‹ Jésus-Christ, son temps, sa vie, son œuvreChapitre 122 sur 309 · I. — Baptême de Jéscs-Christ, an de Rome · texte numérisé non relu

I. — Baptême de Jéscs-Christ, an de Rome

imme Jean-Baptiste remplissait son office ordinaire^ } lui-même «e présenta devant lui. C'était sa pre-

ixoç fc* 6 b%iGiù jjLOu lpx6\i£^oqj Iç i|jLicpoaOév (jlou y^y^^^ ÛXÔ4 |XOU Tliv.(Jean I, 15.)

i réalité de cette révélation ressort des mots suivants : Oicélii^otç XTiÇciv èv T(j^ 68aTt, ixetv6ç jjloi efecv • 'Ef ' Iv à^ i&uç. (Jean

ï date du baptême de Jésus-Christ peut être déterminée par le la première rÂque qui suit cet événement (Jean H, 13). Nouh , en effet, Jean II, 20 : « Les Juifs dirent : On a été quarante-six. bAtir ce temple. » Donc la date de cette PAque est la quarantele année aprè^j le coramentTement de la reconstruction du temple léiwle. Or, d'après Joséphe {Ant., XV, 11, 1), (Jette reconstruc-

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miëre démarche publique; il n'avait pas encore franchi le seuil de sa demeure & Nazareth, aucun disciple ne raccompagnait * , car nul parmi ses compatriotes n'avait

tion aurait commencé dans- la dix-huitième année du règne d'Hèrode le Grand, lequel datait de Tan 717, époque de la mort d'Antigone; nous sommes donc reportés à l'an 734 de Rome. La Pâque, céléhr^e quarante-six ans plus tarJ, Ta été en conséquence dans Tannée 781- 782. Les événements accomplis entre le baptême de Jésus et son vpyage à Jérusalem reportent le baptême à Tannée précédente, c'escà-dire à Tannée 780 : ce qui nous donne VSige de trente ans pour Jésus, conformément à Luc 111, 23. La date marquée avec tant de précision dans Luc III, 1, n*est pas en contradiction arec celle qwd lionne Jean, si Ton y voit avec Wieseler Tindication, non du commencement de la pr( (lication de Jean-Baptiste, mais de sa dernière apparition, à la veille de son emprisonnement, qui coïncide avec rentrée de Jésus dans son ministère. La quinzième année de Til>ère tombe sur Tannée 761-782, car Auguste mourat en août 7^. Donc s'il s'agissait, dans Luc III, 1, du baptême de Jésus-Christ nous ne pourrions accorder les dates. Il en est autrement si Thypothôse de "^A^ieseler est admise. Voici les raisons qu'il donne h son appui : 1* Il y a de notables différences entre Luc III, 1, et les textes des synoptiques qui se rapportent au baptême (Matth. III, 1; Marc I, 9, 11); 2^ le récit de Luc aboutit à Tincarcération de Jean-Baptiste (III, 19): 3* Luc dans les Actes montre clairement que pour lui cette incarcération a précédé immédiatement l'inauguration du ministère public de Jésus-Christ (Actes 1,22). Dans Actes XIII, 25, les paroles du Baptiste, rapportées dans Luc III, 16, sont évidemment rapportées aux derniers temps de la prédication du Précurseur.* (« Quand Jean acbe- Toit sa course.») Ce rapprochement nous semble décisif. On a e»sayé, dans Thypo thèse contraire, de faire dater le règne de Tibère du moment oti il fut associé à l'empire, en Tan 765. Hais ce calcu/ est tout à fait inusité dans Tantiquité. Strauss accuse Tévangéliste Luc d'inexactitude pour avoir fait de Lysanias le tétrarque d'Abildnet tandis que Josèphe rapporte qu'un tétrarque du même nom aurait été massacré dès fan 718 par ordre de Cléopâtre, qui se serait emparée de son pays (Josèphe, Ant,, XV, 4, 1). Mais Dion Cassiie (49, 3^ nous apprend qu'Antoine n'a pas donné à Cléopâtre tout^ le territoire qui appartenait an premier Lysanias; ce qui en restait a pu parfaitement revenir a on de ses héritiers. Une médaille confirmant le texte de Luc a été. retrouvée (^'ieseler, p. 15^.

