I, Cor., I, 23 et
saire à la mission et aux succès de J.-C. dans le monde
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ront le sceau divm a sa mission. Humainement, divinement le miracle devait donc appartenir à l'œuvre de J.-C, être comme le signe éclatant de sa divinité et comme le moven surhumam de ses succès. Prœdestinatus FiUus Dei in virlute. ajoute que le miracle est le mode de manifestation le plus digne de la majesté de Dieu et qui convient le mieux a la vente religieuse. En effet, quand Dieu se révèle à hom^e, I doit se révéler tel qu'il est, dès lors en souverain Or, le miracle est la manifestation par excellence du domaine divin. Par lui Dieu se déclare le Maître de la création, puisqu'il en maintient ou il en suspend les lois à son gre; pan lui donc, Dieu se proclame le Maître de 1 homme, et comme dit Pascal, il prouve le pouvoir que D eu a sur les cœurs par celui qu'il exerce sur les corps. Et pu s quelle autre base plus convenable de l'édifice relig eux? Il ny a en effet que deux bases possibles de la lehgion : ou les idées ou les faits. Dieu devait-il, pouvait-il appeler tous les hommes à discuter les idées dont se composent les dogmes révélés ? L'homme peut-il saisir l'infini etlinfim n'est-il pas nécessairement dans le dogme reli' gieux? ^
La religion n'est rien, ou elle est avant tout une loi et pour la raison qui doit croire et pour la volonté qui doit obéir. Mais discutée dans tous ses éléments par la raison de chacun elle ne serait qu'une simple opinion que chacun admettrait, rejetterait, modifierait à son gré. Et une opinion peut-eli; jamais se transformer en loi ? Au contraire, un fait est chose
SERMONS
circonscrite et limitée par le temps et l'espace, et que les organes mêmes saisissent. Un fait est en dehors de la doctrine religieuse, il ne lui crée pas sa force sur la conscience; seulement il la révèle en la prouvant. Donc, rien de mieux approprié à la nature de la religion qu'un fait divin, un miracle prouvant la vérité et contraignant la conscience de l'accepter sans discussion.
Vous dirai-je toute ma pensée? Il fallait le miracle, savezvous pourquoi ?. Pour vérifier un caractère essentiel du christianisme. 11 faut que l'Évangile, que J.-C. soit ruine et réparation tout ensemble, et la vie et la mort; la vie pour le cœur humble qui le cherche dans sa simplicité ; la mort, pour les esprits superbes et amateurs d'eux-mêmes. Il faut que l'orgueil ne puisse pas connaître J.-C. et toutefois que son ignorance reste inexcusable. Le propre du miracle, c'est d'être accessible à toute âme droite et qui aime la vérité; de plus, c'est de choquer l'orgueil, et de l'éloigner de la vérité même, en irritant tous ses préjugés. Et de fait, en ce siècle, qu'y a-t-il dans la religion qui révolte plus la fierté de nos prétendus sages ? N'est-ce pas l'intervention de Dieu dédaignant de raisonner avec sa créature et l'accablant de sa puissance ? Le miracle ! Cependant quoi de plus facile à comprendre? Quoi de plus victorieux et de plus décisif? Le miracle vérifie donc , à la lettre , le caractère annoncé de J.-C. et de sa doctrine. Il instruit, il aveugle, il est ténèbres, il est lumière. Ténèbres pour la science pleine de soi-même ; lumière pour la raison sincère. Ténèbres qui sont un piège à la fausse sagesse ; lumière qui laisse le doute sans excuse. Sous tous les points de vue, nécessité donc du miracle dans la divine économie de la révélation.
Jésus-Christ a-t-il fait des miracles ?
Une seconde question se présente : J.-G. a-t-il fait des miracles?
J'ouvre l'Evangile. J.-C. commence sa mission parmi les hommes, et aussitôt les prodiges se multiplient sous ses pas. D'un seul acte de sa volonté, d'une seule parole, il renverse l'ordre accoutumé dans le monde. Les éléments changent de substance, les corps se multiplient, les organes sont donnés à celui que la nature en avait privé, l'eau de la mer s'affermit sous ses pieds, les morts , même de quatre jours, reviennent à la vie ; tout est souple entre ses mains et la nature ne sait pas résister à la puissance de sa volonté. Tel est le récit, bien connu assurément, des Évangélistes. Ace récit qu'opposerez-vous? Evidemment il n'y a que deux partis pour l'incrédulité : ou nier que les faits racontés soient divins, ou contester la vérité même du récit. L'un ou l'autre se peut-il soutenir devant la raison? Je dis non, et la raison parle comme moi.
