EE LES:PAUVRES
: Voyons maintenant Jésus préparant la venue du Royaume.
Son premier but est de communiquer aux hommes le sentiment de filialité divine qu'il possède pleinement lui-même; il veut le créer dans les âmes. Pour éprouver ce sentiment, il faut devenir « petit », petit par le rang, par l'argent, par l'influence, et petit par le bonheur.
Aussi déclare-t-il heureux ceux qui pleurent et ceux qui souffrent.
Jésus profite de ce que les interprétations, données par ses contemporains, des passages de Daniel sur le cinquième empire, sont fort diverses, pour en donner une très spiritualiste, mais nullement révolutionnaire. Tout le Judaïsme sera maintenu, mais il devra être transformé, et cette transformation se fera par le changement des cœurs (1). Elle n’est autre chose que la piété, la vraie piété remplaçant les rites et les actes extérieurs. Cette piété aura son fondement dans l’humilité, le renoncement, le sentiment profond de la pauvreté spirituelle.
Voilà pourquoi Jésus prêche une justice nouvelle, qu’il oppose à celle des Scribes et des
Pharisiens. Pour eux, les aumônes, les jeûnes,
les prières, les. actes accomplis font l’homme juste, et lui confèrent des mérites. Jésus prêche une justice « supérieure » (2). Il faut s’humilier,
être petit, pauvre en esprit, rentrer en soi-même,
(1, C’est toujours la même méthode : ne rien abolir,
tout accomplir.
(2) Matth. 5 : 20.
avoir faim et soif, jeter le cri de détresse : Aie pitié ! car le Père a pitié, il est plein de compas- Sion ; il remet la dette ; il pardonne à ceux qui pardonnent.
Le commencement de la vie nouvelle, c'est donc le désir de l'obtenir. Avoir conscience de ce qui nous manque, c'est déjà, en quelque sorte, le recevoir (1).
Cependant Jésus n’a jamais dit que la faim et la soif de justice portent leur rassasiement en elles-mêmes. Le Royaume de Dieu n’est nullement réalisé par le fait qu’on le cherche, qu'on le désire, qu’on y aspire. Ce n’est pas la faim qui nourrit, et ce n’est pas la soif qui désaltère. Désirer la justice ne vous la fait pas obtenir ; autrement le Royaume se trouverait fondé par le fait même que Jésus le prépare. Or il ne l’a jamais dit; le Royaume vtendra, et la justice ne sera obtenue que plus tard, à sa venue. Alors ceux qui, dès à présent, en ont faim et soif, en seront rassasiés. On n’exauce pas soi-même sa
(1) Avoir conscience de ses limites, a-t-on dit avec
raison, c'est déjà, en quelque mesure, les avoir dépas-
sées.
prière parce qu'on prie; de même on n'entre pas dans le Royaume parce qu'on le cherche; mais on S'y prépare, et on y entrera. Le changement des cœurs et des esprits (« la repentance, car le Royaume approche ») (1) n'est donc que la préparation au Royaume et non le Royaume lui-même.
Jésus, nous l'avons dit, attend le Royaume sur la terre. La transformation de la société et du monde s’accomplira ici-bas, quand les Juifs seront convertis. Tous alors acclameront Jésus comme Messie ; le Royaume paraîtra, et la domination spirituelle du Christ commencera sur la terre. Le Père accordera les récompenses promises ; celles de quelques-uns seront grandes (2), et une ère de félicité s'ouvrira pour tous.
Au début de cette ère, que se. passera-t-il ? comment sera inauguré le Royaume? par un changement subit. [Il arrivera le contraire de ce qui existe. Le monde à venir sera le monde
(1) Marc : : 15 et parall.
2) Matth. 5: 12,109; Luc 6 : 23, 35. Marco: 4r. Matth. 10 : 42.
actuel renversé. Les premiers seront les derniers, et les derniers les premiers (1). Actuellement, le bien et le mal sont mêlés, comme l’ivraie et le bon grain dans un champ. Alors, il se fera une séparation violente, ce sera comme un grand coupde filet (2). Jésus exprime souvent la surprise que causera ce soudain bouleversement, Personne ne s’y attendra, et, quand cette trancformation sera faite, elle sera définitive.