1 C'est une pur^ imagination de M. Renan de représenter Jetas comme a^ant confondu pour an temps son école avec celle de Jean-

pu apercevoir un maître et un prophète dans l'obscur artisan galiléen. Il paraît évident, d'après le récit des évangiles qne Jean ne l'avait pas rencontré depuis de longues années. Il pouvait avoir oublié jusqu'aux traits de son visage, tout en ayant conservé le vague sou* venir des événements de son enfance. Cependant quand Jésus s'approcha des bords du fleuve, Jean par une divine intuition reconnut sur son front le sceau d'une pureté sans tache; ce qu'il avait appris de sa naissance lui revint en mémoire, et, mesurant d'un regard la distance qui le séparait de ses prosélytes ordinaires, il s'écria : < C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi et tu viens à moi. -^ Il me &ut accomplir tout ce qui est juste, répondit Jésus. » A peine s'est-il plongé dans les eaux du fleuve qu'une vision glorieuse achève d'éclairer Jean-Baptiste. Il voit le ciel s'ouvrir et l'Esprit de Dieu descendre sur Jésus sous la forme dune colombe, douce image de l'inspiration continue; une voix qui n'est pas de notre monde fait entendre ces mots : c C'est ici mon Fils bien- aimé dans lequel j'ai mis mon bon plaisir * . > Alors le

Baptiste (Vie de Jésus, p. 65). D était encore absolument seul, d'apr6â tons les récits évangéliques.

* D'après Jean, le témoin le plus immédiat de la scène du Jourdain, la vision fut pour le Baptiste seul (Jean I, 32, 33). Matthieu et Marc disent expressément que ce fut lui qui vit la colombe (Matth. m, 16; Marc I, 10). S'ils donnent un tour direct à la parole divine : Tu es mon Fils bien aimé, rien n*empéche d'admettre que le Précurseur ne Teût entendue seul sous cette forme. La manière dont le récit sacré s'exprime montre surabondamment qu'il ne s'a^'it pas d'une colombe réelle (ùWStxspiCTEpiv, Matth. 111,16; c«»)ptaTix(i)e^ct, ^ç^epiSTEpiv, Luc III, 22). Il n'y a donc iei qu'une vision, mais

Baptiste s'écrie dans son extase : c Je ne le connaissais pas. 9 Cest maintenant, en effet, que, pour la première fois, il connaît Jésus dans sa gloire de Fils unique et de Messie * .

Le baptême de Jésus marque une grande date dans sa vie. On ne saurait légitimement l'invoquer contre sa sainteté parfaite. Il est évident, par le récit évangélique, que cette cérémonie a revêtu pour lui un caractère exceptionnel. Jean montre clairement par ses scrupules qu'il sait bien qu'il baptise un être parfaitement saint. Pourquoi donc Jésus s'est-il soumis au baptême? Le Baptiste lui-même résout la question par cette parole significative : € Je suis venu baptisant d'eau, dit-il, afin qu'il fût manifesté k Israël *. > Ainsi le baptême du Christ a été, avant tout, destiné à inaugurer solennellement son ministère; voilà pourquoi il a été entouré de circonstances remarquables qui en relèvent la grandeur. Ne voir en lui que ce qui le rend semblable au baptême

cette vision est une révélation réelle qui a son action immédiate, et à laquelle correspond une communication effective de TEsprit-Saiiit à Jésus-Christ. Voilà le fait divin dont la vision n*est que Texpression symbolique. Jean-Baptiste, dans le quatrième évangile, ne distingue pas, pour le mode, la révélation quUl a reçue au Jourdain de oeUe qui 1*7 avait préparé (Jean I, 32, 33). Preuve nouvelle en faveur de notre assertion.

* n nous semble que ce commentaire narratif du récit évangéliqne répond aux objections présentées par Strauss dans ses deux Vie* de Jésus (ouvrage cité, pp. 195, 196), et par Schleiermacher (Leben Je»m^ p. 146). Il n*y a donc pas de contradiction entre Tévangile de Tenfance et le récit du baptême.

PanrtCÇwv. (Jean l! 31.)

BAPTÊME DE JË8U8. 305

ordinaire, et négliger ce qui Ten distingue, c'est méconnaître ses traits distinctifs et sortir de la réalité historique. Jean, le représentant de Fandenne alliance est chargé de proclamer au nom des saints et des prophètes dont il est l'héritier légitime, que la nouvelle alliance a commencé et que le Messie promis est venu. En outre, ce royaume des cieux qui va être inauguré sur la terre aura pour sujets les humbles, les cœurs brisés, ceux qui pleurent. Le baptême de repentance est le touchant symbole de toutes ces dispositions. Ne convient-il pas que le roi de ce peuple pénitent lui fraye la voie? Ne s'est-il pas identifié à la race qu'il vient représenter? Celui qui veut mourir pour elle ne peut-il pas se repentir pour elle et porter sur son cœur le £Eudeau de ses misères morales? Dans les institutions mosaïques les souillures n'étaient pas seulement perflonnelles', le contact d*un être souillé rendait la purification nécessaire. Ici, il n'y a pas un simple contact avec la race déchue; il y a la solidarité la plus intime, la plus absolue. Ce mystère est le fond même de la rédemption et il n'est pas plus difficile à admettre au bord du Jourdain qu'au jardin de Gethsémané et à la croix.

