‹ Jésus-ChristChapitre 96 sur 139 · NS À · texte numérisé non relu

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à Rome, les pouvoirs nécessaires pour évangéliser l'Allemagne. Le pape Grégoire III écrivait à -Martel, prince des Francs, qui l'avait beaucoup assisté dans cette entreprise. —Fresque 9 , P

de Henri de Hess, à Munich. D'après la Vie de saint Boniface, Paris, Schulgen, 1 vol. in-folio.

Fig. 120. — Saint Boniface, de la nation anglaise, va recevoir du pape Grégoire If, saint Boniface qu'après Dieu la conversion de cent mille païens était due à lui et à Charles

Saint Grégoire n’abandonna pas son œuvre, et ses successeurs la continuèrent avec le même amour. Il n’y a pas de nation qui doive autant que l'Angleterre à l'Église romaine. L'Église romaine l’a mise au jour, l’a élevée, l’a protégée et lui a fait ce solide tempérament social qui a pu résister, seul dans l’histoire, à trois siècles d’hérésie. Rien de plus touchant et de plus constant que la sollicitude des Papes pour ach:ver et perfectionner l’œuvre de la civilisation de l'Angleterre. La tendresse maternelle n’est pas plus vigilante et plus ingénieuse, n’a pas de plus abondants trésors : de miséricorde et de pardon. Le monde sait quel fut le fruit glorieux de tant de charité. Grâce au zèle des évêques envoyés par les Papes ou institués par eux, et qui n’épargnèrent ni leurs sueurs, ni leur sang, la nouvelle nation catholique se couvrit de monastères et d'écoles ; de fréquents conciles abolirent les superstitions et les lois barbares, et les remplacèrent par les lumières et par la législation chrétienne; sur le trône, la piété remplaça la férocité ; les lettres et les arts firent des progrès rapides. Cent trente ans après l'établissement de saint Augustin à Cantorbéry, le vénérable Bède, un des fils de ces barbares convertis d'hier, était une des lumières du monde et prenait place au rang auguste des docteurs de l'Église ; un autre, saint Boniface, rendant à l'Église ce que sa race avait recu d’elle, devenait le type des missionnaires et conquérait à Jésus-Christ une partie de l'Allemagne encore païenne.

A travers toutes les vicissitudes et toutes les révolutions politiques , l'Angleterre était devenue l’Jle des Saints, et Dieu, récompensant ce peuple qui cherchait d’abord le royaume du ciel, l'avait affranchi de la misère. Il n'y avait dans l'Ile des Saints que des pauvres volontaires. Aucune créature faite à l’image de Dieu ne manquait d'amis et de pain. Sur cette terre bénie, les invasions mêmes, en apportant le trouble et les guerres, n’apportaient pas la famine; et telle était la force des institutions catholiques, qu'elles triomphaient de l’orgueil des vainqueurs et finissaient par les assouplir au joug de la charité. Durant les cinq cents années de guerre civile presque non interrompue qui suivirent la conquête, les moines défrichaient la terre, couvraient le sol de monuments magnifiques, instruisaient le peuple et lui inspiraient cette sagesse, ce respect de l’autorité, cet amour de la

tradition qui a, jusqu’à présent, maintenu l'Angleterre au premier rang

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