‹ Jésus-Christ, son temps, sa vie, son œuvreChapitre 14 sur 309 · LA RELIGION DE L'ANCIEN TESTAMENT · texte numérisé non relu

LA RELIGION DE L'ANCIEN TESTAMENT

Fart et à Rome dans celui de la force. Il a vaincu rhumanité dont il était l'opprobre, et a abattu devant sou Dieu redoutable et invisible toutes ces idoles de marbre et d*or, tout ce paganisme gracieux et poétique qui avait fleuri au sein des races les plus &vorisées. Israël, en effet, s'est donné tout entier à l'idée religieuse la plus haute ; enlevez-lui cette idée, il n'est plus rien, même en gardant ses foyers; tandis que, proscrit, exilé, il retrouve une patrie sur Ta rive étrangère, dès que la grande pensée qui constitue sa nationalité se ranime en lui. Le Juif n'est ni un soldat, ni un poëte, ni un philosophe; c'est un prêtre et un prophète. Voilà son rôle dans l'ancien monde, et c'est pour cela qu'il est par excellence le peuple précurseur, celui qui fraye la voie au Rédempteur. Sans doute on retrouve ailleurs ce mélange de crainte et d'espoir qui caractérise la religion avant le Christ, alors qu'elle est un désir et une recherche bien plutôt qu'une calme certitude. L'œuvre de préparation consiste précisément, comme nous l'avons vu, à enflammer ce désir, à le porter au point où il devient une prière ardente, éplorée, appelant non-seulement le secours divin mais Dieu même pour secourir une détresse absolue. De là, dans toutes les époques et dans toutes les civilisations de l'ancien monde, malgré les débordements du mal et les violentes distractions de la vie terrestre, ce langage imiversel du cœur humain, ces cris de douleur et d'angoisse et ces paroles d'espérance, en on mot, tout ce qui fait la partie la plus élevée de

tt LA BEUOICW DE VANCON TESTABCENT.

la poésie, de Tart et des mythes religieux. De là.cetie institution universelle de la prêtrise et du sacrifice qui montre que rhiimanité se sent dans son ensemble éloignée de Dieu et indigne de s'approcJicr de hxi, mais qu elle nourrit néanmoins Tespoir d*une médiation. Le sacerdoce est Texpression la plus générale et la plus énergique du désir du salut, car il révèle tout ensemble Téloignement naturel où Thonmie . se trouve de la Divinité et le pressentiment d'une réconciliation future. Or, le sacerdoce, c*est tout le judaïsme, puisqu'il n'est pas une seule de ses institutions qui ne repose sur la séparation du peuple élu du reste de l'hu* manité, au profit de la race entière. Il réalise ^onc l'idée universelle de la prêtrise, mais en l'élevant à une hauteur où elle se dégage de tout ce qui l'altérait .dans les religions polythéistes ou panthéistes.. Ainsi le judaïsme n'est pas autre chose que la xeligion générale de l'époque de préparation, purifiée, spiritualisée, mais reposant sur le même fond de sentiments et d'inspiration que tous les autres cultes à cette période. Seulement, il y a une telle différence entre la forme que cette religion générale a revêtue dans les livres sacrés jdfis Juifs et les formes dégradées sous lesquelles elle nous apparaît ailleurs, qu'il est impossible d*âttribuer cette supériorité à une simple évolution historique^t naturelle.

On sait ce que devient la notion de Dieu dans 'les religions de la nature, même dans les moins f^ressières', Thumanisme grec ne parvient pas &^l»>dégaiger

VXÙÈE DE DIEU BN ISRAËL. >43

JtQ9 limites du fini; il la compromet dans la wAlào coufàseet souillée des passions humaines, et, truand la philosophie essaye de la dégager, elle n*en fait quiune idée abstraite et sans vie. Quelle distance incommensurable entre leJéhovah de la Bible et Tlndna des Vedas, le Jupiter de Tlliade, ou le Dieu de Pindare et de Platon. Dès les premiers mots, TEcriture conquiert le monde de l'esprit par la libre création. Dieu n'est pas le soleil, car il l'a fait, c U dit '..«Que la lumière soit, et la lumière fîit. 9 II est l'Etre ab- «dn, libre, souTerainement sage; si sa majesté est redoutable, s'il s'appelle le Saint des saints, déjà dans «e» sévérités,' mêlées de pardon, apparaît le Fève qui est SQciel :.c Alors Dieu dit à Moïse : Je suis celui qui suis. •Tua diras ainsi aux enfants dlsraël : L'Etemel, le Dieu de-vos pères, le Dieu d'Âbraha^x, le Dieu d'Isaac, «t le Dieu de Jacob m'a envoyé v^s vous. C'est ici mon nom étecBellement '.Ji Quelle formule métaphy^que ^1fermera t en moins de mots une idée plus sublime? L'Eilemel qui s'appelle : Je mis celui qui suis, est le Dieu des pères ; il est lui-même le père qui châtie et :qiii • protège. L'Ancien Testament tout entier est ^fesplendissant de sa gloire comme le sanctuaire où 'Esaie. le4:ontempla dans; sa vision ; cm y entend également ces voix qui se répondent pour dire : Saint, laintv^sttint est l'Etemel des armées; tout :ee quiest dansitonte la tocxe^est sa gloire! La Bible aô: nous

t Exode. III. 14, 15.

Page 1