‹ Jésus-Christ, sa divinité, son caractère, son œuvre et son cœurChapitre 26 sur 40 · JOANN., X · texte numérisé non relu

JOANN., X

= CM

Telle a été, M. F., la mission de J.-C, et qui ne la béni-

i"ait? Le premier besoin de notre âme, n'est-ce pas la vie? J^t que voulons-nous par ces aspirations ardentes de nos

"ésirs, sinon la développer en nous et l'étendre, s'il se peut,

sans mesure? Et c'est avec raison, sans doute. Pourquoi

= — CTi

n aimerions-nous pas la vie et quel charme pourrions-nous

trouver dans la mort?

^ — CO

Mais notre malheur est de chercher la vie où elle n'est

pas, et de la méconnaître ou de la dédaigner où elle est.

l'ascinés que nous sommes par les apparences, nous nous

'ffiaginons que son royaume est ici-bas. Il nous semble

= — VD

qu'il n'y a rien de si vivant que ce monde où nous rencon-

trons partout le bruit, le mouvement et l'action, et nous

= — lO

identifions tellement avec la vie que, dans notre langage, y ■

entrer.c'estvivre, et le quitter, c'est mourir. Mais nous nous ■

trompons certes. La source de la vie véritable est ailleurs, 1

cm :

Son royaume est plus haut, c'est le ciel, c'est Dieu même. Ici-bas les âmes n'habitent que parmi les tombeaux et dans la région des morts.

Cependant, M. F., la Vie a daigné descendre en nous; elle s'est manifestée dans une nature semblable à la nôtre; les hommes l'ont vue qui venait à eux pour s'unir leurs âmes et les échauffer de sa chaleur et les remplir de sa plénitude. La vie, c'est J.-G. Ego sum vita. Mais qui connaît J.-C? Qui en sent le besoin? Qui l'appelle ou qui va chercher auprès de lui ce que du ciel il est venu apporter aux hommes? Le siècle présent, et c'est son crime, ne veut plus de J.-G. On l'a relégué dans le domaine du passé; on met sa gloire à se séparer de lui et à n'avoir rien de commun avec lui. Toutefois, s'il est la vie, que reste-t-il donc à ceux qui s'éloignent que de périr? Qui elongant me ipsi peribunt.

Hélas! de nos jours, on se plaint sans cesse de la "décadence morale de l'humanité. Les vérités spirituelles s'amoindrissent et s'effacent de jour en jour : diminutœ sunt veritates. Les caractères s'affaiblissent; la volonté humaine s'énerve comme l'intelligence. L'une ne peut plus porter la vérité, l'autre le devoir. Cependant la vie, désenchantée sous l'influence de l'égoïsme universel, devient de plus en plus pesante. La douleur, l'ennui, la fatigue de l'existence envahissent toutes les âmes. L'homme s'est fait souverain de luimême ; il a voulu régner seul dans son cœur. Il a mis ses deux mains sur les portes de son âme pour les fermer à Dieu; Dieu s'est retiré et l'a abandonné dans le désert de cette âme qui s'est faite vide de l'infini. Et l'homme, maître enfin de sa volonté, s'est pris subitement d'un ennui profond. Il a à peine conquis cette indépendance si désirée qu'il a eu peur de sa soUtude et de soi-même, et qu'il s'est mis à désespérer de la vie. Quelle est la cause de celte

JÉSUS-CHRIST BESOIN DE l'ÉÏRE HUMAIN 181

misère profonde, sinon que l'homme s'est éloigné de J.-C. ?

Il y a toutefois un remède aux misères de l'humanité ; c'est de revenir à J.-C, c'est de le ramener dans ces âmes qui se sont déshéritées de sa présence et qui languissent, défaillent et se meurent loin de son influence divine. J.-C. lui-même les appelle, il leur crie : Ne voulez-vous donc pas ■venir à moi, afin que vous viviez, et vos non vuUis venire ad »we ut vitam habeatis (1). Vous vous agitez sans but dans la faim et la soif de vos désirs. C'est moi qui suis le pain de vie. Qui vient à moi ne connaît plus la faim et qui croit 6n moi ne connaît plus la soif. Ego sum panis vitœ, qui ^^nit ad me non esuriet et qui crédit in me non sitiet unquan (2).

C'est lui, en effet, qui est la vie de l'être humain et sa ïiecessité suprême. Nous avons notre racine en lui; toutes "os puissances vivent de lui comme les plantes de la sève de Ja terre, et tout ce qu'il y a en nous de vérités, de vertus, de joies pures et réelles n'est que la végétation de son esprit dans l'âme et le fruit divin de sa grâce. C'est ce que je vais essayer d'établir dans ce discours.

Il y a dans chaque être humain trois puissances, la pensée, la volonté, le sentiment. La pensée demande la vérité, 'a volonté tend au devoir, le sentiment appelle le bonheur : *■ -G. et J.-C. seul réalise tout cela pour l'âme, la vérité, le devoir, le bonheur, et ainsi est-il le besoin suprême de l'hu- "lanité. Puisse l'Esprit saint mettre sur mes lèvres des paroles qui vous convainquent et qui vous touchent. Nous allons le lui demander par l'intercession de Marie.

!• Joan. 6,40.

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