Toan
soi-même le culte dû au seul vrai Dieu. Il s'est fait adorer. Il s'est joué, comme on ne le saurait faire, de la conscience, de la pensée, de la liberté humaine; il a imposé les plus durs sacrifices dont le cœur de l'homme soit capable; il s'est fait immoler des victimes innombrables ; il a bouleversé pendant trois siècles le monde, depuis la famille jusqu'à la société; il l'agite encore et le remue après dix-huit cents ans, et tout cela pour l'intérêt d'un mensonge, pour usurper la place de Dieu dans le cœur de l'homme, pour imposer à l'univers le culte et l'adoration d'un imposteur.
Il y a plus, Dieu lui-même s'est fait l'aide de l'imposture et le complice du sacrilège qui le détrône. Il est témoin du crime, il voit le succès de la séduction, il ne fait rien pour la combattre; il fait tout pour la favoriser et la répandre. Il prête au séducteur l'appui de sa puissance, et afin que nul ne puisse échapper à l'erreur, il la revêt du caractère le plus authentique de son autorité. Après dix-huit siècles, il tourne tous les événements dans l'intérêt de son plus cruel ennemi, et son action dans le monde n'a d'autre but que la gloire de cet homme qui l'a tant outragé. Ainsi Dieu conspire et contre nous et contre lui-même. Ainsi il se joue et de la raison de l'homme et de ses propres attributs. Ainsi il nous condamne invinciblement à l'erreur, et lui-même il renie et sa véracité et sa sainteté, et sa bonté, et sa propre nature. Ramassez en votre pensée toutes ces conséquences, suivez-les, creusez-les, et dites si la raison ne vous place pas inexorablement entre ces deux extrêmes : ou la divinité de J.-C, ou l'athéisme.
Divinité donc de J.-G. Il faut bon gré mal gré en accepter la foi. Mais dès lors quelles conséquences ! Vérité donc de sa mission ; force est de se ranger à sa suite ou de périr. Vérité de sa doctrine ! Devoir donc et de prier, et de se haïr, et de se combattre. Vérité de son Église ! Nécessité
^ie^iOttfttpilHttâfiifiiiittlJiKi
mBsm
d'en subir la divine autorité, de captiver son esprit sous la foi de ses dogmes, et sous le joug de ses préceptes, son cœur. t- , 1
Chrétiens, je viens de vous parler des miracles de J -G Dix-huit siècles vous séparent de ces prodiges et le témoi" gnage seul dupasse les transmet jusqu'à vous. Peut-être cette obscurité de la foi, tout infaillible qu'elle est pèse à votre esprit; vous dites peut-être, comme cet apôtre si je ne vois pas, je ne croirai point. Eh bien ! je vous le dis au nom du ciel, vous pouvez être témoins d'un grand miracle Vous pouvez, vous devez même en être l'objet. Jp veux parler du miracle qui touche et renouvelle le cœur De tous les prodiges, voilà le plus étonnant sans contredit, celui qui coûte le plus, même à la toute-puissance de Dieu Par le miracle vulgaire, J.-G. ne commande qu'à la maladie et qu'au trépas; par celui-ci, il faut commander à vos cœurs Par le premier, il agissait sur des éléments qui ne savent qu obéir au Créateur; par celui-ci, il doit agir sur une liberté qui résiste. Les miracles de sa vie mortelle tout réels qu'ils furent, n'étaient que le symbole de ces miracles plus grands encore que réclament les besoins de votre être spirituel. Vous ne le savez que trop. Votre intelligence est aveugle à la vérité. Votre cœur est malade de ses passions et de ses penchants. Peut-être même la vie divine est éteinte en votre âme et votre cœur est son propre tombeau. Ah ' il faut que la main divine vous rende et la vue, et la santé et la vie ; il vous faut un grand miracle. Le miracle s'accorde a la prière et à la foi. Priez donc! ayez donc foi à l'homme- Dieu et à la puissance de sa grâce ! En vérité, je vous le dis vous ne trouverez rien de si étonnant dans l'Évanoile que ce qui s'opérera dans vos cœurs. Puissiez-vous en foire la flouce expérience : ce sera l'expérience de la paix et du honheur. Amm.
