JEAN-BAPTISTE NOUVEL EUE
femme, fl n'y en a pas eu de plus grand. Et pourtant, c'est bien un fils de la femme, sa grandeur n'est pas sans mélange d'abattement, il a ses défaillances; cette puissante voix du désert a des accents tout humains qui révèlent un cœur soumis aux mêmes fluctuations que le nôtre. Nous n'avons donc pas ici un type de fantaisie, mais une esquisse ferme et vivante tracée en quelques traits. Si le nom d'Elie fut donné à Jean-Baptiste, ce n'est pas seulement sous l'influence des superstitions populaires auxquelles nous avons déjà fait allusion; ce fut aussi sous l'inspiration d'un sentiment vrai. Tout en lui rappelait le grand prophète d'action. Elie n'a pas écrit une page dans le livre de Dieu; son livre c'est lui-même, sa prophétie c'est sa vie; il lui sufiBsait de se montrer pour évoquer devant Israël l'image même de la sainteté. Tel apparut Jean -Baptiste au judaïsme dégénéré. Ce qu'il dit il Ta vécu; ce prédicateur de la repentance est un pénitent qui a fléchi tout le premier sous le poids des justices divines ; il ea tremble encore. Lui aussi peut s'appeler la force de Dieu, mais cette force est dans un vase de terre. La }Hrison de Machéronte a été pour lui ce qu'a été THoreb* pour le prophète Elie, quand il tomba comme écrasé sous le fardeau de son terrible et glorieux ministère. Bien n'est émouvant comme ces larmes et ces détresses des forts et des vaillants. Jean-Baptiste fut un homme de transition ; fils de l'ancienne alliance, il entrevoit la nouvelle, mais il n'y entre pas; il meurt comme Moïse sur la frontière de la terre promise. Il sème avec tris-