D'abord impossible de nier que les faits soient divins, dans la force du terme, miracles. Tout en eux repousse l'hypothèse d'un fait purement humain : leur nature, leur nombre, leur but, le mode de l'accomplissement, en un mot, l'ensemble entier des circonstances.
J'en appelle au bon sens, si je puis parler ainsi, au simple instinct de la conscience universelle.
A qui appartient la puissance de suspendre l'ordre dans la nature? N'est-ce pas à Dieu seul? Otez à Dieu l'exclusif privilège d'une telle puissance et que devient l'harmonie
du monde? Maintenant opposez à l'ordre accoutumé les faits évangéliques. Par exemple, que l'aveugle de naissance reste à jamais incapable de voir, que le cadavre dont l'âme s'est retirée, se dissolve insensiblement et s'évanouisse enfin sous la pierre du sépulcre , évidemment, voilà l'ordre ! Mais l'aveugle de naissance subitement doué de la vue ; le cadavre en dissolution d'un seul mot ranimé, voilà les faits évangéliques. Imaginez toutes les subtilités possibles : entre ces deux séries de faits il y a contradiction palpable. Dans les premiers, il y a loi commune et constante; dans les autres , il y a exception. Les premiers, c'est l'ordre; les seconds, c'est suspension de l'ordre. Donc, c'est fait vraiment divin, puisque l'ordre ne peut être suspendu que par l'auteur même de l'ordre, par Dieu.
Et encore à qui appartient la puissance créatrice? N'estce pas à Dieu seul? Evidemment celui-là seul peut donner l'existence qui seul en possède en soi le principe. Etudiez les faits évangéliques ; sinon tous, du moins les plus éclatants, n'ont-ils pas le caractère incontestable d'une création divine, d'un seul acte de volonté? Multiplier cinq pains de manière à nourrir cinq mille personnes , n'est-ce pas créer? Donner la vue à l'aveugle, rappeler l'âme avec la vie dans le corps déjà tombant en dissolution, n'est-ce pas créer? C'est donc vraiment exercice de la puissance du Créateur. C'est donc vraiment fait divin, miracle.
Maintenant, de la nature des faits évangéliques faut-il rapprocher les circonstances qui les relèvent? C'est toujours le caractère évidemment surnaturel qui s'en dégage.
Premièrement, ce ne sont pas quelques actes isolés et jetés comme à distance dans la vie du thaumaturge; c'est une suite de faits reproduits chaque jour ; c'est un pouvoir n'abandonnant jamais celui qui en est dépositaire, qu'il porte avec soi-même, qu'il exerce en tous lieux, en tout temps,
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devant toutes sortes de personnes, pour toutes sortes de fins, le déraisonnable ou criminel excepté, et toujours au gré de sa volonté souverainement libre.
Secondement, dans J.-C. la fin du miracle est toujours digne de Dieu et digne d'un envoyé de Dieu. Aucun prodige n'est donné à l'ostentation et au besoin de paraître. La gloire pourra bien suivre le thaumaturge, il ne la cherche jamais. Ses miracles ont toujours un double but, dont l'un dépend de l'autre et qui tous deux se terminent à la gloire de Dieu. C'est toujours la guérison du corps et par elle la foi humaine conquise à sa doctrine, à sa mission, à son caractère divin. C'est la charité d'abord et par elle la vérité, et par toutes deux la gloire de Dieu connu et béni de l'homme. Troisièmement, le mode du miracle exclut la possibilité d'une action purement humaine. Le miracle se fait à la face du soleil, devant la multitude, en présence d'une secte ennemie, sous les yeux d'un pouvoir persécuteur. Le miracle se fait ou sans moyen, ou par des moyens sans proportion avec la fin. C'est l'acte intérieur du vouloir, c'est la seule parole, c'est un peu de boue sur les yeux de l'aveugle, c'est sur la main glacée de Lazare la main du thaumaturge. Le miracle se fait instantanément; point de préparatifs avant d'opérer; point de développements successifs dans l'acte qui l'accomplit. Aussitôt obtenu que demandé, aussitôt accompli qu'il est commandé : quelques instants suffisent à la prière qui l'implore, à la volonté qui l'ordonne et à la nature qui obéit. Surtout le miracle se soutient et persévère. L'aveugle voit aujourd'hui, demain; jusqu'à la mort peut-être il conservera l'usage miraculeusement donné de la vue. Lazare ressuscite, il reprend les exercices accoufeumés de la vie, il demeure en tout semblable à ceux qui n'ont jamais connu le tombeau. Enfin, et ce qui en achève le caractère divin, le miracle
avait été prédit. Les prophètes avaient signalé, et le peuple attendait le Messie, un homme investi de la puissance d'en haut, et la plupart des prodiges qui échappaient des mains de J.-G. n'étaient que l'accomplissement Httéral d'un oracle connu longtemps avant sa naissance.