SERMONS
^^^^^^^^^^^^^^^^^^HPHK l^^^^^^^^l
co — = ip^ — ^
tn — = (T, — =
co — =
KO —
^^^H Hœc est vita alterna ut cognoscant te Deum
^^^H solum veruiHj et quem misîsti Jesum Christum.
^^^H La vie éternelle consiste à vous connaître, i
^^^1 Dieu unique et véritable, ainsi que Celui que
^^^H vous avez envoyé, J.-G.
h- ' ^ CO =
^H C'a été la destinée d'un petit nombre d'hommes de sur-
^H vivre à leur siècle et de dominer de leur action l'avenir. Par ^H cela même un plus vif intérêt s'attache à ces exceptions de
^M la race humaine. On aime à étudier leur vie, leur caractère, ^H les vues de leur génie et par quels moyens ils se placèrent à
^1 la tête de leurs contemporains et se mirent en possession
^H de la postérité.
^H Mais si un de ces grands hommes nous appartient, s'il
h- ' ^ CO =
^H est à nous, en quelque sorte, par le lien d'une même patrie,
^H d'une commune origine, alors l'intérêt grandit. On s'associe y
^H aux idées de cet homme, à son action, à sa vie privée et
h- ' ^ ID =
^E intime ; c'est comme une gloire personnelle ou, du moins, ^H comme une illustration de famille.
ro = o =
KJ = M =
M = CO
^H Si, de plus, cet homme nous a légué le fruit de son travail
cm :
■AIT i;::P.'»5AK^.*gJWW«8e>«'.
îlTiT«g<'' fVJL^iUf^^f^tWBf
CARACTÈaE DE N.-S. JÉSUS-CHRIST 1J5
€t de son géaie, s'il a immensément fait et souffert pour nous ; si de son œuvre il reste de grands bienfaits pour la société, des hontes réparées, des maux prévenus, des droits ou assurés ou reconquis, alors l'intérêt du souvenir croît et s'élève en proportion de l'œuvre accomplie. Ce n'est plus l'histoire d'un seul homme : c'est en lui l'histoire même de nos droits, de notre bonheur, de notre avenir. Tel nous apparaît Jésus-Christ.
A ne le considérer que sous le rapport humain, c'est chose incontestable que nul homme avant lui et depuis n'exerça une telle inlluence sur le monde social et sur le monde religieux. Il a renouvelé le premier ; le second adore en lui son Créateur.
De plus, par la nature de sa mission, J.-C. est l'homme universel. Il n'est ni à un siècle ni à un peuple; il est pour tous, dès lors à tous. Sa gloire est personnelle à chaque homme, parce qu'elle est la gloire même de l'humanité.
Enfin, tous nous jouissons du résultat de son œuvre. Il n'est aucun genre de bien intellectuel, social, religieux qui ne soit, en quelque manière, sa conquête, le prix de son travail et de son sang. Tous les genres d'intérêt s'attachent donc au nom de J.-C. et, par ses bienfaits toujours subsistants, son souvenir s'identifie avec notre propre existence.
Tel est le personnage auguste dont nous allons quelques instants étudier le caractère historique. Jamais plus grave et plus noble sujet ne s'offrit à l'observation humaine. Penser, vouloir, agir, c'est tout l'homme et par conséquent pour connaître J.-C. il est nécessaire d'étudier ce qu'il est par l'intelligence, ce qu'il est par le cœur, ce qu'il est par l'action. Ce seront les trois points de vue de ce discours.
Seigneur Jésus, votre figure divine va apparaître dans cette chaire ! Ne permettez pas que la parole de votre ministre couvre d'ombre Lrop épaisse votre gloire. Percez la
lUMF
co — =
ip^ — ^
^^1 nue, Seigneur; à la lumière dont vous éclairerez les es-
^^Ê prits, à l'onclion dont vous pénétrerez les cœurs faites voir
en — =
^^M que vous êtes le Maître des âmes et le seul Dieu de l'hu- ^^M manité
co — =
^^m Le caractère de l'intelligence dans J.-C, c'est la puis- ^^M sance. Il possède cette puissance de la pensée d'une façon
KO —
^H tellement surhumaine que de lui aux plus grands esprits
^H dont s'honore le monde, le parallèle serait une foUe, quand
^H il ne serait pas un blasphème.
