‹ Jésus-Christ, son temps, sa vie, son œuvreChapitre 123 sur 309 · JEAN-BAPTISTE ET HÉRODB · texte numérisé non relu

JEAN-BAPTISTE ET HÉRODB

ne lui concède rien non plus. Ce n'est pas dans la fierté, c'est dans rhumiUté que se puise la dignité vraie, celle qui est indomptable devant les menaces, parce qu'elle n'a pas cédé devant les caresses. Jean-Baptiste n'est qu'un roseau du désert, selon l'image de Jésus, mais c'est un roseau que la tempête de la persécution ne brisera pas, parce qu'il ne s'est pas courbé sous le vent de la faveur. Hérode Antipas va bientôt s'en apercevoir.

Ce tétrarque de la Galilée, homme faible et passionné, était tombé sous le pouvoir d'Hérodiade, petitefille d'Hérode le Grand, femme légitime de son frère, Philippe Hérode, qui vivait dans la retraite à Rome'. C'est là qu'il l'avait rencontrée et qu'il s'était épris pour elle d'une coupable passion. L'esprit ardent et vindicatif des Hérodes revivait dans cette femme. Elle avait abandonné sans hésiter son mari, qui avait le tort de la condamner à une vie obscure; puis elle avait obtenu d' Antipas qu'il signifiât le divorce à sa première femme, qui était la fille d'Arétas, roi de Pétra. Celle-ci, sur la nouvelle de l'affiront qu'on lui préparait, s'était enfuie du château de Machéronte, situé à l'extrémité orientale de la mer Morte, et, s'étant réfugiée chez son père, elle avait de suite soulevé la guerre contre son indigne époux*. Antipas était tout entier à sa criminelle félicité, ne rencontrant que l'approbation de ses courtisans, quand luie

1 Josdphe, Ant., XVIII, 5, 1. L*historien juif lui donne son nom patronymique d'Hérode. Il n*est point en contradiction avec nos éTangéliftes comme le prétend M. Renan.

« Josdphe, Ant., XVm, 5, 1.

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