Or, un des renversements les plus inouïs qui se produira, sera l'avènement des petits, des humbles, des ignorés ; ils deviendront les grands et seront à leur tour au premier rang. Aussi Jésus comptait-il beaucoup sur les pauvres pour préparer la venue du Royaume (3).
« Ce qui est haut pour l’homme, disait-il, est en abomination aux yeux de Dieu.» Les simples, les. humbles, les pêcheurs du lac, voilà les enfants futurs du Royaume. Sur les riches,
QhMatth101:/30::20 419. Marc to :"34 4 Luc .13:: 30. 2) Matth ri: 24 et éuivir 13: 47 ét suiv.: 13:31, 33; HANarC 4: 1 T'eLISUIV:
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Jésus a toujours professé au pied de la lettrela doctrine essénienne, et sa pensée sur ceux qui possèdent n’a jamais varié (1).
Rappelons-nous que Jésus était sorti d’un milieu populaire, pauvre, ouvrier, et que les artisans et les humbles, qui n’entendaient rien à Ja politique, rêvaient surtout une rénovation sociale. Réaliser sa fortune eten donner l’argent aux pauvres, c'était, pour les Esséniens, une des premières conditions à remplir pour être prêt à entrer dans le Royaume lors de son apparition ; et quand on se souvient qu'il en fut de même dans la première communauté chrétienne, on reconnaît qu'on se trouve ici en présence d’une idée et d’une pratique des premiers jours. |
Jésus, d’ailleurs, a formellement prêché la pauvreté volontaire (2). Il a conçu, dès le début. de son ministère, et très probablement pendant toute sa jeunesse, le Royaume de Dieu comme
(1) Matth. 5 : 3, 20; 18 : 3; 19°: 14510 : 23 et 24; 26.3 315 22: 2 et suiv. Marc rot 14.et 155) 2318125 Luc4s 18 et'SUIV. 0:20 18 MOT 17,024 6025. Ç
(2) Matth. 19 : 21. Marc 10 : 21 et suiv.; 29 et 30. ue 18-: 22.et SUIV.
devant être préparé par le renoncement aux
richesses.
Mais il n’a pas plus fait de socialisme que de politique. On voudrait parfois que la vraie pratique de l'Evangile fût dans l’accomplissement de certains devoirs sociaux, et que le bien faitaux
pauvres servit à fonder le Royaume de Dieu. Il n’en est ainsi quesi l’amour pour les pauvres et la pratique du bien procèdent d’une vie supérieure,
et sont le fruit naturel de la régénération, de la nouvelle naissance. Tous les devoirs chrétiens ne sont pas renfermés dans les devoirs sociaux.
Mais il n’en est pas moins vrai que, pour Jésus, le grand signe du Messie c'était « la Bonne Nouvelle annoncée aux pauvres! » (1).
Là était, d’après lui, la preuve par excellence. On le comprend, puisque, dans le Royaume, tous les rangs seront intervertis. Ce qu'on appelle le monde, c'est-à-dire les Docteurs, les Sadducéens, les aristocrates, les prêtres ne passeront pas d’abord; ils n’entreront que s'ils sont changés et devenus « comme des enfants ».
Hi Matth. "TE 5.
L'enfant est sacré (1) ; le Royaume de Dieu est à lui (2). Il faut devenir enfant pour y. entrer (3). On devra le recevoir en enfant quand il viendra (4), et, dès à présent, c’est aux enfants que le Père révèle ses secrets (5).
Un jour, Jésus prend un enfant; il le place au milieu de ses disciples et leur dit : « Si vous ne changez et ne devenez comme cet enfant, vous n’entrerez pas dans le Royaume de Dieu » (6). « Le Royaume est pour les enfants et pour ceux qui leur ressemblent. » |
Le Royaume est aussi pour les petits de ce monde, victimes des orgueilleux et des riches. Il est enfin pour ceux du dehors, pour les publicains, pour les gens de mauvaise vie, pour tous. ceux qui ont à souffrir du mépris des person-
(TOMATE TS LOTO NEA CP UCAT7 ASE
(2) Matth. 19 : 143 Marc 10: 14. Luc 18: 16.
