LS PLAN DE JÉSUS EN LUI-MÊME
Ou hien J^ub a-4*il sdulement prâché la ¥ie itKfc6* rieute en renyoyant rhomme à lui-même ? Son œiiirre devait-^lle consister dans une simple idéalisation dflt judaïsme ramené à une sorte d'humanisme socratique' ? Evidemment il £Etut, pour soutenir cette théorie, âiminer une portion considérable du récit évaagélique et se contenter du sermon sur la montagne après avoir pris soin de le mutiler, car il r^iferme beaucoup d'autres éléments. Ou bien encore a-t-il voulu nous présenter le type de l'homme idéal marchant dans la voie du bien et de la justice^. Alors sa mission se réduisait à nous offrir une image de la sainteté; on ne comprend plus pourquoi il parle d'accomplir une œuvre douloureuse, de laquelle dépend le salut du monde. On se rapproche de la vérité sans l'atteindre encore quand, avec le père de la théologie moderne en Allemagne, on voit en Jésus le fondateur d'une société noiuvelle, vraiment rattachée à sa personne, parce qu'il est le seul homme dans lequel la conscience divine aarait brillé dans son pur éclat'. Dans cette donnée, il n'a pas d'autre plan que de se révéler à l'humanité; il occupe dans le développement de la vie religieuse une place centrale et uuique. Mais ce système ne fait pas k part du péché et de ses terribles conséqu^ices. En pré-
* Telle est l'opinion de Baur. {Die ChrUtliche Kirche der drfi erst Jahrhund.^ p. 34, 35.) Voir aussi la nouvelle Vie de Jésusy de Stmnss, pp. 204 et suiv.
* CTest ridée fondamentale de M. Réville dans tous ses écrits.
' Scbleiermacher, Lehen Jesu, p. 306-317. (Voir la thèM de M. Bonifas sur la Rédemption d'après Scbleieimasher.)
FONDATION DU ROYAUME DE DIEU. ffil
9eBG6 d'une tdOe iiKfortune, il ne suffit pas de mani&etor la m dÎTizie ; il &at reoYerser Tobstacle gui s'oppose à sa formation et à son dévebppement; il faut véfeMt et relever une grande misère. Tout le c&té rédemptenr de l'œuvre du Ghri^ ne saurait être laissé jdana Traobre. Si, en dehors de toute idée préconçue, iioub demandons à Jésus lui-même quel est son plan, il ne faut pas Tisole^ du milieu dans kquel il a d£L le réaliser. U a grandi et s'est développé au sein du judaïsme; il a pris la religion de l'Ancien Testament comme la base et le point de départ de son œuvre, et il n'a pas hésité à reconnaître de la manière la plus explicite la légitimité des institutions mosaïques. < Le salut Tient des Juiâ', > a«t-il dit dès le commencement de son minist&re. Il n'y a donc vkfa de révolutionnure dans son œuvre; il l'a rattachée étroitement à ce qui l'a précédé. Mais il sait aussi qu'il inac^uie la période définitive de la révélation. Il ne se pose pas seulement comme le réformateur qui purifie un Golte dégénéré, il pr^end amener à sa maturité une idigion qui plongeant par ses racines dans le passé ne pouvait trouver qu'en lui son plein développement. Il n'est pas venu pour abolir, mais pour accomplir*. Il Q^abolit pas l'ancienne alliaiK^ puisqu'il est le premier
* Jean IV, 22.
« IH) voixCttqts Sri îJXOov xoraXucrat tèv téjjiov f^ toùç lupoçi^aç, o(rx 4SX0OV xataXOogec, dXXà xkqpCnai» (Matth. V, 17.) J^adepte eiitièrament la^ belle explication de ce texte par Neander {Vie de Jdsus^ I, p. 132, 177.) Voir aussi Schleiermacher, Leben Jesti, p. 313, et toate Tadmlrable leçon qu*il a consacrée à ce sujet (p. 31(K817).