LA PHILOSOPHIE CHRÉTIENNE
qu’autrefois. Et comme, chaque jour, les Apôtres, les apologistes, les docteurs, les saints, les confesseurs, les martyrs, les vierges, tous les cœurs des catéchumènes, toute l'Église en un mot, dont le cercle s’élargit à perte de vue, redisent, commentent, déploient chacun des mots qui sont
sortis de la bouche de Dieu, il en résulte une création intellectuelle entière-
ment nouvelle.
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Fig. 127. — Baptême de.Constantin. Fresque de Raphaël, au Vatican. xve siècle.
L'erreur même, ainsi que nous venons de le remarquer, fut obligée d’emprunter des armes au Catholicisme pour combattre le Catholicisme. C'est ce que prouve l’histoire des hérésies qui pullulaient dès les premiers jours de l'Église, et celle de la philosophie de l’école d'Alexandrie, laquelle ne fut elle-même qu’une grossière corruption des vérités chrétiennes.
Mais ces vapeurs, quelque accumulées qu’elles fussent, ne purent tenir devant les éclairs que ne cessait de lancer contre elles la phalange de plus
en plus nombreuse des apologistes. Et. au moment où Constantin monta
sur le trône impérial, un double esclavage, l'esclavage d’une moitié de l'humanité et l'esclavage de la raison, prit fin. Jésus triomphait dans le droit, dans la philosophie, dans la littérature. On allait entendre les Basile, les Augustin, les Ambroise, les Grégoire, les Chrysostome. Après ces grands hommes et leurs œuvres impérissables, commentées et révivifiées dans la suite des siècles par une série non interrompue de disciples éclatants, l'erreur religieuse, dogmatiquement vaincue, était réduite à sa substance obstinée aussi durable que le monde, et n'avait plus pour s'appuyer que la
volupté et l’orgueil.