‹ Jésus-ChristChapitre 92 sur 139 · ROME CHRÉTIENNE. — TRAHISONS DE BYZANCE · texte numérisé non relu

ROME CHRÉTIENNE. — TRAHISONS DE BYZANCE

Si, de la circonférence de l’Église, nous reportons nos regards à son centre, nous assistons à un spectacle non moins divin. Dans la Rome païenne, du sein de ses éléments transformés et purifiés, on voit s'élever une autre Rome, la Rome des Papes, la Rome catholique, le centre, le pivot et le foyer du monde nouveau. On y sent le cœur de Dieu, l’action constante de la Providence y est visible. Toute l’histoire du monde avant Jésus-Christ concourt à amener Pierre dans Rome, et toute l’histoire du monde depuis Jésus-Christ tend à faire de cette ville le siége de la royauté spirituelle, prédite par les Prophètes. C’est à Rome qu’a eu lieu le fort du combat entre la vérité et le mensonge; toutes les Églises naissantes ont été arrosées du sang des martyrs; mais celle de Rome en a été inondée pendant trois cents ans. Fidèle à sa vocation sublime, c’est par le sacrifice quotidien d'elle-même qu'elle a affirmé et prouvé sa royauté. Rien ne l’intimide, rien ne l’ébranle, rien ne la décourage. De chaque grain de froment écrasé sous la meule, naissent des moissons d'élus, dont les épis dispersés par les persécutions vont orner et nourrir toutes les contrées de la terre. La mort, qui épuise tout le reste, était devenue, par un miracle de Dieu, une source de vie pour l'Église en général et pour l'Église romaine en particulier. Continuellement la ville païenne diminuait et la ville chrétienne augmentait, si bien qu’il arriva un temps où le glaive des

Césars n’osa plus frapper, craignant de faire le vide dans la cité.

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