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CHAPITRE IX

Opposition confré Jésus

Jésus prêcha longtemps en Galilée sans rencontrer aucune opposition. Des Rabbis parcouraient le pays ; 1l était l’un d'eux ; chacun était libre, et aucun prédicateur n’était troublé par personne dans l'exercice de son ministère.

Exhortations et guérisons attiraient les uns, laissaient les autres indifférents, etle petit monde juif n’en continuait pas moins sa vie detous les Jours.

Mais le succès de Jésus fut tel qu'il finit par

exciter des jalousies et des craintes. À certains jours, on s’écrasait pour l’entendre(1). Tel Pharisien, qui était loin de réussir aussi bien, voyait cela avec déplaisir ; et de là à trouver Jésus en faute, à prétendre que son succès était de mauvais aloi, et, en épluchant sa vie, à y découvrir des manquements aux rites, des erreurs de pratique ou de doctrine, il n’y avait pas loin. Jésus s'aperçut qu'on l’épiait, qu'on le soupçonnait, qu'on trouvait à redire à sa largeur, et il lui arriva d’être obligé de se cacher (2).

Déjà, à Nazareth, il avait été repoussé, et cet : éloignement de ses compatriotes eux-mêmes lui avait été certainement très sensible. Les Nazaréens qui l'avaient connu enfant, persistaient à rester incrédules. [ls avaient vu Jésus grandir dans leur village; ils se rappelaient l’échoppe du charpentier ; ses sœurs étaient mariées dans le bourg: ses frères ne croyaient pas, (3) et décidément, il ne pouvait être prophète dans sa

(x) Matth. ,4 :294 Marc 2/24. LUC\5. ST COTE ML TO RARE 20 ANA MRelC ReCeS

(2): Mätth. 12 ::14;15,:r63 Marc 3:17: 0 0180:

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patrie ; il en convenait lui-même. Sur les bords du lac, Chorazin, Bethsaïda avaient aussi refusé de se rendre (1).

Mais c’est surtout des Pharisiens que vint peu à peu l'opposition la plus ouverte; celle qui devait prendre des proportions formidables, et poursuivre Jésus jusqu’à la fin.

Les marques d’hostilité qui se sont déjà produites ne comptent plus en présence de celle-là. Si Jésus a été repoussé à Jérusalem, ce n’est que par le Sadducéisme, forme de la foi juive sans force et sans avenir. S'il a échoué à Nazareth, ce n’est que par suite d’une animadversion locale reposant sur des motifs particuliers. Mais la rupture avec le Pharisaïsme, c’est la rupture avec le Judaïsme lui-même dans ce qu’il a de plus vivant et de plus authentique.

Jusqu'ici, et c’est le caractère de la première période de son ministère, Jésus est resté, nous l'avons dit et montré, dans le grand courant des meilleures idées pharisiennes. Il a poursuivi une

HoMattn ris21,/24 EE ue 101 12-15: Matth" 12 ‘47,

» 42. Luc 11 : 31, 32. Luc 18 : 8.

œuvre parallèle à celle des Pharisiens, nullement hostile, offrant au contraire avec la leur de nombreux points de contact; mais les ressemblances se sont peu à peu effacées. En réalité, et depuis longtemps, Jésus se détache peu à peu, sans le vouloir en quelque sorte, en croyant être fidèle au véritable esprit de la religion de son peuple, persuadé qu’il n’abolit rien, qu'il accomplit tout. Il va maintenant s’apercevoir que l'esprit qui l’anime et la réforme qu'il désire ne sont nullement conformes aux aspirations de son peuple et surtout de ceux qui le dirigent, des Pharisiens. D'une part, son succès croît, de l’autre, ce qui.le sépare du vieux Judaïsme s’accentue; une séparation est inévitable. | Le formalisme des Pharisiens lui avait d’ailleurs toujours déplu. Il avait blâmé de tout temps les vaines pratiques et les simagrées de bon nombre d’entre eux (1). Lui, prêchait la religion du cœur, et toute sa loi était l'amour de Dieu, la charité, le pardon (2). Nous avons dit