(3) Matth. 18: 1 et suiv. Marc: 9 : 33°et\suiv. *Lue 9 : 46 et Suiv. |
(4) Marc 10: 15.
(5) MAtEN Tr 25 EUCHo TETE
(6) Matth. 18: 3. Marc 0 : 35-36. Luc 9 : 46-48.
nages haut placés, qui commandent, qui possèdent, qui sont.bien pensants.
Plus tard, Jésus ira plus loin encore, et dira que le Royaume est pour les païens et pour les Samaritains. Plus tard, disons-nous, car, dans cette première période deson ministère, il n’est pas encore universaliste, et partage sur les païens les idées de son entourage (1).
En attendant, le Royaume est, d’ores et déjà, le Règne des pauvres, et il est préparé par l’avènement des pauvres. C'est le pur ébionisme.
On appelait Ebionim, (pauvres) dans la société juive du premier siècle, ceux qui affectaient l'indifférence pour tout avantage extérieur: la gloire, la pompe, les honneursetsurtout l'argent. Très pieux, très convaincus de l’apparition prochaine du Royaume, les Ebionim, sans former
(1) Voir les passages suivants : Matth. 6 : 32; « Tout cela les païens s’en enquièrent ». — 6: 7; « Ne priez pas
comme les païens ». — 7 :6: et suiv. « Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré... » — 18 : 17; « Qu'il soit pour toi comme un païen ». — Jésus ne deviendra
universaliste qu'après son entrevue avec une femme cananéenne; nous parlerons de cette évolution de sa pensée au chapitre onzième.
un parti religieux distinct, se remarquaient par leur humilité, leur douceur, leur résignation. Il va sans dire qu'ils se recrutaient presque exclusivement dans la classe pauvre ; de là leur nom. Plus tard, les premiers chrétiens furent appelés les Ebionites par les Juifs, ce qui prouve à l’évidence que Jésus a trouvé parmi eux la plupart de ses premiers disciples, et que lui-même, dans ces premiers temps de son ministère, où il était encore très attaché aux formes et aux traditions du Judaïsme, était un ébion. « Malheur à vous, les riches, disait-il dans son enseignement ; Car vous avez aujourd’hui votre consolation! Malheur à vous qui, maintenant, avez tout à satiété, car vous aurez faim! Malheur à vous qui, maintenant, riez, Car vous tomberez dans le deuil et les larmes (1) !»
«Quand tu fais un festin. appelles-y les pauvres, les infirmes, les estropiés, les aveugles ; heureux seras-tu, parce qu’ils n’ont pas de quoi te rendre ce festin, et il te sera rendu à la résurrection des justes (2). »
(1) Luc 6: r4 et suiv.
(2) Luc 14 : 12-14.
« Dans les cieux », la « récompense », disait sans cesse Jésus (r1),« à la résurrection », «dans la vie éternelle », « dans le Royaume », expressions toutes synonymes, et qu'il empruntait, ainsi que les idées qu’elles exprimaient, à l’Ancien Testament et à la synagogue.
Pour les comprendre, et surtout pour saisir exactement la pensée de Jésus sur les pauvres, il faut se rappeler que son peuple était travaillé depuis longtemps par un mouvement démocra- tique exalté. On relisait — et Jésus avait souvent relu — les nombreux passages de l'Ancien Testament où Dieu déclare qu'il est le vengeur du faible et de l’opprimé (2). Les prophètes avaient toujours tonné contre les grands. Pour beaucoup, pauvre et doux, humble et pieux étaient devenus des mots synonymes, de même que riche signifiait impie, méchant, violent. Ces idées n'avaient fait que grandir et se fortifier. Le livre d’'Enoch maudit les riches et les puis-
MONO SES Vo. 4r Marco: at Luc 6: 23735, etc, PA OS ART OM Saïe: 09 où PS: 25, 0 37 "17:00:33,
sants(1). Le luxe y est considérécommeuncrime, et le Fils de l’homme y détrône les rois (2).
