‹ Jésus-ChristChapitre 94 sur 139 · SAINT GRÉGOIRE I · texte numérisé non relu

SAINT GRÉGOIRE I

brutale qui se joue du droit et de qui la trahison se joue. Le poignard plus que Pépée, le poison plus que le poignard, élève et renverse les trônes. En

Pre . VA « ; e s’élevant et en croulant, ces trônes d’un jour écrasent l'espèce humaine.

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Fig. 128. — Sainte Scholastique apparaît, après sa mort, à saint Benoît, son frère. La sainte, soutenue par trois anges, est accompagnée de deux jeunes filles couronnées de fleurs, qui portent chacune une palme, et des Apôtres Pierre et Paul, qui convient le saint à monter au ciel. Tableau de Le Sueur, au Louvre. xvrie siècle.

C l d l l ed ignité est par l'amour des peuples, par la grandeur sacrée de sa dignité, par la fermeté de son cœur, par les ressources inépuisables de son génie que

Grégoire combattit tant de fléaux. Il offrit la paix, il l’imposa., il l’acheta. Il

releva Rome et lui fit des remparts. A travers tant de soins, il ne cessa pas,

suivant la constante tradition des Papes, d'héberger les pèlerins et de nourrir les pauvres. Il fit autre chose encore, il légua à ses successeurs une politique qui le continuait.

Pour assister Grégoire, Dieu avait suscité une autre force, toute morale, comme la sienne. Saint Benoît avait fondé son ordre. Grégoire était moinebénédictin. Déjà les monastères de Subiaco, du mont Cassin et d’autres existaient, protégés même contre les barbares par la sainteté et la pauvreté. Dans ces retraites où il n’y avait rien à prendre ,-s'était réfugiée la science, surtout la science de Dieu. On y conservait des livres, on y faisait des saints, il en sortait des hommes. Là se fabriquait la force à qui reste en définitive l'empire.

Ainsi, par l'héroïsme et la sainteté de Grégoire I, l'Église reprit haleine et se prépara à résister à la folie furieuse de l’Isaurien, un rustre devenu empereur de Byzance, qui voulut faire abattre les saintes images. Ce fut l’hérésie des iconoclastes dont les saintes images choquaient la piété et révoltaient la science.

Saint Grégoire II vainquit l’Isaurien par ses successeurs. Comme saint Grégoire I‘, qu’il suivit après un siècle, il fonda la politique nécessaire pour ce temps. Sans attaquer des droits que seul, en Italie, il reconnaissait et maintenait encore, il leur opposa le droit supérieur que l’imbécillité criminelle des Byzantins se flattait d’anéantir. « Malheureusement pour les empereurs, dit un historien, homme de collége, la vertu la plus remarquable , unie à la plus profonde sagesse, siégeait alors sur la chaire de saint Pierre. Durant quatre-vingts ans, sept Papes, aussi vénérables par leur sainteté que redoutables à leurs souverains par leur adresse politique, se succédèrent à Rome. »

Cette chaîne d’or de sept Papes, redoutables par leur adresse, mais vénérés pour leur sainteté, conduisit le monde au grand Pape Adrien, ami de Charlemagne. Il termina l’époque de la suzeraineté impériale, système politique qui provoquait l’Isaurien et le Copronyme à décréter des articles de foi. Après des siècles de patience, les Papes ont dû secouer cette servitude pour sauver la Papauté et la Religion, Rome et l'Italie.

Ce fut saint Grégoire 1° qui prit le beau titre des Papes. Les empereurs Byzantins s’affublaient des protocoles pompeux qui dénoncent l’enfantil-

lage des maîtres de la terre; Grégoire s’appela le serviteur des serviteurs

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