CHAPITRE II
Lé Langagé dé Tésus
Jésus n’a rien écrit, et nesemble pas avoir pris la moindre précaution pour que ses paroles fussent conservées. Cela est tout simple. Personne, dans le monde juif de Palestine, n’avait l'esprit tourné à composer des livres, Pourquoi écrire ? Le mondeallaitfinir; et, de fait, les Apocalypses, les seuls ouvrages palestiniens qui nous restent de ce temps-là sont de courts opuscules unique-
ment destinés à raconter la fin de toutes choses,
et à préparer les esprits à la catastrophe suprême.
On écrivait aussi des lettres, mais toujours occasionnellement. Saint Paul n’a pas composé une ligne pour l'avenir, n’a pas écrit un mot destiné à durer. Il était trop convaincu qu'il vivait aux derniers jours de l’histoire. Quant aux Evangiles, ce n’est que beaucoup plus tard qu'on songea à les rédiger. Ecrire c’est vouloir conserver ; c'est se préoccuper du lendemain. Certes, Jésus a songé à l’avenir de son œuvre, mais en le confiant aux apôtres ; et il ne semble pas avoir pensé que les apôtres eux-mêmes auraient besoin de le confier à des successeurs.
Comment les apôtres ont-ils retenu les paroles de Jésus ? Comment se sont-elles conservées intactes, longtemps transmises de bouche en bouche, et sans que personne songeût à les fixer
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par l'écriture ? Tout simplement par un de ces prodiges de mémoire dont la rareté des manuscrits avait fait une absolue nécessité. La conser-
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