(n Matth. 15 :0; 0 : 14. 11 : 193 6: 2etsuiv. : (2) Matth. 22 : 37 et suiv. Marc 12 : 28 et suiv. Luc 10:25 et'SUIN.

qu’il n'établissait aucune pratique religieuse, que si, plus tard, il instituera le baptème et la sainte Cène, pour le moment, il ne veut que la religion du cœur, et qu’elle se montre par l’accomplissement de la volonté de Dieu, et non par

des pratiques machinales et extérieures (1). Il

reste dans la tradition du prophète Esaïe. Son livre est certainement une de ses lectures préférées, et nous ne contestons pas que plus d’un Pharisien ne l’approuvât en secret.

Mais décidément, il est trop large pour la plupart d’entre eux, et il le devient de plus en plus. Sur le sabbat, en particulier, il est plus que large ; il viole le sabbat ouvertement (2); non qu'il le rejette en lui-même, mais il rejette les croyances superstitieuses et la misérable casuistique dont son observation est la source.

Il en est de même des ablutions et des inter-

minables discussions sur ce qui est pur et sur ce

qui est impur (3). Enfin il accuse formellement les Pharisiens; il les appelle : « Aveugles, conduc-

(1) Matth. 15 : 8 Marc 7 : 6, emprunté à Esaïe 29 : 13, (2) Matth. 12 : 1 à 5; et parall.

(3) Marc7: 1 et suiv.

teurs d’aveugles !» et déclare que «au dedansils sont mauvais »(1).

Précisons les points sur lesquels Jésus se sépare nettement du Pharisaïsme. Il dit que c'est le cœur qui doit être changé, et, pour les Pharisiens, les observances suffisent; ils sont satisfaits, sûrs d'eux-mêmes, donnant tout à l'extérieur et sont d’une sévérité passablement étroite, faisant de leurs disciples de véritables dupes. Jésus prêche aux pauvres, aux humbles, aux petits, et les Pharisiens ont une religion d'hommes comme il faut: ils sont impeccables, pédants, ont toujours raison; ils prennent la première place à la synagogue, et font l’'aumôre à coups de trompette. Jésus demande l’humilité et la crainte dans l'attente du Jugement de Dieu, et les Pharisiens prient à haute voix, traînent les pieds et les heurtent aux pierres, marchant le dos voûté, accablés par le fardeau de lg 401

(1) Matth.\12: 945 15 * alet sui 123 /entier. Luceo 45. 115 90-€t, SULV,

C’étaient surtout les Pharisiens de l’école de Schammaï qui s’éloignaient de Jésus, et dont Jésus s’éloignait. D'accord avec eux sur un seul point : le divorce, Jésus préférait certainement les Pharisiens de l’école de Hillel. Les disciples de Schammaï étaient étroits et exclusifs, ils étouffaient la Loi sous la tradition, et, prétendant la protéger, ils l’entouraient d’une haie. Leurs mesures conservatrices étaient de vieilles précautions puériles, qui ne pouvaient que provoquer l'éloignement de quiconque avait un peu de largeur dans l'esprit.

C’est ainsi que Jésus sentait se rompre un à un les liens qui, jusqu'ici, l'avaient retenu attaché au Judaïsme de son temps.

La synagogue qu'il avait suivie et aimée, lé culte de sa mère, le culte qui avait ravi son enfance, et auquel d’ailleurs il ne devait jamais renoncer entièrement (1), n’était plus, pour lui, ce qu'il était autrefois. [l était impossible qu'il ne trouvât pas ce culte faux, et son enseigne-

(1) Luc 4 : 16 « selon sa coutume. »

ment, un tissu d'erreurs. Et ce sont les Pharisiens qui en sont les maîtres! les Pharisiens sur lesquels il avait tant compté!

