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NAISSANCE DE JÉSUS

de monture rapide à son service et qui suit à pied les chemins poudreux de la Palestine. Après la plaine de Jisraël et la riante Samarie, il fSallait traverser le pays montueux de Judée, souvent pierreux et brûlé. Joseph et Marie voyageaient comme les pèlerins indigents. Aussi à leur arrivée à Bethléem ne rencontrèrent-ils qu*un accueil peu empressé, et quand ils eurent frappé à la porte d'une chétive hôtellerie, il n*y avait pas de place pour eux, selon le mot si simple et si pathétique de Luc; Marie ne trouva qu'une étable pour a^e. C'est là et non dans une grotte, comme le raconte la légende, que naquit le Rédempteur*, t Non-seulement, dit Bossuet, il ne veut point des grandeurs humaines, mais pour montrer le peu d'état qu'il en fait, il se jette aux extrémités opposées. Il a peine à trouver un lieu assez bas pour faire son entrée au monde; il rencontre une étable à demi ruinée; c'est là qu'il descend. Il prend tout ce que les hommes évitent, tout ce qu'ils craignent, tout ce qu'ils méprisent, tout ce qui fait horreur à leurs sens, pour faire voir combien les grandeurs du

1 M. Renan repousse, sans preuve aucune, la naissance de Jésus à Bethléem (Vie de Jésits, p. 19). Strauss fait de même. Il n*y a aucune contradiction réelle dans le récit évangélique. Si Maithleo passe sous silence Nazareth comme lieu d'origine et de résidence habituelle de Joseph et de Marie, il n'infirme pas le témoignage de Luc. On objecte qu'au retour d'Egypte Joseph et Marie ne songent pas d'abord à se fixer à Nazareth (Matth. II, 21). Rien n'empêche d'admettre que, après les mémorables événements qui s*étaient b/> complis à Bethléem, leur première intention ait été d'y établir leur séjour. On objecte encore contre la naissance de Jésus à Bethléem Jean VII, 41, 42. Mais ce passage nous donne l'opinion de la foule ignorante, et non celle de l'évangéliste.

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siècle lui semblent vaines et imaginaires*, c Si igwh bilis^ si ingloHus^ si inAanorabilis^ meus erit Chn- Hns^^ 9 s'écrie TertuUien àla vue de tant de gloire dans tant de bassesse.

Ce gi-and événement, le plus considérable de Thistoire du monde, puisqu'il la partage en deux et qu'il est le pôle caché autour duquel gravitent toutes les destinées humaines, passa inaperçu comme le fait le plus obscur'. Personne ne s'en soucia, si ce n'est les anges aux cieux et quelques bergers qui faisaient paître leurs troupeaux sur Tune des collines qui entourent Bethléem. On était à une époque de l'année où la température adoucie permettait parfois de ne pas ramener le soir les brebis à la ville. C*était sans doute une de ces bellesnuits d'Orient oùle ciel ne parle que de miséricorde.

• Bossnet, Premier Sermon sur la Nativité de Jésttê^hrist, s TertuUien, Contra Marcionem^ III, 17.

* La date de la naissance de Jésus-Christ doit être reportée de Tan 754, marqué par Tère ordinaire, à Tan 750, et cela pour le» raisons suivantes : 1* Il est évident que Jésus-Christ est né avant la mort dllérode (Matth. II, 1). Or, d'après Josôphe {Ant,, XVII, 8, 1 ; i>tf UelL Jud.y I, 33, 8), Hérode est mort vers le mois de Nisau 750. Cest ce qu'on est en droit d*inférer aussi de Téclipse (!«' lune qui, d'après Josèphe, eut lieu pendant la sédition militaire qui pi-écéda de peu de mois sa fin. Or, Keppler a calculé que • ette tA-lip-ie a dû se produire en Tan 750 {Le Recensement de Qulè'l.iius^ par H. Lutteroth, p. 5). — 2* Le même Keppler a rap- |Mrié k Tan 748 la conjonction sidérale qui a motivé le départ des iiia^v?. Nouâ reviendrons plus tard à Texplication de ce phénomène. ^>r. d'i.prè^ Matthieu II, 16, nous voyons qu'il a dû se produire deui aiL» avunt la naissance de Jésus-Christ, parce que Hérode fait mettre k mort \ei enfants de cet âge comme contemporains du Messie; nous ftoniiiie:i donc reportés II l'an 750 pour la naissance de Jésus. —3* Nous verrons plus tard que le baptême de Jésus-Christ a eu lieu vers fan 780, d'après Luc III, 21 ; or, il avait trente ans à cette époque. Le terme approximatif (ù>a6{) ne porte que sur des mois et non sur

774 LES BERSERS.

Ces hommes simples ont été dioisîs pour recevoir les premiers la grande nonvelle, parce qu'ils Tattendaient. Tout dans ces champs où le jeune Bavid, bei^er comme eux, avait conduit ses brebis, leur rappelait la promesse &rte à sa race, et ils avaient lu sans doute aussi bien que les scribes de Jérusalem le mystérieux oracle qui annonçait que cette terre même qu'ils foulaient serait le berceau du Messie. Soudain dans Fair attiédi retentit un chœur mystérieux; ils entendirent des voix«ngéliques et ces mots divins descendirent jusqu'à eca: € Gloire à Dieu aux lieux très hauts ! « Paix sur la terre, bienveillance envers les hommes, i Les bergers crurent ce qui leur était annoncé ; c'étaient des hommes simples et naïfs qui n'avaient pas appris dans les écoles de Jérusalem à n'admettre comme possible en fait de miséricorde que ce qu'un pharisien

des années. Cette date nous reporte encore à Tan 750 potET la naissance. Après Tannée, on a essayé de déterminer le mois; on a fait un calcul très ingénieux pour fixer la date de ht tision de 'Zacharie, en recherchant le moment de l*année oti la classe sacerdotale d^Abia, à laquelle il appartenait, conunençait son service dans le temple. Or, la classe d'Abia derait entrer en fonrttons.au mou d'octobre, s'il est vrai, comme le porte le Talmod, que la cla>(se de Jajarih était en fonctions vers le 9 du moi^ d*Ab, jour où le second temple fut détruit. Nous devrions compter d*octobre 748. à la naissance du Christ un an et trois mois, putaqve l^nnonciation a eu lieu au aixiôme mois de la grossesse d'Elisabeth, et nous serions ainsi reportés au mois de février de Tannée "^0. En tout cas, Hérode étant mort en Nisan, Jésus-Christ a dû naltn auparavant. On arrive au même résultat par une voie plus sûre que le calcul nécessairement hypothétique fondé sur Tordre de service des prêtres. La présentation au temple a précédé le mois de Niaan, 4ate de la mort d'Hérode. Or,, elle a eu lieu quarante jours après la naissance de Jésus. Ceci nous reporte précisément au mois de février on à la fin de janvier. (Voir Wieseler, Ckronologisehe Synopt, der m/er Etang., p, 49-150'.)

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