On se tromperait si l'on s'imaginait que Jésus n'ait reçu aucune grâce à son baptême. Il s'était placé dans les conditions complètes de l'humanité. Il puisait aux sources de la vie divine, comme nous y devons puiser nous-mêmes par la prière et par la foi. L'Esprit-Saint lui fat eSectivement communiqué avec une richesse non-

306 NOUVEAU TÉMOIGN AOfi DE JfiAN-BAPTISTE A JÉSUS.

velle à cei;te heure solefii^Ile; ce fut son ooctiûo xoyaib pour son oeuvre de donlenr et d'amour.

Le lendemain de ce grand jour, Jean-Baptiate rencontra Jésus, n le design» aoix deux disaplea qui raccompagnaient par ce mot jftcAmd : c Voici TAgneca de Dieu qui ôte les péchés du moQde^ ■ Cette parole pouvait être fttcilement comprise par les pieux Israélites qui avaient assisté au sacrifice oSort emr «t matin dans le temple de Jérasalem, et qui avaient mangé Tagneau pascal, surtout s*ik avaient lu les orades prophétiques où le libérateur promis était représenté aoua l'image d'une victime*.

nL — Jeak-Baptisie bt Hébodb Antipas.

Le Baptiste s'était rendu au sud du pays de Jada, à Hénon, près de Salim, localité célèbre par ses sources, surtout dans une contrée déserte et brûlée *. Déjà, à la première faveur, avait succédé Fopposition. Les principaux de la nation mettaient en cause son baptême \ Ses disciples étaient d'autant plus

^ Jean I, 29.

t Esale LUI.

* On a voulu placer cette localité en Samarie, d'après VOnomasti^ cûn de Jérôme. Mais no» tpowr oas bien ph». ptaosibU TàypoUiée» de Wieieler, qui voit dans Hénon une contraction de Hen-Rimmott, petite ville située à Textrémité sud de la tribu^dé Jnda d*après Néhéttie XI, 89. On ne 0eiii|>rendi!tit. nvUenent T^olitité 4m Jean- Baptiste dans le pays des Samaritains.

^ C*est ce qu*on peut inférer de la discussion entre les diseiplM de Mmm^BtifiMi& at les Jui£i snr la pAutaHMO (Jeaa m* 23). Uof^position des pharisiens et des docteurs est formellement indiquée dan» Luc Vn, 35

NOUVEAU TÉMOIGNAGE DE JEAN-BAPTIOTE A JÉSUS, dm

jaloux de son influ^iGe. Âtisfii vinrent-ils se plain* are à loi de ce que Jésus sembltdt vouloir le supplanter en pratiquant le rite qu'il avait institué. Cette plainte provoqua le plus beau témoignage de Jean-Baptiste. Il «1 appeUe d*abord au mandat spécial qu^il a reçu et qui le met infiniment au-dessous du Messie. Quand la subordination est si tranchée, on ne saurait parler de rivalité. n représente sa relation avec Jésus par une image poétique et touchante qui montre à quel point il s'est nourri de TAnci^i Testament. Le Messie est Fépoux de la nation sainte; lui, il n*est que l'ami de Tépoux, et son office se borne à préparer les divines fiançailles. Sa joie est d'entendre la voix du bien-aimé à la veille du jour où ronion mystique va se réaliser, et de disparaître en quelque sorte dans sa gloire et dans sa féU* dté. c II faut que celui-ci croisse et que je diminue ^ » Voilà sa devise et Tinspiration de toute sa vie.

Cette noble abnégation, ce dépouillement intérieur, est le secret de sa grandeur et de son courage. Il ne se soueie pas de Tapprobation des hommes; c'est pour cela qu il ne dépend d'aucun d*eux, et quil pariera toujours un langage mâleet hardi pour protester contre le mal sous toutes ses formes. Cette voix qui vient du désert est la grande voix de la conscience et de la justice. Il nefit au pouvoir de personne de lui imposer silence, parce que celui qui ne demande rien au monde

i 'Exewov ieX a&Çivetv, l^ 81 èX<aTxo3o6at (Jean m, 3^. La fin. du chacpitre, malgré les ingénieuses observations de M. Godet, me semble an développement de révongéliste. Les idées et les expressions dépassent évidemment le point d# vue du Baptiste.

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