Désormais, il luttera contre l’hypocrisie officielle, et il opposera le texte à la tradition. La théologie, en marchant, s'éloigne toujours plus de son point de départ. Jésus montre aux Pharisiens qu'il faut remonter aux sources et s’en tenir aux textes, comme les protestants devaient le faire au xvit siècle (1).

Mais il fit plus, et cet argument exégétique n’était pas l'essentiel à ses yeux. Avant de relever des textes, il relève de sa conscience. Déjà, dans le sermon sur la montagne, nous l’avons montré dans notre premier volume, il oppose au texte lui-même son : « Moi je vous dis (2) »; si les Pharisiens altèrent le Mosaïsme avec leurs traditions, lui ne revient pas tout simplement à Moïse, et il ne restaure pas tout simplement la vieille religion. Il ne met

(x) Matth. 15 : 2 et suiv. Marc 7 : 2.

(2, Matth.5:2/22,128,34 etc,, etci

OPPOSITION CONTRE JÉSUS ons pas le vin nouveau dans de vieilles outres (1). Il crée un ordre de choses nouveau, une religion nouvelle et définitive. Décidément, il se sépare non seulement du Judaïsme de son temps, mais de l’ancienne Loi, de la Thorah elle-même!

Cependant les Pharisiens ne l'attaquaient pas sur ce point-là. Son « moi je vous dis »

pouvait passer pour une interprétation, un commentaire, et eux-mêmes en faisaient de semblables. En vrais Juifs du premier siècle, ils étaient surtout blessés de ce que Jésus n’observait pas les rites. Qu'il pense ce qu’il voudra, mais qu'il ne pratique pas, voilà qui est intolérable! Eh quoi! il ne jeüne pas! il ne s’interdit aucun des trente-neuf travaux défendus le jour du Sabbat ! Il fréquente les « pécheurs », il contracte sans cesse des souillures dont il ne songe même pas à s'apercevoir ! Et de ses disciples, il n’exige rien, il ne leur a pas appris ce qui est permis et ce qui est défendu, et jamais les apôtres ne jeûnent (2) ! Eh quoi ! pas d’ablu-

(1) Matth. 07e Marc12:2301Luc.5 38.

(Matth, 15: r et suiv.. Marc 7 : 4, 8. Luc 5 : :fintet 6: ret suiv; 18 : 38 et suiv.

tions ! pas de bain complet avant le repas! Il dit : « Donnez l’aumûne, et tout vous deviendra pur (1) », c’est un scandale!

Les Pharisiens étaient froissés au plus haut degré. La parabole du Pharisien et du publicain vint mettre le comble à leur exaspération (2).

Leur haine augmentait en raison directe de l'éloignement grandissant de Jésus pour le Judaïsme. Il est certain qu'il n'était plus qu’à peine Juif, et qu'au fond il l'avait toujours été fort peu. Quand il prononçait le sermon sur la montagne, et qu'il spiritualisait le Pharisaïsme et interprétait la Loi dans son sens le plus large, il se croyait dans le grand courant du Judaïsme authentique; il pensait le conserver en le réformant. Aussi, affirmait-il que pas un iota n’en passerait sans être accompli, mais accompli à sa manière, accompli après avoir été transformé, et, remontant de l’acte au senti-.

(LR LUCE ENATS (2) Luc 18 : 9 et suiv.

ment qui l’avait dicté, :il professait, pensait-il, le vrai Mosaïsme. Nous l'avons déjà comparé à Luther protestant contre les Indulgences, convaincu qu'il faisait œuvre de bon catholique, certain que le pape l’approuverait, et bientôt il était chassé et excommunié ; c'était logique, car, depuis longtemps, il n’était plus catholique. De même, Jésus, en prêchant le changement des cœurs, en disant que l'acte en lui-même n’est rien, en s'adressant au sentiment moral, Jésus n'était plus Juif, car l'essence même du Judaïsme, c'était la pratique et l'acte accompli.