HH D'abord, il possède au plus haut degré la puissance du
^^1 sublime. Les esprits subUmes, M. F., sont des exceptions
^^m même dans le génie. Dans son existence de soixante siècles
KJ =
^^1 l'humanité n'a réussi qu'à en produire quatre ou cinq ^^1 qu'elle salue de ce nom. Certainement J.-C. a sa place, je
CO
^^Ê ne dirai point parmi eux, mais au-dessus d'eux. Ses enne- ^H mis les plus implacables ne le contestent pas; ils le blas-
^H phèment comme Dieu et, en même temps, ils l'honorent ^H comme le premier des Sages.
1 — ^ ^ en =
^H Si vous l'observiez de près, vous verriez que c'est l'inflr- ^H mité du génie humain de ne s'élever qu'avec effort, et
^H encore J.-C. ne connaît point cette infirmité-là. Ce qui lui ^H est propre, ce qui le distinguera à jamais des esprits les
^H plus érainents, c'est la puissance d'intuition sans limites, ^H qui n'a pas besoin du travail, qui devance la réflexion, qui
CO
^H du même coup saisit la vérité et la fait resplendir à tous les Hj ' yeux. Pour trouver la lumière , il lui suffit de regarder en
1 — ^ ^ ID
^K soi-même; pour la répandre, il lui suffit de ne point faire ^H violence à son esprit en le voilant à la foule. Pour lui, voir
ro = o =
M = CO
^M et éclairer, c'est la même chose que penser. Son intelli-
cm :
ff
gence donne spontanément sa lumière, comme le soleil la sienne. Pour illuminer le monde, c'est assez qu'il laisse rayonner autour de lui ses idées; ce simple rayonnement de son esprit a créé le prodige de sa pensée sur la terre, l'Evangile.
De là vient qu'à l'opposé des hommes de génie J.-G. ne rencontre pas le sublime par intervalle et comme en passant. L'élévation est l'état naturel et comme l'essencQ de sa pensée. Les plus grands esprits, ceux que l'admiration des âges a proclamés divins, ne perdent terre qu'un instant. Comme l'archange déchu dans le poème de Milton, ils montent péniblement à la lumière et ils descendent vite. Tout d'un coup l'inspiration les ravit; tout d'un coup le poids naturel de l'humanité les fait retomber parmi la foule. C'est même celte impuissance de se soutenir dans les airs qui lait du sublime quelque chose de si émouvant et qui nous ravit. C'est parce qu'habituellement notre pensée se traîne sur la terre que nous nous sentons frémir de tout notre être, quand une grande pensée nous saisit à l'improviste et nous emporte dans la nue. Dans J.-C, le sublime est l'état permanent. Les idées les plus hautes sont l'action naturelle^ le jeu régulier de son intelligence. Ce n'est pas quelque chose qu'il découvre en dehors de soi, quelque chose qui lui apparaît dans une sphère supérieure et vers quoi il ait besoin d'aspirer et de prendre son vol. Non, non, elles sont en lui comme dans leur terre natale, en sorte que, pour lui, être sublime, ce n'est pas s'élever, ce n'est pas être ravi, c'est tout simplement rester soi-même. On sent, à contempler sa pensée, que l'infini est sa sphère propre, qu'elle y est née, qu'elle y vit, que par elle l'effort, la violence serait non pas à monter, mais à descendre. De là cette tranquillité dans sa hauteur ; sa pensée s'élève et domine toute pensée mortelle, comme ces pics des inonta-
tr-4
gnes qui percent la nue, qui voient courir sous eux les vapeurs et la tempête et que nul souffle, nul bruit n'agitent dans la majesté de leur silence, de leur solitude et de leur paix.
