L'ANNONCIATION
I^ que de coutume : le peuple s'inquiétait de ce retard, car un accident arrivé dans un tel moment à un de ses prêtres lui eût semblé un présage de malheur. Soudain l'officiant apparaît, pâle de cette firajeur sacrée qui saisit Thomme quand il est entré en contact avec le monde invisible. Son silence forcé, ses signes, tout révèle qu'il vient d'être témoin d'une scène mystérieuse, n ne nous est pas possible d'en déterminer le caractère précis; le récit évangélique ne parle que d'une vision, rien ne nous contraint d'admettre une manifestation sensible de l'ange. Quoi qu'il en soit, cette révélation n'en est pas moins réelle, comme le prouve la joie tremblante d'EUsabetb quand elle sentit qu'elle allait être mère. Six mois plus tard se passait une scène semblable, non plus dans la capitale du judaïsme, dans le temple majestueux, près de l'autel des parfums : c'était au fond de la Galilée, dans une petite ville appelée Nazareth, qui était comme ensevelie dietns Tobscurité. Là vivait tme jeune vierge du nom de Marie, menant une humble existence dans quelque maison d'artisan; elle était fiancée à un de ses parents, pauvre comme elle et gagnant son pain à la sueur de son front : c'était le charpentier Joseph. Et cependant cette vierge était la fille des rois de son peuple; elle descendait directement de la dynastie nationale et pouvait à bon droit réclamer David pour son ancêtre. Nous ignorons à la suite de quelles circonstances la plus illustre des familles juives était tombée dans ce dénùment et s'était fixée si loin de son berceau. La race des rois jui& était à ce point déchue
ses VANKOfJCULTKm.
qjSLeile n'avait pas xoême covmcvé exactraosnt ks preaves de sa haute noblesse^ oonane le prouve Vmsoluble contradiction dea deux généalogies qui où% trouvé place dans nos évangiles*. U n*en e^ pas ittoins certain que Marie et Joaepà descendaient vraimeut de David; saint Paul, qui avait été ua si exact pharisien et qui ne pouvait se tromper sùi un point de cette importance, confirme rasaertkm fréquemment répétée du récit sacré*. Nous savons, en outre, qu*il existait encore à la&i du ftemiex siècle des parents du Christ universellement reconnus œmme étant du sang de David. L'empereur Domi*
& Les deux généalogies de Matthieu (I, 1-18) et de Luc (III, 2^-3S) présentent des différences notables. Matthieu ne remonte qu^à Abrahasa tandis que Luc remonte à Adam, selon son point de vue vaiversaliste. Il n*y a là aucune difficulté sérieuse. La généalogie de Matthieu suit la ligne de Salomon, et celle de Luc la ligne de NatlMA, antM fils de David. Cependant les deux généalogies se rencontrent deux fois pour les noms de Zorobabel et de Salathiel (Matth. I, 12; Luc m, 2^. On a essayé de lever la difficulté en admettant im ma» riage léviratique. Diaprés la loi juive, le frère épousait la femme de son frère mort sans enfant, et son premier-né continuait la lignée da xnort (Deutér. XXV, 6). (Test rexplication proposée par Joies Aft>inùi (Eusèbe, H, E., 1^ 1). Mais il faudrait supposer trois mariages de ce genre, car il s*agit d*expliquer la triple différence des deux généalogies pour le père de Salathiel, pour le file de Zbrofoabel, et enfin pour le père de Joseph, qui est Jacob dans Matthieu, et Héli dans Luc. L*explication devient ainsi beaucoup ttop compliquée potir être oondnftBte.Qaaiit à supposer qoenous avont dans Matthieu la généalogie de Joseph et dans Luc celle de Marie, elle se heurte contre le texte de Luc qui prétend donner la descendance de Joseph (Lue ni, 23). Il vwit meus admettre que les tables généalogiques de Tancienna famille royale étaient tenues depuis longtemps avec une grande inexactitude, preuve nouvelle de Tobscurité dans laquelle elle était tombée.
* ^Ex oxépfiATO^ Aa6tô, xaxà xb eid^éXiàyf |jlou. (S Tin^ II, &) ly après mon évangile, signifie d*après la tradition évangéllque reotteiUte par Paul luf^inéoMi