Alors Jésus et les Pharisiens entrèrent en lutte ouverte. Ceux-ci l’accusèrent de chasser les démons par le prince des démons (1). L’attaque était brutale : elle débutait par la plus odieuse des calomnies et la plus blessante des insultes. Accuser Jésus d’être inspiré de Satan rappelle l’accusation formulée au Moyen âge en ces termes : il a vendu son âme au Diable ; tant

(1) Matth. 12 : 24, Marc 3 : 22. Luc rr : 15.

il est vrai que les haïnes cléricales sont les mêmes dans tous les temps (1).

Jésus leur répondit en se servant contre eux d’une arme qu'il a maniée comme lui seul pouvait le faire : l'ironie. Il est rare qu’il n’y ait pas de méchanceté dans l'ironie. Il n’y en a pas eu

(1) Jésus, dans sa réponse, semble admettre que le Royaume de Dieu est présent. Nous nous sommes déjà expliqué sur ces passages ; mais il est utile d'y revenir ici. Jésus dit d’abord : « Si je chasse les démons par le doigt de Dieu, c’est donc que le Royaume de Dieu est parvenu jusqu’à vous » (Matth. 12 : 28. Luc 11 : 20). Ce passage ne, signifie pas que le Royaume est déjà fondé, mais seulement qu’il est imminent. Le Royaume est parvenu é vus. Ce terme exprime une menace, une chose qui va arriver. Le Royaume vous menace de ses châtiments. Vous vivez aussitôt avant sa venue. Ce fait que des démons sont aujourd’hui expulsés par moi avec Paide de Dieu prouve la prochaine apparition du Royaume, vous êtes parvenus jusqu’à lui, et luiest tout près. Il en est de même lorsque les Pharisiens demandent à Jésus quand le Royaume paraîtra (Luc 17 : 20), et qu'il

répond : « Il ne vient pas avec des marques extérieures :.

on ne dira pas : 1l est ici ou : il est là. Car, sachez-le, le Royaume de Dieu est au milieu de vous. » Jésus dit ici : Le Royaume de Dieu ne se prépare pas par des signes extérieurs, des miracles, des choses étranges, comme vous le croyez, vous, Pharisiens ; il y aura sans

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dans celle de Jésus ; elle était sainte parce qu’elle

était toujours juste et toujours méritée. Aussi,

frappait-il au cœur, et les Juifs ne s'en sont pas relevés. Le ridicule qui s'attache à leur nom date

de ce jour où Jésus dit à l’un d'eux: « Lequel

de semble avoir été le prochain de celui qui est tombé entre les mains des voleurs (1)? » Ou

doute de grands signes, à l’heure dernière, des catastrophes et de terribles malheurs, mais tout cela n’arrivera que lorsque les cœurs seront prêts, lorsque les hommes seront disposés à entrer dans le Royaume, qu'ils seront changés, nés de nouveau, devenus enfants, pauvres, simples, transformations qui ne se verront pas, alors le Royaume paraîtra sans développement, tout à Coup, sans signes précurseurs, comme le larron dans la nuit. Les signes précurseurs auront été purement

moraux ; et, par ces signes, qui existent déjà, le Royaume

s'annonce ; il est virtuellement présent en ma personne.

Il n’v aura pas de signe qu’on puisse observer pour dire: P gne q

voilà le Royaume ; car c’est moi qui suis le vrai signe, moi qu’il faut observer et écouter. Pas d’autre preuve que ma propre personne ne vous sera donnée. — Qu'il ne

faille pas entendre par ces paroles que le Royaume de

Dieu est présent et fondé, cela est prouvé à l’évidence

par ce fait que, partout ailleurs, avant et après ce

moment-là, Jésus annonce que le Royaume est à venir.