C'est déjà une grande puissance que d'être sublime de cette façon : voici, à mon gré, quelque chose de plus grand encore. Savez-vous ce que je trouve plus grand que de s'élever au-dessus de tous les esprits. C'est, quand on est si haut, d'élever tous les esprits jusqu'à soi? C'est là le privilège de J.-C. Seul il touche aux deux extrémités de l'intelligence humaine, si sublime que nul ne peut monter si haut que par lui, et, en même temps, si simple qu'il reste au niveau de tous ; en sorte qu'il a cette gloire unique d'être tout à la fois le plus élevé et le plus populaire et le mieux compris de tous les maîtres. Dans son Évangile il n'y a pas une idée que le plus puissant génie entre les hommes ait pu découvrir, et que les plus grossiers, que les plus ignorants ne soient capables d'entendre. Certes ce n'est pas ainsi que les hommes de génie ont coutume de penser. Ils ne s'élèvent qu'en s' éloignant de la foule. C'est là une infirmité sans nul doute : elle leur plaît et ils en font gloire. Ils mettent une partie de leur supériorité à s'isoler dans leur lumière. Du haut de la montagne, ils tendent la main aux esprits d'élite, ils tiennent la multitude à distance. Ils ne se croient hommes de génie qu'à la condition de ne penser que pour le petit nombre et de rester incompris de la foule. Même au point de vue humain, cet orgueil ne les élève par un côté que pour les abaisser par l'autre. Ce sont les hommes des savants, ce ne sont pas les hommes de l'humanité. Le genre humain les regarde, comme le stylite sur sa colonne; il les admire, mais il les laisse dans leurs nuages. Ils font peut-être des révolutions dans la sphère où les suivent quelques rares intelligences; mais ils ne modifient en
rien la destinée morale de l'homme. Aussi l'humanité peut bien retenir leurs noms : ils restent étrangers à la vie de son âme. Quelles traces leurs idées ont-elles laissées dans l'humanité? Qui pense d'après eux? Qui règle sa vie sur la foi de leurs préceptes? Surtout qui s'en fie à eux pour l'avenir et pour la destinée? Il en est autrement de J.-C. En descendant à tous ou plutôt en nous élevant tous à lui, il est entré au plus profond et au plus intime de l'âme; il y a jeté de toutes parts ses racines; il s'est hé à elle par toutes ses fibres ; il s'est mêlé à son sang, à sa moelle, à sa vie. Il a tellement fait pénétrer ses lumières par tous les pores de l'esprit humain, il a tellement assimilé notre pensée à la sienne que désormais ses idées font partie de notre raison. Retrancher son Évangile, ce serait couper dans le vif de l'intelligence; ce serait l'amoindrir en la mutilant. Les combats qu'on lui livre depuis dix-huit siècles prouveraient, à eux seuls, combien J.-C. tient à la substance même de notre âme. Quelles luttes acharnées pour la séparer de lui! Quelles luttes plus que stériles! On peut bien détacher de J.-C. quelques esprits; mais l'esprit humain lui reste enchaîné. On peut faire mourir une plante, mille plantes, un arbre, mille arbres dans la nature; mais faire mourir la végétation de l'univers, impossible. On peut faire mourir une intelligence, mille inteUigences à la lumière de J.-C. ; mais faire mourir l'intelligence de l'humanité, cela ne se peut. L'âme de l'homme est devenue aussi naturellement chrétienne, qu'elle est naturellement spirituelle, naturellement morale. Essayez d'ôter de l'esprit humain l'idée de la liberté, l'idée du devoir, l'idée de l'immortalité, vous n'en viendrez pas à bout. Essayez d'ôter de ce même esprit les idées de J.-C, l'idée de l'humihté, l'idée de la virginité, l'idée de la pauvreté volontaire, l'idée de la charité, l'idée du zèle, l'idée de la béatitude, vous n'y réus-
sirez pas davantage. Ces idées-là sont impérissables comme l'humanilé.
