‹ Jésus-Christ, sa divinité, son caractère, son œuvre et son cœurChapitre 15 sur 40 · JÉSUS-CHRIST S'AFFIENE, SE PROUVE ET S'IMPOSE · texte numérisé non relu

JÉSUS-CHRIST S'AFFIENE, SE PROUVE ET S'IMPOSE

Qui qmim in forma Dei esset, non rapinam arbilratus est esse se oiqualem Deo.

Etant dans la forme de Dieu, il n'a pas regardé comme une usurpation de se faire éyal à Dieu. Ad Philipp. 2, 6.

Il y aura bientôt dix-neuf siècles qu'une grande révolution ^6 consommait au sein du monde civilisé. La victoire avait livré à un homme la fortune de Rome et avec elle les desti- '^ées de cent vingt millions d'êtres humains. Du Danube à 1 Atlas, de l'Euphrate à Cadix, une seule volonté mène tout, peuples et rois; c'est sa volonté. Un seul nom est sur toutes les lèvres, c'est son nom. Les beaux génies le célèbrent •^9118 des œuvres qui restent des monuments de la pensée "uniaine. La religion publique ajoute à ces grandeurs la •Consécration du culte. Auguste, c'est le nom de cet homme, ^^3 rien à envier à ses Dieux; la flatterie et la servitude lui *^^t dressé des autels dans les temples, en attendant que

apothéose lui ouvre le ciel.

Cependant, à quelques années delà, un fait obscur, inaperçu au monde, s'accomplissait dans un bourg inconnu,

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sur le sol de cet Orient, berceau de tout ce qui s'est remué de grand ici-bas. Ecoutez le récit de l'Évangeliste. En ce temps-là, parut un édit de César Auguste pour le dénombrement des habitants de toute la terre. Joseph partit de Nazareth en GaHlée et vint en Judée, dans la ville de David appelée Bethléem, pour se faire enregistrer avec Marie, son épouse. Car il était de la maison et de la famille de David. Pendant qu'ils étaient là, le temps où Marie devait enfanter s'accomplit et elle mit au monde son premier né et l'ayant emmaillotté elle le coucha dans une crèche, parce qu'il n'y avait point de place pour eux dans l'hôtellerie (1).

Ne semble-t-il pas, M. F., que ce soitfoUe de rapprocher ces deux extrémités de la condition humaine : le trône impérial et la crèche de Bethléem, César Auguste et le fils de Marie? Les siècles toutefois ont fait ce rapprochement et de quel côté ils ont laissé l'avantage, qui ne le sait? Les années succédant aux années et le monde ayant vieilli de cinq siècles, il s'est trouvé que la souveraineté et la gloire avaient changé de camp et de drapeau. Tout ce qui était si fort et si grand était tombé ; tout ce qui paraissait si faible et si petit s'était élevé. La race de César avait disparu dans les tempêtes; ses palais avaient croulé parmi les ruines de Rome livrée aux barbares; sa tombe même n'avait pu garder les os de celui qui disposa du monde et qui se vit dresser des autels. Un autre souverain s'est emparé de l'empire universel; par lui, Rome tient encore le sceptre de la terre, mais elle commande d'une autre façon et à d'autres sujets. Tout fléchit le genou devant ce nom nouveau, dans le temple et dans la cité ; et l'auteur de cette prodigieuse révo- ' lution, c'est l'enfant de Bethléem; le souveiain du monde, c'est Jésus-Christ.

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