Voilà, chrétiens, un résumé des traits distinctifs du miracle dans J.-G. Chacun de ces faits en particulier, et tous ensemble ne peuvent s'expliquer que par la puissance du Créateur; ils restent à jamais incompréhensibles, s'ils ne sont les actes d'un Dieu. •
Folie donc et impiété tout ensemble de prétendre opposer aux miracles de J.-C, certains phénomènes célèbres dans les observations de la science, disons le mot, le magnétisme. Je suppose tous les faits prouvés et incontestables, quel homme de bon sens osera les mettre en parallèle avec les faits évangéliques? Dans ces faits, si étonnants que l'on voudra, y a-t-il suspension visible des lois générales de la nature? Surtout et ceci est décisif, y a-t-il création? Citerez-vous un aveugle de naissance subitement doté de la vue? Nommerez-vous un seul mort, un seul ranimé dans sa tombe? Y a-t-il suite et continuité non interrompue de prodiges? Et publicité éclatante des œuvres? Et puissance toujours prête à se révéler devant tous et pour tous et en tout temps? Y a-t-il absence de préparatifs? Nullité de moyens? Soudaineté de l'effet, permanence toutefois, et par-dessus tout simple acte de la volonté qui se fait toujours et tout de suite obéir? Ces faits sont-ils Ués à des prédictions authentiques et qui datent de plusieurs siècles ? Se rattachent-ils à un but, à une fin surhumaine? Les maîtres et les habiles ne proclament-ils pas que la cause est incertaine, qu'ils peuvent être dangereux pour la santé du corps, qu'ils le sont toujours pour la conscience ? Et voilà ce qu'on opposerait aux miracles de J.-G. ! Impiété donc et
absurdité à la fois. Blasphème donc et plus encore que blasphème, foUe et délire.
Mais si les faits sont évidemment divins, peut-être que le récit qui nous les a transmis n'est pas évidemment vrai? Ne le pensez pas. Autant il est impossible de nier la divinité des faits racontés, autant l'est-il de nier la vérité de l'histoire. La vérité d'un fait social se prouve de deux manières : par soi-même et par ses conséquences d'abord, ensuite par le caractère des témoignages qui l'attestent.
Et d'abord , pour établir la vérité des faits évangéliques, je n'ai pas même besoin d'examiner en soi et le caractère des historiens et le caractère de leur histoire. 11 me suffit de la liaison intime, nécessaire, de ces faits avec le plus mémorable événement des temps modernes. Il y a dix-huit siècles l'univers était à genoux devant d'impures et absurdes idoles. Trois cents ans après, il adorait un seul Dieu au pied d'une croix. Le fait de cette grande révolution, nul ne l'a nié, tous les souvenirs du passé l'attestent, il se perpétue encore sous nos yeux. Mais la cause, quelle est-elle et où la chercher? Dans la vérité reconnue et admise du récit évangélique. Le monde s'est converti à J.-C. parce qu'il a cru à sa divinité, et il a cru à sa divinité parce qu'il a cru à la vérité des miracles qui la prouvent. Niez la vérité de ces miracles en niant la véracité des historiens qui les racontent, et vous tombez dans des conséquences extrêmes. Il faut donc dire : l'univers a été le jouet de douze hommes obscurs et sans puissance, la fraude ou l'erreur de douze pêcheurs a prévalu sur les lumières, sur les institutions, sur les préjugés et les passions d'un monde entier, la plus grande des révolutions est sortie d'un mensonge historique et une imposture a reconstitué la société et l'enouvelé le globe. Oserezvous le dire ? Non. Donc nécessité d'admettre la vérité des miracles.
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