De celte simplicité dans la grandeur résulte un nouveau trait de puissance et qui achève de mettre J.-C. hors de lig^e , à savoir la fécondité. La fécondité, c'est l'énergie créatrice et cette énergie-là n'a appartenu jusqu'à ce jour qu'à J.-C. Le monde fait pitié quand, pour louer quelques hommes extraordinaires, il les salue du nom de génies créateurs. Que dans l'ordre des connaissances humaines, quatre ou cinq hommes se soient rencontrés qui aient ouvert un horizon plus vaste à l'intelligence, qu'ils aient tracé ce sillon de lumière qui illumine tout ce qui vient après eux; qu'ils gardent l'entrée de la science, comme ce géant gardé les mers dans les fictions du Camoens; qu'on ne puisse aller en avant sans qu'ils se lèvent devant vous et qu'ils vous disent : vous êtes chez moi et dans mon empire, je n'en disconviens pas, mais au fond qu'est-ce que cela? C'est découvrir, c'est voir de plus haut et de plus loin, ce n'est pas créer. Ces grands esprits ont aperçu des réalités qui étaient à côté de nous, que notre vue trop faible ou trop distraite ne savait pas atteindre; mais ont-ils pris l'intelligence de leurs semblables? L'ont-ils soulevée de terre? L'ontils transportée dans une sphère supérieure ? Ont-ils créé pour elle un monde qui n'existait pas avant eux, qui existe depuis eux et par eux? Non, sans doute. Eh bien! J.-C. a fait cela. 11 a, d'un seul coup, fait monter l'esprit humain de toute la hauteur de l'infini. Il l'a transporté dans une sphère nouvelle et qui lui était étrangère; il a créé pour lui le monde de l'invisible et du surnaturel. Est-ce qu'il n'y a pas des idées dont nul n'avait ouï parler avant lui et qui, grâces à lui, sont maintenant dans tous les esprits? Est-ce qu'il n'y a pas des idées qui étaient en lui, qu'il a tirées de soi-même, qu'il a jetées par le monde et auxquelles il a
dit : Allez, et elles sont allées? Elles ont si bien fait leur chemin qu'elles se sont fait ouvrir toutes les portes de l'âme, qu'elles y vivent^ qu'elles y régnent depuis dix-huit siècles, qu'elles promettent d'y vivre, d'y régner jusqu'à la fin des siècles et au-delà. Par exemple, avant lui qui avait dit cette parole si simple : Que sert à l'homme de gagner le monde entier, s'il vient à perdre son âme? Ces quatre ou cinq mots ont transformé le monde. Les désirs, les ambitions, les convoitises, toutes les passions ont fait volte-face. Elles ont quitté la terre pour se retourner vers le ciel. Auparavant on perdait l'âme et on jouissait du monde : aujourd'hui on perd le monde et on sauve l'âme. Avant J.-C. qui avait dit : Bienheureux ceux qui pleurent? Jusque-là, l'esprit humain connaissait bien, sans doute, la nécessité de la douleur; mais il n'en comprenait pas le mystère. Les sages tantôt la regardaient comme le mal unique de l'homme et tantôt niaient que ce fût même un mal. Les uns conseillaient de l'oublier dans le plaisir, les autres de s'élever audessus d'elle par le mépris", et les uns et les awlres ne lui trouvaient pour remède qu'un vice : ou la corruption ou l'orgueil. J.-C. ne dit qu'un mot, et il change toutes les idées et tous les sentiments de l'humanité. La douleur est un mal dites-vous, ô hommes! oui, si vous ne regardez que la peine présente; non, si vous regardez le fruit à venir. La douleur, c'est tout simplement le travail de l'âme qui enfante. Pour l'heure présente, c'est une crise qui déchire; pour l'heure prochaine, c'est une création qui réjouira l'âme. Maintenant, la douleur, c'est la chair qui s'altère, c'est le cœur qui saigne, c'est l'âme qui se flétrit. C'est un mal et, Si vous le voulez, un très-grand mal. Tout-à-l'heure, ce sera l'expiation, le mérite, la gloire du ciel et son immortalité; e est la véritable béatitude. Ainsi, en vertu de ce seul mot, toutes les idées humaines se modifient, l'idée du plaisir,
^^P CNJ
^^^ CN
ttv^
^^^ co
»Sj|