Au premier siècle, le riche était le « mauvais riche », et Jésus appelle l'argent « le Mamon d’iniquité » (3). C'était le terme populaire et courant pour désigner les richesses. Elles passaient toujours pour injustes et mal acquises. Le riche, « qui s’est vêtu de pourpre et de fin lin », « qui a mené joyeuse et splendide vie », a reçu « ses biens », « sa récompense », « Ce qui lui est dû », et alors, dans le séjour des morts, « il sera en proie aux tourments» ; le pauvre, qui a été couvert d’ulcères et auquel le riche n'aura même pas donné ses miettes à ‘manger, reposera « dans le sein d'Abraham ; » ïl sera « consolé. » Pourquoi? Parce qu’il a eu «des maux dans sa vie ». Alors, dans la vie à venir, la compensation se fera ; « l’un sera torturé, et l’autre consolé » (4). |
Cette doctrine de la compensation à venir
(1) Ch. 63, 97, 100, 104.
(y Luci6 to, (4) Luc 16: 19 et suiv.
était courante depuis le temps des Macchabées, et c'est elle qui soutenait et consolait les petits et les humbles: Leur résignation. était faite d'espérance, et ils portaient leur fardeau avec d'autant plus de courage qu'ils voyaient, par la foi, le séiour à venir de la félicité éternelle,
le banquet sans fin où, couchés dans le sein
d'Abraham, ils boiraient le vin de la Pâque
céleste qui leur était à jamais promis.
L'Ebion ou le pauvre était donc tenu pour saint et aimé de Dieu. Il s'ensuivait que la pauvreté matérielle, le manque d'argent passait pour étroitement solidaire du sentiment de la misère morale, de la pauvreté spirituelle. Voilà pourquoi Jésus disait, tantôt qu'il fallait être « pau-
vre » pour entrer dans le Royaume (pauvre d’ar-
gent) (1), tantôt qu'il fallait être « pauvre en esprit » (2), c’est-à-dire pauvre à son propreesprit, à son propre jugement, humble et repentant.
Cette préférence pour ceux que le monde dédaigne et méprise a été un trait distinctif du
(HO EuC 0720, (2) Matth. 5 : 3.
182 JÉSUS-CHRIST PENDANT SON MINISTÈRE SE AR RQ NE ee PE Le à caractère de Jésus. Il a pitié de l’impuissance et de la faiblesse des petits. Il aime ardemment le peuple et tout ce qui estdu peuple (1); et, sur ce point, il dépasse ses contemporains, et réagit contre les aspirations dominatrices de sa nation. L’Ebion désirait la venue du Royaume parce qu'il deviendrait riche, qu'il commanderait à son tour, et humilierait les superbes qui, aujourd’hui, l’humiliaient. Jésus n'a jamais accepté une telle doctrine. Si, pour lui, la vraie grandeur est de servir, ce n’est nullement parce qu’elle mène à se faire servir plus tard. Sa conscience, éclairée par sa communion incessante avec son Père, transformait et spiritualisait les notions matérielles et terre à terre de ses compatriotes. Sans doute, il croit et il dit que, lorsque le Royaume sera venu, la justice règnera et les petits seront heureux ; mais ils le seront en restant petits; tandis que, pour la plupart des Juifs, c'étaient les forts, les habiles, les violents qui règneraient. Les Pharisiens entendaient bien qu'ils passeraient les premiers, et nous avons
(1) Matth. 9:36. Marc 6 : 34.
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déjà eu l’occasion de dire que leur seul but, en accomplissant strictement les plus minutieuses prescriptions de la Loi, était de s'assurer de bonnes places dans le Royaume. Jésus a prèêché le contraire.
