous viennent au même suprême argument: mieux vaut obéir à Dieu qu’aux hommes! Ils meurent. L'histoire des successeurs de saint Pierre, pendant deux cent cinquante ans, est terminée par les mêmes mots : « couronné du martyre ». Sous ces chefs, quelles légions triomphantes entrent à la fois dans la mémoire des hommes et dans le ciel de Dieu! L’armée des martyrs se recrute partout, combat partout, est formée de toutes les conditions, de tous les âges, de tous les pays : on y admire toutes les beautés, tous les mérites y éclatent. Ce n’est plus le peuple, ce ne sont plus les grands, c’est le monde. Le savant, l’ou-

vrier , l’homme de cour, le militaire, l'artiste, le tribun, l’esclave, la femme

Fig. 125. — Médaille de Dioclétien, empereur, qui décréta contre les chrétiens la plus sanglante de toutes les persécutions. 1116 siècle. Cabinet des médailles, à Paris.

grande dame, matrone, vierge ou servante, lenfant même, courent vers Jésus-Christ, veulent le confesser dans la vie, dans les œuvres, dans les supplices, dans la mort. Quelquefois, César éperdu ne voudrait plus tuer et demande à entrer en arrangement. Dès le commencement du deuxième siècle, on voit de ces tentatives. Le bourreau demande grâce aux victimes. Il faut qu'il tue! Les chrétiens veulent que leur Christ soit vainqueur, ou veulent mourir. Marc-Aurèle, le bienfaisant et le sage, inaugure la quatrième persécution générale et laisse à Commode le soin de la continuer. Les Chrétiens avaient encore du sang à donner sous Marc-Aurèle, ils en ont encore sous Commode, encore sous Septime-Sévère, sous Caracalla, sous Héliogabale. Pendant ces massacres, l'Église déroule toujours la majesté des saints. Les saints continuent d'abonder. Comme autant d’astres dans le

ciel de la foi, se lèvent les grandes dames romaines enfin converties. À Tivoli,

par ordre d’Adrien, la veuve Symphorosa, immolée avec ses sept fils, rend grâce à Dieu d’être huit fois martyre en un jour. A Rome, non moins héroïquement, meurent cette admirable Cécile dont Dieu a prolongé la vie dans le tombeau, et cette douce Agnès, autre miracle perpétuel. Les Apologistes et les Pères commencent. On a vu saint Quadrat, saint Justin, saint Athénagore ; Origène est né d’un père martyre; saint [rénée écrit contre les hérésies; Clément d'Alexandrie a parlé; Tertullien a rugi; saint Cyprien, saint Denys d'Alexandrie, saint Corneille ont enseigné. L'Église triomphe par ses docteurs comme par ses martyrs. Enfin le paganisme ne trouve plus que des maîtresindignes même de lui; une dernière bataille se livre, Maxence est vaincu et Constantin est empereur.

Saint Marcel, Pape, venait de mourir, esclave attaché au service des bêtes; les acclamations du cirque venaient de .saluer Maxence : la croix paraît dans le ciel; Constantin, non encore baptisé, la plante sur le Latran, ab ævo vinces ! La statue de Néron, haute de cent pieds, qu'il s’était érigée à lui-même, statue de Nabuchodonosor, se dressait encore à l’une des entrées de l’'amphithéâtre; mais l'empire de Néron n’était plus. César baptisé abandonne le gouvernement de Rome au Pape Sylvestre I°' et à ses successeurs, « n’estimant pas que l’empereur de la terre dût retenir la puissance « là où l’empereur du ciel a établi le principal du sacerdoce et le chef-lieu « de la religion ». Il emporte dans ses bagages le souverain pontificat des faux dieux, moins pour le prendre que pour ne pas le laisser.

« Trois siècles après le César Néron, le César Constantin, pleurant, prit une bêche, et de ses propres mains commença de creuser les fondements de la basilique vaticane ; et les larmes coulant de son visage ruisselaient sur

les broderies de la robe impériale ‘. »

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