Marthe 10,23 Marc-'10 : 23, 25. Luc 19 24-25). @}Euc: 101: 36. |

encore « j'ai fait devant vous plusieurs bonnes œuvres; pour laquelle melapidez-vous!1P»«Est- ilpermis de faire du bien ou doit-on faire du mal le jour du sabbat; est-il permis de sauver une âme ou doit-on la laisser périr (2) ? » «Est-on engagé quand on prête serment par le Temple ? ou fautil le prêter par l’or du Temple(3)? par l’autel ? ou faut-il le prêter par l’offrande déposée sur. l'autel? » puérile casuistique que Jésus accablait de son mépris. Ses coups étaient mortels, et les Pharisiens s’unirent avec les Hérodiens pour comploter sa mort même. Leur haine ne pouvait pas s’assouvir autrement. Tous se liguèrent. Contre un ennemi commun, les adversaires se rapprochent. Un jour, Pilate et Hérode deviendront amis, et aujourd'hui les patriotes, les Pharisiens, les purs pactisent avec des espions à la solde d’Antipas ; demain ils s'entendront avec les Sadducéens qu’au fond du cœur ils exècrent. Ils n’ont plus qu’une pensée : À mort le novateur |

(r)Téan 1082 (2) Luc 60 (3) Matth. 23 : 16.

Jésus a bientôt le pressentiment d’une impopularité naissante, et qui ne peut que grandir. Il se demande jusqu'où cette opposition pourra bien aller. Son insuccès et sa défaite, sa disparition prématurée elle-même ne lui semblent pas impossibles. Une fois qu'on lui demandait pourquoi ses disciples ne jeûnaient pas (1),1l se compara, dans sa réponse, à un fiancé ou à un époux, et il dit mélancoliquement : « Un jour, l'époux sera enlevé(2)! » Ce n’est qu'une suppo- Sition faite en passant, mais elle estclaire. Cette

allusion est la première; Jésus prévoit donc une

mort violente possible. Jusqu'ici tout a été beau, et comme dans une noce joyeuse. Nous n'avons pas jeûné, pouvaient dire les disciples, heureux et tranquilles, et voici le maître, l'époux, qui dit : Moi, je vous serai enlevé! Cet enlèvement, cette disparition, lui apparaît, sinon comme certaine, du moins comme fort possible.

Jésus conservera quelques amis personnels

(1) Marc 2 : 18 et suiv. et parall.

(2) &rapôn Marc 2 : 20.

parmi les Pharisiens, mais le gros du parti lui sera de plus en plus défavorable et hostile; et lui se séparera d’eux toujours davantage.

Ses notions messianiques vont, à leur tour, changer de nature. Au drame extérieur qui commence, va correspondre un drame intérieur d’une grandeur dont rien n’approche dans l’histoire.

La possibilité, puis l’extrème probabilité et enfin la certitude d’une mort violente et prochaine, tel est l'élément nouveau qui va entrer dans ses prévisions de l'avenir; et comme sa conviction qu'il est le Messie ne faiblit pas un instant, et que la certitude acquise à cet égard au jour du baptême est définitive et inaltérable, il: va concevoir un Messie qui peut être persécuté et être mis à mort, et, par conséquent, qui peut disparaître avant l'apparition du Royaume. C'était là quelque chose de tellement étrange et inouï, l'association de ces deux idées, mort violente d'une part, et Messianisme de l’autre, était tellement en dehors de tout ce que pouvait concevoir et imaginer un Juif de cetemps-là, qu'il nous est impossible de nous représenter les luttes

intérieures que dut livrer Jésus, les étonnements douloureux, les actes d’abnégation et l’immensité du sacrifice auquel il fut appelé. Renoncer à tout ce qu'il avait cru, espéré, compris! Il se croit, il se sait le Messie depuis de longues années ; ila le sentimenttrès net qu’ilaà accomplir une tâche messianique, c’est-à-dire royale, et cette notion a été pour lui absolument exclusive de celle de souffrances. Et puis, il en arrive à accepter des souffrances ! Une mort prématurée! Et une mort ignominieuse, infamante entre toutes ! Ah! ilest certain que nous ne sonderons jamais les profondeurs de la cons-

cience messianique de Jésus.

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