Cependant il s'était approprié, on ne peut le contester, la doctrine de la compensation. Dans les derniers siècles avant sa naissance, s'était répandue cette idée, que Dieu ne peut pas.avoir imposé le fardeau de la vie au pauvre, à l’affligé, au petit, sans compensation
dans le Royaume à venir et à la résurrection
des justes, à laquelle ils auront certainement part. Jésus a fait sienne cette idée qui reposait sur la foi en la justice de Dieu. Il y aura une justice distributive, affirmation qui est la raison profonde des béatitudes (1). On disait : Bientôt la délivrance. Jésus le répète avec une inébranlable conviction. Encore un peu de temps, et le futur sera changé en présent ; la tristesse sera
changée en joie ; les pleurs, en rire; les souf-
frances, en bonheur sans fin. De là l'espérance
(1) Matth. 5: 3 et suiv.
pleine de confiance et d’allégresse qui rempiit toute la première période de son ministère.
Voici comment on peut résumer en quelques mots la première prédication de Jésus sur le Royaume de Dieu (1). Il entend par Royaume un état de choses à venir, une vie idéale, supraterrestre, mais réalisée sur la terre lors de l’avènement du Messie. Ce Royaume de Dieu, appelé de préférence par lui Royaume des cieux, parce qu'il est actuellement dans le ciel et qu’il en descendra, sera, sur la terre transformée, le séjour de ceux qui auront été jugés dignes d'y entrer.
Jésus n’a donc pas enseigné autre chose que ses contemporains. Cependant il se différencie d’eux en disant que personne n’entrera de droit dans le Royaume, et qu'il faut se préparer, par la conversion, à y entrer un jour. De cette conversion, les pauvres sont plus près que les riches.
Mais elle n’est pas interdite aux riches. — Il faut qu'ils se fassent pauvres matériellement et
(1) Dans notre dernier volume, nous aurons à parler des idées définitives de Jésus sur le Royaume de Dieu.
moralement, — et elle n’est pas fatale pour les pauvres, car, s'ils sont déjà petits par leur position sociale, il faut qu'ils y ajoutent la pauvreté en esprit, la pauvreté au sens spirituel et moral.
Lui-mêmeé, le Messie, est chargé auprès de tous, riches et pauvres, de cette œuvre préparatoire
Pour les Juifs, le Royaume n'aurait d'autre préparation que des prodiges extérieurs, des signes venant du ciel et frappant par leur carac- .tère merveilleux ; Jésus a refusé ces signes du ciel (1); de plus, le peuple tout entier, d’après les Pharisiens, avait droit au Royaume et devait y entrer; la seule préparation exigée était l’accomplissement de la Loi et la soumission aux traditions pharisiennes(2). Jésus a prêché tout le contraire.
Plus tard, les Rabbins parleront d’un Royaume de Dieu purement spirituel et moral, un état des cœurs, mais, au temps de Jésus, il n’en était pas question. L'état des cœurs préparait leRoyaume, mais n'était pas le Royaume lui-même, ère de bonheur, palingénésie universelle que Jésus a
(1) Matth. 12: 38 et suiv. 16 : 1 et suiv. Marc 8 : r1. (2) Sanhédrin fol. 27 : 2.
d’abord fermement espéré voir se produire pendant sa vie. Cette espérance, toute religieuse, a eu, surtout dans la première période de son ministère, un caractère foncièrement israélite et national. Jésus, nous l'avons dit, n'était pas encore universaliste.
Enfin, le socialisme de Jésus, si toutetois on peut employer ce mot, était l'inverse du socialisme d'aujourd'hui. Appauvrir les riches pour enrichir les pauvres et établir une égalité de fortune qui procurera l’aisance à tout le monde, tel est le rêve absurde de nos utopistes modernes. Jésusa prêché l'égalité dans l’abnégation et la pauvreté pour tous. Tandis que, pour beaucoup de socialistes, nos contemporains, le but est : s'enrichir, posséder, jouir, le sien est : s'appauvrir, se dépouiller, souffrir. Oui, souffrir, Car, pour lui, le bonheur est fait de soumission à la volonté du Père ; l'humilité d’esprit est la vraie grandeur, et la solidarité dans la souffrance est la vraie égalité, la seule possible et la seule désirable.