LA RELIGION DE L'ANCIEN TESTAMENT
tous les anciens cultes, et que ces cultes à leur déclin ont été rapprochés les uns des autres, alors qu'à la jeunesse enivrée des races vaillantes a succédé une caducité précoce, une ère de servitude et de décadence dans Tabondance des richesses matérielles et intellectuelles. Le paganisme gréco-romain de ces temps aurait pu répéter, pour se peindre lui-même dans ses meilleures tendances, ce mot mélancoUque d*un jeune Romain : c J*étais ballotté de doctrine en doctrine, plus malheureux que jamais, comme emporté dans un tourbillon d'idées contraires, et je soupirais du plus profond de mon âme ' . »
IL — Là beligion de l'Ancien Testament.
Un peuple étrange est apparu au centre même de Tancien monde , profondément séparé de tout ce qui Tentoure, solitaire et pourtant ayant conscience d*une mission universelle, gardien jaloux de ses traditions religieuses et néanmoins tout entier tourné vers Tavenir. C'est le peuple d'Israël. Il n'a ni le génie métaphysique et brillant de l'Inde, ni la fécondité artistique de la Grèce, ni l'ardeur conquérante de Rome; il est rude, opiniâtre; il devient un objet d'animadversion dès qu'il est connu par les autres nations. Et cependant il a obtenu dans le domaine religieux la primauté qui appartient à la Grèce dans le domaine de
* Recognitiones, c. I.